Une consommation plus éthique et durable des livres

Renouer avec mon amour de la lecture il y a deux ans et demi n’a pas seulement changé mon quotidien: cela a aussi influé, bien sûr, sur ma consommation de livres, qui s’est largement multipliée !

Pour être honnête, je n’ai jamais vraiment culpabilisé d’acheter des livres: je trouve plutôt chouette de dépenser mon argent dans un objet culturel qui me fait du bien, plutôt que dans une futilité dont je n’ai pas besoin – et je me sais capable de rester à peu près raisonnable !

Néanmoins, ces contacts plus fréquents avec les librairies et les sites de vente en ligne m’ont petit à petit amenée à réfléchir à l’impact environnemental, éthique et social de ma consommation, comme j’ai pu le faire pour d’autres domaines.

Ici, pourtant, j’ai réalisé que la problématique était particulièrement subtile et délicate: l’écologie et la durabilité n’étaient pas les seuls éléments à prendre en compte, puisque existait aussi la question éthique d’une juste rémunération pour l’auteur/e, ou celle de la survie des librairies, par exemple. Le livre n’est pas qu’un objet de consommation: c’est aussi une oeuvre dont il faut respecter le créateur – j’en suis encore plus consciente depuis que mon propre livre a été publié. De même, la production littéraire n’est pas qu’une question commerciale: elle participe à la richesse et à la diversité de notre culture.

La question de comment et nous nous procurons nos livres soulève donc énormément d’enjeux aussi importants que fascinants, et parfois un peu contradictoires. Un vrai sac de nœuds !

Cette réflexion m’habitant désormais depuis longtemps et ayant profondément modelé mes habitudes, j’ai eu envie aujourd’hui de partager les quelques solutions explorées ces derniers mois. Je vous les présente donc ci-dessous avec les avantages et les inconvénients que je leur trouve, ainsi que la place qu’elles prennent dans ma consommation actuelle.

S’il ne s’agit que de mes pensées, sans prétention de vérité absolue, j’espère toutefois que le sujet sera pour vous aussi l’objet de débats intérieurs passionnants !consommation-livres-ecolo

SOUTENIR LES MÉTIERS DU LIVRE

▶︎ LES LIVRES NEUFS ACHETÉS EN LIBRAIRIE

Avantages: Acheter des livres neufs est à peu près la seule manière d’offrir une rémunération entière à leurs auteurs (déjà plutôt mal lotis en France pour la plupart) et de soutenir les maisons d’édition – notamment les plus petites d’entre elles, qui font face à une concurrence terrible. C’est une manière de financer la création littéraire, et d’encourager une offre culturelle diverse. Enfin, en choisissant de nous fournir auprès d’une librairie locale lorsque c’est possible, nos achats participent également à renforcer ce corps de métier en difficulté.

Inconvénients: Même si aujourd’hui beaucoup de livres sont imprimés sur du papier recyclé, la production, le transport et la vente de livres neufs a, comme pour tout autre produit, un impact environnemental certain, sans parler de la quantité impressionnante de déchets produite notamment par l’envoi au pilon des surplus ou livres défectueux (merci Marine pour le rappel !). D’un point de vue social, on pourrait aussi reprocher aux livres neufs de ne pas être accessibles à toutes les bourses.

Mon avis: Aujourd’hui je réserve surtout l’achat en neuf aux livres qui ont une valeur spéciale à mes yeux, ou dont l’auteur me tient à coeur, et je privilégie les entreprises locales lorsque c’est possible. Dans l’autre sens, si un titre m’a déçue ou s’il perd de son intérêt, je n’hésite pas à en faire don aux associations ou à les revendre pour leur donner une deuxième vie.

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DONNER PLUSIEURS VIES AUX LIVRES

▶︎ LES LIVRES D’OCCASION (achats, dons ou boîtes à livres)

Avantages: Donner une deuxième vie à un livre, comme à tout objet, est très écologique: plutôt que d’encourager une production linéaire et des durées d’usage courtes, on fomente une économie circulaire, qui utilise au mieux ce qui existe déjà. Il y a aussi un aspect social essentiel: les livres d’occasion sont moins chers, voire gratuits lorsqu’ils sont donnés (entre proches ou via des boîtes à livres), ce qui permet de découvrir, mais aussi posséder directement des livres même avec un budget très restreint.

Inconvénients: Aucun acteur de la chaîne du livre (auteur, éditeur, imprimeur, libraire…) ne perçoit de rémunération sur ces échanges.

Mon avis: Malgré une légère phobie de la saleté, je suis devenue une grande adepte des livres d’occasion, autant par souci d’économie que pour l’acte écologique / durable que cela représente. J’ai aussi une certaine tendresse pour ces objets en imaginant leurs premiers propriétaires ! Toutefois, parce que le fait de ne pas rémunérer l’auteur me gêne, je privilégie dans ces achats les livres qui datent de plusieurs dizaines d’années, les anciennes éditions, les titres dont l’auteur est déjà mort, ou au contraire les best-sellers qui font déjà beaucoup de ventes et ne souffriront pas trop de ce manque à gagner – bref, pas les livres récents, les jeunes auteurs, les projets que je veux vraiment soutenir, etc.

▶︎ LES BIBLIOTHÈQUES

Avantages: Quoi de plus durable qu’une bibliothèque ? Au niveau social, ces services permettent de rendre la culture accessible à tous grâce à un espace d’accueil public, et des tarifs très bas, voire gratuits, pour les populations les moins favorisées. En termes d’écologie, le concept est aussi parfait: un seul livre est utilisé par un grand nombre de personnes, ce qui rentabilise extraordinairement bien sa durée de vie.

Inconvénients: Les librairies perdent potentiellement certaines ventes, même si la quantité exacte est difficile à définir: quand on a recours à la bibliothèque, c’est souvent justement parce qu’on n’aurait pas pu, ou pas voulu, tout acheter. Quant aux auteurs et éditeurs, malgré la rémunération prévue en compensation par l’État (merci Laure et Camille pour la précision !), leurs revenus me semblent aussi bien moindres que si les utilisateurs avaient acheté leur exemplaire.

Mon avis: Les bibliothèques restent un service absolument essentiel, durable, et un outil d’égalité des chances pour la population; ces arguments touchent au bien public, donc ils prennent largement le dessus à mon sens. De mon côté, étant assez attachée au fait de posséder les livres que j’aime, je vois la bibliothèque comme un parfait moyen d’essayer des romans qui me tentent sans que je sois certaine de les aimer, ou prête à les acheter tout de suite – quitte à les acquérir ensuite si je suis convaincue.

