Heather Blue

Voilà que commence officiellement mon dernier mois à Barcelone, avec son lot d’excitation, d’appréhension et de tristesse mélangées.

Je me souviens toujours de ce petit mot que j’avais inscrit sur le miroir de ma chambre d’adolescente, paraphrase d’une citation de Faulkner popularisée par le film A bout de souffle: « Entre le chagrin et le néant, que choisis-tu? ». Ayant toujours été une personne extrêmement sensible, j’ai souvent été tentée par le vide, le calme plat, la distance face à toutes mes émotions. Je porte encore parfois mon masque de froideur glaciale lorsque je n’ai plus d’autre choix que le détachement forcé pour ne pas me laisser toucher. Ces derniers temps, j’ai essayé, d’ailleurs, de prendre de la distance vis-à-vis de ma vie ici, de laisser s’effilocher tous les liens qui m’y attachent pour ne pas avoir trop de peine en la quittant.

Mais une vie sans quelques bousculades vaut-elle vraiment la peine d’être vécue? Au fond de moi, je choisis le chagrin bien sûr. Je choisis les aventures, les changements qui font avancer, même si c’est parfois dur, même s’ils me poussent un peu hors de ma zone de confort. Je choisis le coeur qui bat, qui pleure s’il le faut, si c’est le prix à payer pour avoir profité de chaque instant, de chaque personne, d’avoir tenu leur main jusqu’au dernier moment. Une page qui se tourne n’est pas une page arrachée, et je veux que la mienne déborde de couleurs pour un jour, en feuilletant le livre de mes souvenirs, pouvoir chérir tous ces bons moments sans aucun regret.

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Pour revenir à des sujets beaucoup plus concrets, la tenue d’aujourd’hui résume parfaitement mes envies du moment: de la fluidité, des couleurs douces, et du confort tout en légèreté. Avec un pull oversize et une jupe longue, le combo est parfait! Le printemps est vraiment la meilleure des saisons ♥︎

Que pensez-vous de cette tenue plus bohème que d’habitude?

Pull Sessùn (offert) – Jupe American Apparel – Sandales Loreak Mendian via Monshowroom (partenariat) –
Sac Sessùn via Monshowroom (partenariat)

Merci Laura pour les photos!

 

38 commentaires

  1. Comme tu écris bien Victoria… Tu es très touchante !
    Alors tiens, du coup je t’offre des passages d’un poèmes de Baudelaire (qu’il faudrait lire en entier pour bien faire :)) : Chacun sa chimère.
    « Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.
    Chacun d’eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu’un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d’un fantassin romain. (…) Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d’aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d’un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.
    Et le cortége passa à côté de moi et s’enfonça dans l’atmosphère de l’horizon, à l’endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain.
    Et pendant quelques instants je m’obstinai à vouloir comprendre ce mystère ; mais bientôt l’irrésistible Indifférence s’abattit sur moi, et j’en fus plus lourdement accablé qu’ils ne l’étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères. »

    Pour résumer, Chimère-espérance > Indifférence, même si ce sont tous les deux des poids à porter.
    J’adore ce poème, je trouve qu’il va bien avec ce dont tu parles.
    Belle journée Victoria !
    Clémence

  2. Oh je comprend ce sentiment ! Je quitte aussi mon chez moi pour me rendre en Métropole pour mes études. Je vis à la Réunion, mais c’est pas facile de quitter en endroit où l’a construit tellement de souvenirs. Mais tu en construira de nouveau à Amsterdam ;)
    By the way, ta jupe est vraiment sympa !
    xx, Clémence

  3. Très émouvant ton post aujourd’hui
    Mais Clarissa a raison, il faut vivre des autres expériences
    Courage pour ton départ, que c’est normalement difficile
    Par rapport à ton look, j’adore, les sandales sont magnifiques
    Bisous
    Susana

  4. Merveilleusement bien exprimé, comme à votre habitude. Merci de mettre des mots sur des émotions très communes et d’encourager un peu la self-compassion !

  5. Si tu es triste de partir c’est que tu y a vécu de beaux moments, c’est plutôt positif :) J’adore ta tenue, ça te va bien, c’est très très joli!
    Passe une bonne journée <3
    Delphine

  6. Je ne connaissais pas cette citation de Faulkner, et ça me parle énormément. J’apprends chaque jour à accepter la violence de mes émotions, à ne pas les repousser et m’enfermer pour me protéger. J’espère que je finirais par les accueillir aussi simplement que toi.

    Bon courage pour cette période un peu délicate !

  7. Un très joli post aujourd’hui. Je comprends cette envie « d’éloignement » pour que la rupture ne soit pas trop franche et douloureuse mais profite bien de chacun des instants qui te restent dans ta ville. Chaque fois que ça m’est arrivé, j’ai pris soin de retourner voir les lieux que j’aimais ou ceux de mon quotidien qui prenait tout d’un coup une autre dimension..Comme pour leur dire au revoir…
    Mais tu sais qu’une belle aventure t’attend juste après :)

  8. C’était philosophique comme post, intéressant. Ce que tu dis n’est pas faux, parfois la facilité n’est pas la bonne option.