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DÉMATÉRIALISER LES LIVRES

▶︎ LES LIVRES NUMÉRIQUES

Avantages: Les e-books sont la quintessence du minimalisme: plutôt que d’utiliser des tonnes de papier et d’encre, il suffit d’un seul petit dispositif pour stocker des milliers de titres. On est en outre complètement autonome dans le processus d’achat qui, à condition d’une connexion internet, peut se faire n’importe où, donnant accès à un catalogue immense même aux personnes qui n’ont pas de librairie ou de bibliothèque à proximité. Enfin, malgré les prix parfois décourageants appliqués en France, le format numérique offre une quantité impressionnante de livres gratuits de toutes langues tombés dans le domaine public, ainsi que des promotions et réductions régulières (interdites chez nous sur les livres papier depuis la loi Lang de 1981).

Inconvénients: Bien qu’on évite l’impact environnemental lié à la production du livre papier et à sa distribution, lire en numérique n’est pas forcément très écologique en soi: certains composants électroniques de nos liseuses sont fort polluants à fabriquer et difficilement, ou pas du tout, recyclables; il faut aussi prendre en compte la consommation électrique nécessaire au fonctionnement de l’appareil (même si elle est très faible) et des serveurs qui lui sont liés, alors qu’un livre papier est complètement autonome une fois produit. En termes d’éthique, le format numérique va parfois de pair avec une protection extrême des fichiers (DRM) d’une part, qui est injuste et peu durable pour le consommateur, et d’autre part avec le téléchargement illégal, qui ne permet pas de rémunérer les auteurs pour leur travail. Enfin, si nous lisions tous en numérique, quid des libraires ?

Mon avis: Étant expatriée dans un pays dont je ne lis pas couramment la langue, ma liseuse m’est très utile pour ne pas toujours devoir faire venir mes livres de France ou d’Angleterre par courrier. J’y ai recours surtout pour des titres tombés dans le domaine public, et ceux que je trouve à petits prix. Le gain de place et la praticité de ce format sont également essentiels pour moi qui n’aime pas les intérieurs trop encombrés, et voyage toujours léger ! Ce n’est peut-être pas l’option la plus green, mais elle correspond si bien à mon mode de vie et je la rentabilise tellement qu’à mon sens, la relation impact environnemental vs utilité reste correct.

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CONCLUSION
ACHETER AVEC CONSCIENCE

Toutes les options exposées ont des arguments assez valables, même si l’une ou l’autre peuvent sembler prioritaires selon la sensibilité de chacun/e: certaines personnes ont surtout à cœur de ne pas laisser dépérir les petits libraires de quartier, d’aucun/es sont sensibles à la cause des auteurs, d’autres veulent avant tout promouvoir une économie plus circulaire et solidaire…

De mon côté, vous l’aurez compris, j’essaie tout simplement de faire au mieux pour tout le monde: j’achète de manière raisonnée, en choisissant la meilleure option possible selon ma situation.

L’équilibre que j’ai trouvé me convient bien, et je le trouve assez juste. Il consiste à intégrer les livres de seconde main, les ebooks, les dons et les prêts dans mes habitudes, voire d’en faire la majorité de mes transactions, tout en réservant une petite partie de mon budget aux livres neufs pour soutenir les auteurs et librairies – par exemple quand il s’agit de mes écrivains préférés, des éditions qui me semblent les plus jolies, ou pour les cadeaux.

Ma solution n’est toutefois pas la seule possible, loin de là. Je crois qu’il est avant tout essentiel, car salutaire, de questionner et prendre conscience de nos habitudes, surtout lorsqu’elles sont un peu automatiques (à moins de ne pouvoir faire autrement): c’est le premier pas vers une consommation plus engagée, dans le domaine des livres comme dans tous les autres, et j’espère que ma petite réflexion vous aura nourri/es en ce sens !

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Aviez-vous déjà conscience des aspects éthiques et écolos de la consommation de livres ?
Si oui, quelles sont les solutions que vous aimez privilégier ?
Si non, est-ce un sujet qui vous fait réfléchir ?

À lire aussi: l’excellent article de Julie sur le « lire éthique » !

71 commentaires

  1. Bonjour Victoria !
    Ah les livres… Mon grand rêve avoir une immense bibliothèque…
    J’adore lire, et je varie au maximum les types d’achats, ce qui me permet des économies en même temps que de soutenir différents acteurs du livre… selon mes besoins, en fait. Si je soutiens des petites librairies (tres loin de chez moi, j’habite un patelin isolé), j’achète aussi sur Amazon (on me le reproche parfois, mais j’estime que tout est une question de mesure, parce c’est bien pratique pour ma petite maison au milieu de la prairie, et puis comme pour les assiettes… chacun fait comme il peut et veut n’est ce pas 😉) Je suis un petit peu mes dépenses de livres et essaie de favoriser les librairies, quand je vois que j’ai un petit budget je prends ma voiture et c’est parti…
    d’occasion dans des brocantes oh chez des bouquinistes…
    je lis des classiques, des petites maisons d’édition, des grosses, des auto édités… et ça me convient bien.
    Bref, on essaie quoi !

    • Ce n’est certainement pas moi qui vais te jeter la pierre pour Amazon !

      J’ai beau toujours privilégier d’autres solutions quand je le peux, parfois pour des raisons de budget, de délai ou de manque de disponibilité ici à Amsterdam, je finis aussi par passer par eux ou par d’autres grosses plateformes locales. Dieu sait qu’on me le reproche aussi sur ce blog, mais je n’ai personnellement aucun problème avec ça: je connais ma situation, je sais que je fais au mieux et que je cherche toujours d’autres solutions d’abord, donc je n’ai absolument aucun problème de conscience. Tant que ça reste raisonné et occasionnel, avec tout ce que je fais déjà comme efforts à côté, ce n’est pas un drame !

      Et puis il y a aussi beaucoup de personnes qui commandent sur la Fnac, Amazon, etc… tout simplement parce qu’ils n’ont pas d’offre satisfaisante autour d’eux – par exemple à la campagne, c’est beaucoup plus difficile, ou ici à l’étranger pour trouver un livre en français – ou parce qu’ils manquent parfois de temps pour se rendre en librairie. Ces services sont ultra pratiques, très efficaces et rapides (je suis toujours bluffée et ravie du service impeccable d’Amazon, moi), donc forcément, leur aide est précieuse dans ces cas-là !

      La seule chose, je crois, c’est qu’il faut être conscient de ce qu’on fait, ne pas céder toujours aux automatismes faciles et voir si l’on peut faire un peu mieux. Parfois on peut, et c’est super, parfois on ne peut pas, et on essaie de prendre la 2ème option la moins pire, ou de compenser la prochaine fois !

  2. Bonjour,
    Une petite précision sur les bibliothèques (françaises ) : depuis la loi sur le droit de prêt de 2003 ou 2004 (je ne sais plus exactement) ; nous compensons le manque à gagner des auteurs , du fait que nous achetons le livre une seule fois et qu’il est lu par plein de gens. Nos remises chez le libraire sont plafonnées à 9% et le libraire reverse également 6%, nous déclarons le tout à la Sofia qui rémunère ensuite auteurs et éditeurs. C’était cela ou faire payer une taxe à chaque lecteur pour chaque livre emprunté pour rémunérer l’auteur.
    Pour rappel sur la vente d’un livre en France, l’auteur gagne en moyenne 10% (souvent moins )donc pour un livre acheté 20 euros, il en touche 2. Il a intérêt à vendre beaucoup pour vivre…

    • Un tout grand merci Laure pour ces précisions ! Je ne me rends pas bien compte de ce que cela peut donner comme rémunération finale pour chaque auteur mais j’ai quand même l’impression que c’est très minime par rapport au nombre de personnes qui auront « consommé » son oeuvre, me trompé-je ?

      Pour les droits d’auteur, tu as bien raison de souligner la précarité de leurs gains… Étant moi-même publiée, et à bien moins que 10%, je sais ce que c’est et c’est pour ça qu’il me tient tant à coeur de prendre l’auteur en considération lorsque je choisis où me procurer un livre.

      • Camille / A la croisée des livres donne un peu plus de précisions plus bas, même si effectivement au final ça ne doit pas faire bien lourd en monnaie sonnante et trébuchante, mais c’est mieux que le rien d’avant 2003 !

        Et pour les auteurs jeunesse ou tout autre livre illustré, il faut partager ces fameux 10 % entre auteur et illustrateur, donc ça fait bien moins !

        Nous rémunérons les auteurs au tarif de la Charte des auteurs quand nous les recevons en rencontre / dédicace avec le public, c’est un moyen plus efficace pour eux de gagner un peu d’argent, mais comme beaucoup ont un emploi à côté, ils n’ont pas toujours la liberté ou l’envie de multiplier les sorties.

        PS : ton livre plait beaucoup et sort bien dans la médiathèque où je travaille :-)

      • Bonjour Victoria,
        Ton article est très intéressant, et je suis tout à fait d’accord avec la difficulté de trouver un équilibre entre différents modes de consommation ! Tout comme toi, je pense qu’il n’y a pas une bonne solution et qu’il convient de jongler entre les différents modes d’accès.

        Petite précision concernant le droit de prêt : il s’agit aussi d’une forme de valorisation de la diversité éditoriale, en tout cas dans son principe. En effet, la Sofia (organisme de gestion des droits) redistribue ce montant en fonction des achats réalisés par les bibliothèques, et non des prêts réalisés. Cela signifie que le poids relatif des best-sellers est moins important que dans les ventes : si une bibliothèque achète un best seller et un livre plus confidentiels, les deux auteurs seront tout autant rémunérés. Et les bibliothèques cherchent souvent à faire des acquisitions variés. Cela permet donc une sorte de redistribution, il peut donc y avoir un effet bénéfique à ce système (de mon point de vue en tout cas !).

        Mais effectivement, cela ne représente pas grand chose et le budget des collectivités ne saurait suffire à une bonne rémunération des auteurs, il est donc important de continuer à acheter en librairie !
        Un indice de la rémunération sur le site de la Sociétés des gens de lettre : « L’auteur d’un livre perçoit à ce titre, en sus de sa rémunération initiale, environ 1€ par exemplaire de ses livres acheté par une bibliothèque » (https://www.sgdl.org/guide-des-auteurs-2017/3121-la-remuneration)

        Je crois que c’est la première fois que je commente sur ton blog, j’en profite pour te dire que je le trouve très chouette et que je le suis assidument :)

  3. Je me retrouve tout à fait dans ta démarche. Malheureusement à la vue de ma situation géographique, j’ai rarement l’occasion de me rendre dans une librairie indépendante.
    En tout cas tous les livres achetés sont sélectionnés avec soin et surtout partagés avec l’ensemble de mes amis lecteurs. Ils circulent beaucoup avant de rejoindre les étagères de ma bibliothèque.
    La médiathèque est également une viste régulière ^^
    La prochaine étape une liseuse pour Noël surtout pour les livres tombés dans le domaine public. Bonne journée à tous les lecteurs!

  4. Camille / Alacroiseedeslivres Répondre

    Hello Victoria !
    Article très pertinent, je me suis moi-même souvent posé la question… et mon évolution à ce sujet n’est pas terminée !
    En tout cas soutenir les librairies de quartier plutôt que les « supermarchés du livre », c’est une démarche que j’essaie d’avoir au maximum. Faute de moyens, j’achète très souvent en librairie d’occasion… Mais parlant de chaque roman que je lis sur mon compte Insta, je considère que cette « publicité » est une forme de rémunération (peut-être dérisoire, mais ça reste ça !).

    Juste une précision : bien sûr que SI, les auteurs ont une rémunération spéciale quand leur livre est acheté par une bibliothèque, ils ne reçoivent pas seulement le pourcentage habituel de l’achat !

    « La rémunération de l’auteur d’un livre prêté est composée de 2 parties :
    – les fournisseurs de livres (libraires, grossistes, éditeurs) versent 6 % du prix (hors taxe) des livres destinés aux bibliothèques publiques de prêt, associatives et privées, à la Société française des intérêts des auteurs de l’écrit (Sofia),
    – l’État verse 1,50 € par inscrit en bibliothèque publique, hors bibliothèque scolaire (1 € en bibliothèque universitaire).
    Une partie de la rémunération est répartie entre les auteurs et les éditeurs à parts égales, en fonction du nombre d’exemplaires vendus chaque année aux bibliothèques.
    L’autre partie, jusqu’à la moitié du total perçu, finance une partie du régime de retraite complémentaire des auteurs et traducteurs affiliés à l’Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs (Agessa). »
    Source : https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F22888

    Ca me semble important de le préciser, sinon le système serait juste aberrant !

    Bonne journée :)

    • Merci pour ces précisions, c’est important de le souligner et je vais modifier l’article en conséquence. Mais il me semble que le résultat est le même: la rémunération finale pour chaque auteur est ridiculement basse comparé à l’achat direct de son livre (où il ne gagne déjà pas beaucoup), non ? Ou j’ai mal compris le système ?

    • Merci pour ces précisions (qui avaient déjà en partie étaient apportées par Laure), je trouve ça super intéressant de savoir comment sont rémunérés les auteurs – éditeurs, même si je ne m’étais jamais posé la question jusqu’ici!