  9. Comme toi, je suis une grande sensible..ton message est beau et très touchant. Je suis sûre que de belles choses t’attendent ailleurs:)
    je te souhaite une belle et douce journée

  10. Oh Victoria, je me retrouve tellement en toi! C’est un réel plaisir de te lire chaque jour (même si je ne commente que très rarement, il faut que je m’améliore!…), tu sais parfaitement mettre les mots sur ce que je ressens également, c’est rassurant de voir que l’on n’est pas la seule hyperémotive/hypersensible et que l’on passe par les mêmes phases dans cette période de changements. Je déménage aussi fin juin et je me rends compte que j’ai également pris de la distance avec certaines personnes, mais finalement, cela aussi fait de la peine alors ne vaut-il pas mieux avoir du chagrin à cause du départ plutôt que de trouver une autre (mauvaise) raison?… Merci pour tout ce que tu partages, j’adore ce petit rendez-vous quotidien chez toi! :-)

  11. Ta métaphore de laisser s’effilocher les liens qui nous attachent quelque part est très jolie. Ça fait 6 ans que je vis à droite à gauche autour du globe, et la douleur des adieux est à chaque fois présente. Je repense avec nostalgie aux endroits que j’ai quittés mais ce sera pour mieux y revenir, j’espère!

  12. C’est difficile de quitter un endroit où on a vécu, mais ça veut dire que tu y as passé des années heureuses. A l’inverse, il m’est arrivé de quitter sans aucun regret un endroit où j’avais vécu deux ans … mais ce n’est pas bon signe ;)
    Ton look est très beau et très doux, j’aime beaucoup :)

  13. Jamais facile de partir et de laisser un bout de notre vie derrière nous. Mais comme tu le dis si bien, « une page qui se tourne n’est pas une page arrachée ».
    Profites à fond de ce dernier mois à Barcelone et une belle aventure s’annonce à Amsterdam :)

  14. pour l’avoir vécu je sais que c’est dur de partir d’un lieu où l’on a été si bien..d’ailleurs je suis revenue à Barcelone, je n’etais pas bien à Lyon! moi toi tu vas vite t’adapter à amsterdam et te refaire plein de nouveaux souvenirs, de belles expériences à venir, c’est une ville qui te plait déjà de toutes facons. ah c’est super de bouger! et on va suivre de ca de près (et s’incruster avec Morganne un jour, on viendra hihi!!)

  15. Oh ma vicky je suis sûre que tu vas pleinement t’épanouir dans ta nouvelle vie et que effectivement tu garderas au fond de toi que de très bons souvenirs!

    Ceci dit, je trouve ta jupe méga canon, elle te va à merveille :)

    Bisous beauté <3

  16. Bonjour Victoria ♡

    Je n’ai pas trop d’avis sur ta tenue (quoique je trouve qu’un haut ample & une jupe ample : cela fait trop d’ « ample », en tout cas dans cet exemple-ci précisemment – bien que je ne sois pas du tout contre l’amplitude (en terme vestimentaire comme dans la vie dans un sens plus large)), mais je tenais à glisser un petit mot, l’introduction de cet article ayant fait écho en mon cœur, et m’ayant particulièrement touchée…

    Mille fois également (dix mille ?), j’ai eu envie de me retirer, de couper tous ces petits liens, ces fils de vie qui me reliait à des battements de cœur parfois douloureux.
    Cent mille fois, j’ai eu envie de m’anesthésier le cœur & l’âme par une tempête émotionnelle découlant de mon hypersensibilité.
    Puis… au fond… toujours… cette étincelle de vie, de magie… qui m’a rappelée, qui me rappelle… Qu’il y a quelque chose d’autre au-delà d’une souffrance ressentie, d’une tristesse qui nous grisonne momentanément le cœur.
    Alors, je m’y accroche. Je tiens bon. Je ressens & vis la tempête comme je le peux, comme j’ai appris à le faire.
    Puis… la tempête se lève.
    Je ressens à nouveau le plaisir de la pluie fine qui se tarit, les rayons de soleil (de vie) qui brillent encore plus grâce aux mille goutelettes de pluie qui restent déposées partout autour.
    La vie brille à nouveau, avec son arc-en-ciel qui nous éclate de couleurs & de ravissement.
    On s’aperçoit que la tempête n’était que passagère, et était nécessaire à un renouveau…

    Barcelone fait partie de ton histoire, elle restera ancrée en toi à jamais.
    Bientôt, ce sera une partie de ton passé. Elle aura le goût de souvenirs, et ces goûts-ci sont toujours merveilleux lorsqu’on y replonge. C’est très bien ainsi. C’est toujours ainsi.

    Amsterdam sera autre. Ni mieux, ni moins bien.
    Une autre vie, d’autres couleurs, saveurs, odeurs, battements de cœur, joies & peines.
    Ce sera l’endroit parfait pour celle que tu es devenue, car la vie t’y a invitée.

    Bisou doux Victoria ♥

  17. Très beau texte, je m’y retrouve totalement. A bout de souffle est un de mes films préférés et cette citation m’avait aussi beaucoup marqué. Et même si el chagrin est parfois extrêmement dur à surmonter je le préférerai toujours au néant.
    Hâte de voir ta nouvelle vie à Amsterdam !

  18. J’aime beaucoup ce que tu dis! Moi j’ai beaucoup de mal à oser, me lancer, quitter ma zone de confort,… Puis, je suis très sensible, limite je suis à vif, je sens tout plus fort, le bonheur comme le malheur. C’est dur quand c’est triste, mais quand c’est beau, c’est si beau…

  19. J’aime beaucoup la simplicité de cette tenue accompagné de ce si jolie texte parfaitement écrit ! ravis d’avoir découvert ton blog :)

  20. Trés touchant, mais il faut parfois savoir tourner une page dans sa vie pour continuer à écrire de nouveelles histoires, c’est affrayant mais aussi exitant ! Il ne faut pas se cantonner à ne pas avancer par peur de l’inconnu qui nous attend.
    Quand au pull over-size, ça me fait de plus en plus craquer ;-)
    À bientôt
    Johanna

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