      • Camille / Alacroiseedeslivres

        Ca je suis d’accord que la rémunération des auteurs est terriblement faible :/ D’où l’intérêt de les soutenir du mieux que chacun peut :)
        Concernant le système en question, je ne me rends pas du tout compte non plus de ce que cela représente non plus (je ne travaille pas du tout là-dedans, j’ai juste suivi des cours de Droit de la propriété intellectuelle ^^).
        Mais en tout cas, ça ne revient pas à n’acheter que UN livre, c’était surtout ça que je voulais souligner :)

  5. J’essaie vraiment autant que possible d’avoir une consommation plus responsable, plus éthique, respectueuse de l’environnement, etc.
    Le seul domaine pour lequel je ne me restreins pas, c’est la littérature. J’aime lire, sincèrement, et mon rêve depuis que je suis enfant c’est d’avoir chez moi une immense bibliothèque remplie de livres. Je choisis les livres que j’achète avec soin, depuis le temps je sais ce qui me plaît ou non, mais je n’arrive pas à y renoncer au profit de livres uniquement numériques et je crois que je n’en ai tout simplement pas envie pour le moment.

  6. Bonjour Victoria,

    je suis un peu comme toi, je privilégie les différents modes de consommation que tu décris (sauf en format numérique, ça ne m’attire pas du tout de lire un livre sur une tablette, je préfère de loin le papier – mais en format audio je dis OK!! – c’est peut-être quelque chose que tu aurais pu aussi développer ici, non?)
    Je privilégie l’audio car je n’ai pas beaucoup de temps pour lire, et comme je suis pas mal en voiture c’est super pour passer le temps.
    J’achète du neuf quand c’est un livre que je ne trouve ni à la médiathèque, ni en livre audio et que personne de mon entourage ne l’a, ou alors si c’est un livre qui me fait très envie et que j’ai envie (justement lol) de le posséder en propre (comme celui de Rupi Kaur ;-))
    J’achète particulièrement sur amazon, même si je sais que ce n’est pas très éthique mais niveau choix/praticité il n’y a pas mieux.
    Sinon j’échange des livres sur Troczone, je donne ceux qui ne m’intéressent plus aux bibliothèques / médiathèques.

    C’est drôle parce que je ne pense pas forcément avoir eu le même cheminement intellectuel que toi sur les livres (je ne pense pas écologie ni même forcément à la rémunération des auteurs – honte sur moi!) et, au final, j’ai l’impression que nous avons malgré tout plus ou moins la même démarche, qui est selon moi tout simplement une question de bon sens.

    Bon WE!

    • Pour moi le format audio est une expérience tellement différente que je ne peux pas le comparer avec l’achat de livres papier ou numériques. Je ne les consomme pas de la même manière ni dans les mêmes situations donc l’un ne remplace pas l’autre ! Cela dit, dans l’absolu il est vrai que les livres audio ont les mêmes avantages de dématérialisation (et certains désavantages écologiques) que le format ebook, donc on pourrait les placer dans la même catégorie :)

  7. Bonjour Victoria,
    Etant aussi expatriée et très grande liseuse lorsque j’habitait Paris, ma consommation de livre a franchement baissée. Cela est surtout lié au fait qu’il y a peu de librairie qui vendent autre chose que des best seller autour de chez moi et que les bibliothèque sont difficile d’accès (soit des horaires ne me permettant pas d’y aller régulièrement soit loin).

    Il y a peu j’ai découvert que les bibliothèques de la ville de Paris permettait d’emprunter des ebook!! Le prêt est d’1 mois et toutes les démarches se font en ligne (emprunt et retour). Grace à ma maman, j’ai pu télécharger plein de livres auquels je n’aurais pas eu accès physiquement. Mon dernier emprunt est la saga passe mirroir (les 3 livres!).
    Je pense que d’autre bibliothèques en France permettent la location d’ebook donc ça peut être pratique si quelqu’un veut bien nous prêter son compte :)

    Bonne journée,
    Eve

    • C’est tellement chouette que tu puisses en profiter via le compte de ta maman ! Je n’ai a priori pas de proches qui ont un compte dans les bibliothèques de Paris mais je vais demander à mes parents si leur médiathèque locale font quelque chose de ce genre (je ne pense pas, mais au cas où…).

  8. Bonjour Victoria

    Je crois que tous ceux qui aiment les livres se reconnaissent dans ton article.
    On voudrait pouvoir en acheter autant qu’on le souhaite, soutenir nos auteurs préférés, faire marcher les petites librairies indépendantes, etc. Mais comme tu le dis, la réalité est souvent différente.

    Je suis passé à la liseuse l’année dernière (bien pratique en voyage) et comme pour beaucoup, je profite des œuvres classiques tombées dans le domaine public que je n’aurais pas forcément acheté en papier ou des ouvrages en promo ou peu cher. Sauf quelques uns que je voulais absolument lire là, tout de suite, maintenant comme les séries des « Fiancés de l’hiver » ou « les plus belles mains de Delhi »…
    Pour l’achat de livres « papier », je préfère les petites ou moyennes librairies et j’évite autant que possible Amazon et la Fnac mais parfois, on a pas le choix.
    Quant aux bibliothèques, elles sont plus qu’indispensables. Et je ne dis pas ça parce que j’ai une formation de bibliothécaire…
    Profitons des différentes options que l’on peut trouver.

    Comme pour tout, on ne peut pas être parfait, mais si on fait de son mieux, c’est déjà pas mal.

    Merci pour ton article et bon week end !

  9. Hello Victoria!
    J’avoue que je ne pense pas du tout à l’impact écologique là-dessus… Je pense plutôt aux librairies menacées à cause des nombreux supports comme Fnac ou Amazon, même s’il m’arrive d’acheter parfois chez eux, j’essaie de le faire de moins en moins car avec Bookstagram, je suis en contact avec pas mal de libraires et ça m’incite à réfléchir sur ce métier et cette passion, parfois obsolète face aux géants cités avant… Concernant l’impact écolo je pense qu’il représente une partie minime comparé à d’autres « pollution » mais c’est vrai que ça peut faire réfléchir… Belle journée à toi! :-)

    • Coucou Florence !

      Pour un très bref résumé de l’empreinte écologique de l’industrie du livre, dont tu doutes un peu, je te cite le rapport d’analyse de Terre Vivante sur l’impact environnemental du livre: « selon la Commission européenne, l’industrie papetière se classe au second rang européen pour sa consommation d’eau douce. Elle serait avec l’imprimerie à l’origine de plus d’1% des émissions globales de gaz à effet de serre. En outre, elle utilise différents produits chimiques dont la toxicité est à prendre en compte. ».

      Peut-être que ce n’est pas la plus polluante sur tous les points de vue, mais elle demande quand même une énorme consommation d’eau, et quand bien même: est-ce une raison pour ne pas du tout la questionner ou vouloir l’améliorer ? Chaque petite industrie moyennement polluante, ajoutée aux autres, peut quand même représenter un sacré poids :)

      • Ah oui quand même!… Je ne pensais pas du tout… ok, j’avoue, tu m’ouvres les yeux! :-) Mais alors est ce que tu penses qu’avec touuuuuus les livres qu’on trouve même en librairie, on peux réduire cet impact? Parce qu’au final je ne suis pas sûre que les librairies ou les géants du marché se rendent comptent de ça et se disent, tiens on va éviter d’imprimer en trop grand nombre d’exemplaire… car au final si ils impriment moins, ça veut dire que les ventes vont baisser, donc les auteurs vendront moins aussi… j’ai l’impression que le débat est long…^^

  10. Bonjour Victoria,

    C’est très intéressant comme article ! Je suis une énorme consommatrice de livres, j’en lis plusieurs par semaine de toutes les sortes. Je ne peux donc pas tous les acheter ^^ j’achète énormément d’occasion (lors des ventes de livres des bibliothèques par exemple), je fais beaucoup d’échange (j’ai la chance d’habiter près d’un lieu où l’on peut apporter et prendre des objets gratuitement), j’achète aussi souvent dans des petites libraires (ou pas d’ailleurs)… Et je me suis beaucoup posée la question de l’éthique de la liseuse. Je vais en avoir besoin pour mes livres de cours (je vie en France mais j’étudie à distance dans une fac italienne) donc je vais devoir franchir le pas… Et je pense que la liseuse va ravir mon coeur, parce qu’elle va également me permettre de lire des romans italiens que je ne peux pas trouver ici O:)

  11. Dans mes « résolutions » de l’année 2017 il y’avait acheter mes livres en librairie de quartier et non sur internet/grands magasins.

    La praticité de sites comme Amazon et compagnie, commander de son ordi à toute heures, être livrée rapidement/gratuitement, finalement je m’en passe très facilement.

    J’utilise le site place des libraires, pour voir si un livre est en stock en librairie, le réserver ou leur demander de le commander, tout ça depuis l’interface du site.
    Plusieurs librairies de mon quartier et autour de mon bureau sont référencées sur le site. Du coup je retrouve le côté pratique de la commande, vérifier que le livre est bien vendu par la librairie et le côté éthique de dépenser localement dans un petit magasin de mon quartier.

    • Oui, ce site est vraiment génial ! Si j’habitais en France je l’utiliserais avec grand plaisir, il m’est d’ailleurs arrivé d’y avoir recours lors de mes passages à Paris et c’est très pratique.

  12. Tout cela fait réfléchir. Comme tu le dis, un livre est avant tout une oeuvre, tout comme le cinéma, la musique, et c’est donc important de prendre conscience de notre façon de les utiliser.
    Finalement il n’y a pas de façons idéales de consommer un livre, car il y a toujours des inconvénients.
    Pour ma part, si je ne suis pas dépensière ni sujette aux achats compulsifs, les livres et la culture en général font partie de mes principales dépenses. Fût un temps où j’adorais entasser mes livres et mes dvd. Aujourd’hui je me demande si ce n’était pas finalement plus pour les exposer que pour mon bonheur personnel.
    J’ai donc choisi d’une part, de ne m’entourer que des œuvres qui me tiennent réellement à cœur et de revendre ou de donner les autres. Ensuite, j’essaie d’acheter dans de petites librairies et revends toujours mes livres lorsque je ne ressens pas le besoin de les conserver.
    Je trouve qu’effectivement le ebook est un bon compromis. Je n’ai personnellement pas investi dans une liseuse. Je préfère avoir des appareils qui peuvent avoir plusieurs fonctions. C’est pour cela que je lis mes livres numériques sur ma tablette. C’est certes plus encombrant, mais lorsque je voyage je trouve cela pratique car je peux aussi m’en servir pour internet. Je me dis que peut-être de cette façon, la coût énergétique et environnemental pour faire ma tablette est un peu plus amorti…

    Une belle journée à toi
    Nastasia

  13. Excellent article Victoria, pour ma part j’admet ne m’être jamais vraiment posé la question de la dimension éthique du contenu de ma bibliothèque et je te remercie vraiment car je trouve cette réflexion hyper intéressante. Pour ma part je suis définitivement une adepte des livres d’occaz (et en bonne manique de première catégorie, je passe un torchon humidifié à l’eau chaude sur chaque livre après achat, oui oui, dinguo!). Par souci d’économie surement et indéniablement par souci écologique et parce que j’aime le principe de transmettre et partager la culture de cette manière. C’est aussi pourquoi j’aime et utilise beaucoup les bibliothèque municipales (j’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet il y a quelques temps sur mon blog si ça t’intéresse, je serais hyper heureuse d’avoir ton avis! http://happymelodie.com/2017/06/pourquoi-emprunter-des-livres-a-la-bibliotheque-municipale/)
    Encore merci pour cet article Victoria, bonnes lectures et belle journée à toi!
    Melodie | http://happymelodie.com/

  14. Bonjour Victoria !
    Ton article est très juste et je m’y retrouve beaucoup ! Je fais un peu pareil : j’achète neuf les livres qui me tiennent à coeur, que je sais que je vais vouloir les garder pour les relire et les relire encore. En revanche, les découvertes, les romans que je pense ne lire qu’une seule fois, je les achète d’occasion puis je les revends, ou je les donne afin de les faire tourner et d’éviter que l’on me retrouve un jour enfouie sous une pile de vieux livres ^^
    Du coup, les livres que je garde devient réellement des objets spéciaux pour moi, avec une valeur particulière, ce qui me fait les aime d’autant plus !
    Mais j’avoue que je ne vois plus bien l’intérêt d’acheter tous mes livres neufs quand on voit la tonne de livres qui existent et que personne ne lit…
    Par contre, je n’arrive pas du tout à profiter des bibliothèques : je n’ai jamais le temps de finir un livre dans le temps imparti et je trouve ça pénible de devoir reconduire mes emprunts tout le temps… De plus, je n’ai pas avoir de dead-line pour finir un livre ^^
    Super article en tout cas, qui permet de se poser les bonnes questions sur sa consommation de livre et du coup, sur sa façon de vivre une passion en général !

    • Hahah, je suis comme toi, le système des bibliothèques où l’on a un temps imparti pour lire et rendre le livre ne me convient pas trop, parce que je choisis vraiment mes lectures au feeling et déteste avoir des dates limites ! Parfois, si je ne me lance pas tout de suite, un roman qui me faisait envie il y a 2 jours perd sa priorité face à un autre qui, sur le moment, me semble plus adéquat à mon humeur, donc c’est un peu dur pour moi de prévoir à l’avance.

  15. Bonjour Victoria,
    Compte tenu de ma propension à la lecture, il a aussi fallu que j’interroge ma consommation. Le déclic a été un déménagement : je ne pouvais plus supporter la vue de mon énorme bibliothèque de départ. Le tri a été drastique, je n’ai gardé que peu de titres et me suis séparée du reste (don à mon entourage, don aux hôpitaux, boites à livres, librairie d’occasion, recyclage papier pour ceux qui étaient vraiment en trop mauvais état). Une fois ça fait, je me suis aperçue que je me passais volontiers d’une grosse bibliothèque : avec près de 200 titres lus par an, ce n’est pas gérable de tous les conserver. Je n’achète donc plus que ce que je veux vraiment et en libraire de proximité. Sauf pour les titres en VO, que je commande en ligne, car l’achat de ceux ci sont très chers en Belgique (et même si je sais que la hausse de prix est totalement justifiée, je n’ai pas le budget pour le permettre)
    Le reste, j’emprunte. D’ailleurs, il existe également dans les bibliothèques francophone de Belgique un système de rétribution des auteurs (pour la Flandre, je ne sais pas)

  16. Ton article m’intéresse forcément, notamment parce que je travaille pour une maison d’édition et je fais justement des études centrées autour des métiers du livre.

    Travaillant dans ce milieu, je ne peux qu’essayer d’acheter mes livres de la façon la plus éthique possible, tout simplement parce qu’il en va aussi de la « survie » de ma branche professionnelle. Au-delà de ça, ce sont de véritables convictions que j’ai à cœur de partager avec les autres qui ne sont pas forcément au courant des lois en vigueur.
    Je boycotte personnellement Amazon pour de nombreuses raisons, et notamment parce qu’ils ont essayé à de nombreuses reprises de saper la loi Lang qui est à mes yeux si précieuse pour pouvoir faire du dumping sur les livres comme ils l’ont fait un peu partout ailleurs dans le monde. Les livres neufs étant au même prix partout, je privilégie désormais les libraires indépendants (ou éventuellement les groupes comme Gibert mais qui après tout restent des librairies). D’autant que pour ceux qui n’auraient pas de librairie de quartier, il y a l’argument imparable des sites mis en place par les associations de libraires indépendants, comme placedeslibraires.fr !

    Quant aux livres numériques, effectivement, quand on se penche de près sur leur production, ils ont autant voire plus d’impact sur l’environnement que les livres papier. Et en France, ils sont eux aussi soumis à la loi Lang : les promotions que tu vois n’en sont donc pas réellement si on peut dire ça comme ça… Cela signifie que le même livre numérique sera moins cher partout au même moment ! (de quoi encore privilégier des points de vente plus sympa…). Cela n’empêche que je partage ton point de vue sur le gain de place et la facilité de les obtenir : j’ai été expatriée aussi, et je sais combien se procurer des livres français papier à moindre coût peut tenir du casse-tête.

    Enfin pour les livres d’occasion, je ne jette la pierre à personne : je suis la première à en acheter beaucoup trop dès que je passe chez les bouquinistes !

  17. Quel article passionnant Victoria !
    Mon père travaille en imprimerie et je sais à quel point, il est heureux de voir que pour la plupart de mes livres, je les ai acheté en librairie. Pour lui, c’est important car c’est aussi une manière de préserver son travail de voir que de nombreuses personnes continuent de le faire malgré les liseuses électroniques. De mon côté, si j’achète mes livres de manière très raisonnable, pour le prix tout d’abord et car je suis plutôt minimaliste (j’en parle dans un article publié prochainement d’ailleurs). Je découvre petit à petit qu’en lisant plus, le coût monte et c’est ainsi que je cherche désormais sur des sites type Leboncoin pour chiner de superbes occasions. Comme toi, je suis un peu maniaque sur ça, j’aime les livres entretenus et je fais moi-même attention à mes ouvrages lors de mes lectures mais nous ne sommes pas deux à le faire, alors il y a parfois de très beaux livres de seconde main. Le dernier exemple en date est le livre de John Green, Tortues à l’infini qui fait partie des meilleures ventes et dont je n’ai aucune inquiétude quant aux revenus de l’auteur. Il n’a plus besoin de mon soutien pour écrire ses romans, alors la seconde main est parfaite dans ce cas.
    Pour ce qui est de la bibliothèque, vivant dans une grande ville, je n’ose pas vraiment m’y rendre. Je pense néanmoins le faire d’ici quelques mois pour éviter une trop grosse consommation de livres.
    En tout cas, merci à toi pour cette belle réflexion encore. Belle journée.

  18. Salut Victoria,

    Très bon article et très instructif. Merci!
    Par contre, je suis assez surprise qu’il n’y soit pas fait mention de la question du pilon. C’est pour moi un gros gros problème dans le secteur de l’industrie libraire. Tu as une opinion là dessus?
    Je te partage un article que je trouve intéressant, et surtout les pistes à la fin, sur les professionnels du livre et quelques initiatives en court :)

    https://pourlelivre.wordpress.com/2008/06/28/le-pilon/

    Des bisous, et merci encore pour cet article super important!

    • Coucou Marine ! Cela fait partie en effet pour moi des gros défauts écologiques de l’industrie du livre, et de l’une des pires conséquences de la surproduction… J’y pensais en parlant de l’impact environnemental mais j’aurais certainement dû le mentionner clairement, parce que ce n’est pas un fait connu de tous. Merci mille fois pour le rappel et le lien très éclairant !!

      • Oui, j’avoue que j’ai été assez choquée le jour où je l’ai découvert, je pense que c’est une chose assez marquante qui peut intéresser le grand public.. on ne se pose pas spontanément cette question :)

  19. Les auteurs sont mal rémunérés en France, parce qu’il y en a beaucoup beaucoup trop. Idem pour les maisons d’édition. Tout cela est soutenu artificiellement par les subventions de l’Etat. C’est un modèle économique catastrophique, et je ne parle même pas des aspects écologiques. Une double rentrée littéraire par an, où l’on peut compter des centaines de roman, pour leur grande majorité très médiocre (pour la richesse du paysage culturel français, on repassera), quand il y a finalement peu de lecteurs, peu de demande, c’est aberrant. Objectivement seuls certains peuvent vivre de leur plume. Ce sont toujours les mêmes. Les autres vivoteront, au mieux.
    La surproduction de livres est telle, que la plupart finissent au pilon. Ceux achetés, que les lecteurs ne conservent pas pour une raison ou une autre, qui sont donnés à des associations, finissent également souvent au pilon. J’ai visité la réserve des livres de Notre-Dame des sans-abris à Lyon : le responsable nous a dit que la plupart des dons partaient chez un papetier. Eux-mêmes en ont trop, pas assez de place pour stocker, pas assez d’acheteurs.
    Enfin, à titre personnel, je vous conseille de faire très attention à ce que vous accumulez : mon ami est un grand consommateur de livres. On s’est retrouvé avec une bibliothèque de plus de mille livres. Il a ensuite hérité de la bibliothèque de son père (2000 livres !). On dit que les livres ne sont pas des objets comme les autres, mais quand il faut les trier, les ranger, les déménager, les donner (Emmaüs nous en a refusé tellement, beaucoup ont fini à la déchetterie), je peux vous dire que c’en est. Mon rêve d’une maison avec une grande bibliothèque est derrière moi. Aujourd’hui je n’achète plus de livres : je crois que je n’aurai jamais assez de toute une vie pour lire tout ce que nous avons accumulé.

    • Il est clair que nous sommes dans une situation de surproduction complète, qui n’est pas tenable.

      En revanche pour moi, impossible d’imaginer arrêter d’acquérir des livres, parce que je n’en ai pas tant que ça (ma famille comme moi-même donnons et revendons régulièrement, surtout moi à cause de mes multiples déménagements, donc le stock est toujours correct) et parce que c’est ma passion. Mais justement, face à ce problème, pour moi l’achat « dématérialisé » en numérique est parfait.

      Quant aux dons qui vont au pilon, c’est terrible et c’est bien pour cela qu’il faudrait, je crois, que nous consommions tous des livres d’occasion, pour leur donner de nouvelles vies plutôt que d’acheter toujours du neuf et entretenir ce système…

  20. Super intéressant ! J’ai aussi réfléchis à ce sujet. Je n’achète plus qu’à ma librairie indépendante et tout comme toi pour soutenir un auteur, un projet qui est important à mes yeux. J’ai donné beaucoup d’ouvrages dans la boîte à lire près de chez moi. Je prête pas mal aux copines aussi ;)
    Je garde cependant pas mal d’ouvrages chez moi, ceux que j aime bcp ou qui me serviront toujours pour travailler par exemple. J’emprunte un peu à la bibliothèque mais j’ai parfois tendance à ne pas finir la lecture à temps…
    C’est vrai que ce n’est pas évident de trouver une solution. Je n’ai pas opté pour la liseuse à cause du coût environnemental et aussi parce que je suis attachée à l’objet livre, au papier…
    Bref, comme toi, j’essaie de faire au mieux et je réfléchis bien avant tout achat.

  21. Bonjour Victoria ! En lisant ton article j’ai essayé de me rappeler combien de romans j’avais pu acheter neufs dans ma vie… (J’ai 34 ans) Sincèrement je pense qu’il ne doit y en avoir qu’une vingtaine, essentiellement au format poche…
    Et pourtant je suis une grande lectrice mais je suis toujours allée à la bibliothèque dans mon enfance et je continue maintenant adulte. J’adore aussi le concept de la boîte à lire (il y en a beaucoup vers chez moi!) Très pratique car en ce moment je n’ai plus beaucoup le temps de lire et un livre peut me durer un certain temps!
    Par contre, concernant les « beaux livres » qui ne sont pas des romans, j’en achète de temps en temps neuf, car je les feuillette plus régulièrement, contrairement aux romans que je ne lis qu’une fois!
    Sinon concernant les livres pour ma fille, je suis une adepte de l’occasion, vide-grenier, Emmaüs… Je fais très attention à l’état (les enfants ne sont pas tendres…) Mais ça me fait vraiment plaisir de lui constituer une jolie bibliothèque à petit prix ! Et pour le coup, ma fille peut parfois lire le même livre tous les jours donc l’achat est totalement rentabilisé ! ;)
    Bonne lecture à tous! :)

  22. Comme toi, je vends ou donne mes livres dont je n’ai plus usage, ou que je ne relirai pas pour sûr. Je commence à me mettre à la Kindle, et c’est drôle que tu vis fait cet article maintenant : c’est une belle synchronicité avec ce que je vis en ce moment. J’ai décidé que mon budget bouquins était trop conséquent et que j’allais m’inscrire en bibliothèque. Merci d’avoir relancé le flambeau de cette décision, je me mets en quête d’une bibliothèque dans mon coin, de ce pas !

  23. Très intéressant comme article! Il m’a aidé à faire un point sur ma propre consommation de livres! Je me rends compte que je fais un peu appel à toutes les solutions à part les ebooks!

    Pour les livres neufs, j’essaie de privilégier les librairies indépendantes! Il y en a une à Clermont qui a été sauvée grâce à ses employés et je trouve important de la soutenir! Ils ont un système de commande par Internet et un très grand catalogue qui permet aussi de commander des livres en vo donc j’adore!
    J’ai aussi acheté des livres en participant à des campagnes de financement participatif sur Ulule! Ca permet de lancer des auteurs ou de petites maisons d’édition!

    J’achète aussi des livres d’occasion, très souvent sur les brocantes (des polars …souvent des Agatha Christie et récemment les chroniques de Narnia et le journal de Bridget Jones ^^) Je les achète principalement pour leur prix ultra compétitif et j’aime l’idée de leur donner une deuxième vie en les sortant de vieux cartons stockés dans des greniers :D

    Je me suis aussi inscrite à la bibliothèque! Ca m’a notamment permis de tester la série de la Passe Miroir (que j’ai adoré <3) , tester des BD/mangas, me lancer dans les comics (qui sont très chers à l'achat)! C'est un peu en dehors du sujet mais j’emprunte aussi beaucoup de DVD!
    Le système est informatisé donc on peut réserver ces futurs emprunts et repousser les deadlines en ligne! Tout est fait pour nous faciliter la vie ^^

      • Tout à fait! C’est de celle-là dont je parle! Ils ont un choix incroyable et je peux y passer des heures quand j’y entre ^^

  24. Merci Victoria pour ton article.
    Moi aussi je me suis réconciliée avec la lecture il y a deux -trois ans, j’essaye d’acheter le plus éthique possible – commander peu sur internet, plus en librairie indépendante, surtout lors de mes voyages – mais je le fais très peu souvent avec des livres d’occasions, c’est comme ça je suis maniaque, j’aime les livres impecs, non cornés ou seulement par moi… C’est pour cela que je fais également très peu de tour en librairie tant que je n’ai pas lu toute ma Pile A Lire car sinon je craque à chaque fois! Je suis une amoureuse des beaux livres des belles couvertures… J’essaye néanmoins de réduire le plus possible : je n’achète maintenant que les suites des sagas que j’ai commencé, où des romans de mes auteurs coups de coeur. Le reste j’essaye de les trouver en ebooks afin de prendre moins de place lorsque je vadrouille (je lis alors les grands classiques, comme toi) et d’être plus économique mais certains sont presque aussi cher que le papier, je ne trouve pas ça raisonnable! Et je n’y peux rien, je préfère les livres à l’ancienne…
    https://maevasmapamundi.wordpress.com/

    • up : j’ai aussi longtemps été inscrite en bibliothèque ce qui me permettait de lire les livres jeunesses sans toucher mon maigre budget de lycéenne/étudiante. Malheureusement où je vis en ce moment ce rayon (YA, qui est mon genre préféré je ne m’en cache pas) est très peu rempli…

  25. Je lis beaucoup et pour moi, c’est l’argument écolo-nomique qui prime. La bibliothèque municipale est ma première ressource. Si un titre que je recherche n’y est pas je me tourne vers l’occasion. La reconnaissance du travail des auteurs est un point important mais même si j’avais un peu plus de moyens, je rechignerais à débourser plus de 15€ pour qu’un dixième seulement revienne à l’auteur. Les marges des maisons d’édition me semblent disproportionnées et je ne veux pas cautionner cela.

  26. Merci pour ces réflexions! Je trouve ça très intéressant de peser le pour et le contre comme tu l’as fait… Tu viens d’élargir mon champ de compréhension de ce qui peut se cacher derrière un choix ou un autre ! Pour ma part, je privilégie les livres d’occasion (tourner des pages jaunies remplies d’une police d’écriture désuète, enveloppées dans une couverture vieille et moche, ça me donne l’impression de renouer avec une pratique « authentique » de la lecture, je sais pas si c’est juste bizarre ou pas comme sentiment haha) ; sinon, en librairie! Quand j’ai fini de lire un livre que je ne relirai pas, j’essaie de le revendre pour en racheter un autre (économies, économies) en librairie ; et si personne n’en veut, et bien il part à la boîte à livres! Même si j’ai encore un peu de mal à me séparer des ouvrages même quand je sais que je ne les relirai probablement jamais… Trop attachée aux objets!

    Passe un bon week-end :)

  27. Bonjour :)

    Ton article est très intéressant. Je suis bibliothécaire, et j’aimerais préciser quelque chose : les médiathèques se fournissent très régulièrement dans les librairies de la ville ! Et tout cela dans un souci de ne pas les concurrencer et de justement les faire vivre. Des partenariats sont souvent mis en place entre ces deux acteurs de la chaîne du livre.

    Les médiathèques sont de formidables endroits : elles participent à l’accès à la culture pour tous, réduisent l’impact écologique et font vivre les petites communes comme les grandes villes.

    Belle soirée à toi :)

  28. Mon dieu, je crois que je ne prends réellement conscience du problème écologique de la sur-production du livre qu’à la lecture de ton article et de ses commentaires !
    Grande lectrice, sans doute boulimique, depuis l’enfance, j’ai toujours considéré comme naturel de conserver mes acquisitions chez moi. Petite, j’étais inscrite en bibliothèque municipale, mais mes parents nous emmenaient souvent le dimanche au marché des bouquinistes, quai de Saône à Lyon : c’était mon paradis ! Avec mon argent de poche, j’y ai constitué ma collection de livres de la Bibliothèque Rose puis Verte puis les livres Rouge et Or et les classiques des Contes et Légendes. Au lycée puis durant mes études, j’y ai acheté ma collection de livres de Budé (édition de livres gréco-latins bilingues). Ces livres sont encore chez moi, ils m’ont suivie partout et ont même traversé la France. Quand j’étais célibataire et sans enfant, une partie conséquente de mon budget mensuel pouvait être attribuée à l’achat de livres, une centaine d’euros voire parfois plus, pour des livres neufs la plupart du temps et toujours choisis dans des librairies indépendantes car c’était mon plus grand plaisir de prendre le temps d’y farfouiller. De toutes ces années, c’est la conscience du prix de l’oeuvre, de la défense du droit d’auteur et de la sauvegarde des métiers du livre qui s’est solidement accrochée à mon esprit, et non celle de l’impératif écologique.
    J’ai du mal à réfléchir sur cela et pire, à envisager de modifier ma consommation, qui aujourd’hui, se partage entre l’emprunt de livres en médiathèque pour mon fils et moi, au CDI du lycée où j’enseigne et en librairie pour mon compagnon, gros lecteur aussi. Je n’achète plus que très rarement des livres neufs ou d’occasion pour moi.
    Mais nos bibliothèques débordent et justement nous venons d’acheter notre premier appartement choisi, en autre, parce qu’il a la possibilité de créer une grande bibliothèque sur l’un des murs du salon. C’est notre rêve ! Sans doute égoïste et peu écologique… Mais qui entre pour une part fondamentale dans ma perception du bonheur, alors … l’objectif aussi avec cette bibliothèque est de restreindre le rangement des livres exclusivement au salon et plus dans la chambre ou le couloir.
    Dans mon métier, je sensibilise énormément mes élèves à l’objet livre, je diffuse l’adresse du site Placedeslibraires, nous faisons régulièrement cours au CDI qui est superbe et avec des commandes mises à jours souvent et enfin le lycée a participé trois ans au Prix littéraire Paca des lycéens et des apprentis avec l’agence du livre de la région Paca. Ce fut pour eux comme pour nous une expérience incroyable. On a pu voir de près la richesses et la variété des métiers du livres, rencontrer des auteurs au lycée et en librairie.
    Bref. Merci encore une fois pour ton article qui interroge ma pratique et me fait évoluer.

  29. Je suis une grande acheteuse de livres, que je donne ensuite à la bibliothèque du village de mes parents (je pourrais en donner davantage, je n’ai plus de place sur les étagères). J’échange aussi beaucoup avec mes collègues, j’emprunte au bibliobus… La liseuse ne me sert qu’en voyage, pour être plus légère.

  30. Bonjour Victoria,

    Merci pour cet article pertinent et structure comme d’habitude.

    En ce qui me concerne le poids du livre influe grandement sur mes choix d’achat. Je demenage tres souvent et voyage beaucoup. J’ai remarque que beaucoup de livres lifestyle sont beaucoup plus lourds que la moyenne et donc je ne les achete pas car je sais qu’ils seront contraignants a transporter.

  31. Bonjour Victoria,

    Merci pour ton article qui a le mérite de poser les termes du débat et d’ouvrir à l’interrogation.
    Pour mon « portrait lectrice », je lis assidûment depuis longtemps et je me suis récemment convertie à la liseuse (mais heureusement sans que cela ait exigé de moi de renier le livre papier !). J’ai peu fréquenté les bibliothèques étant jeune mais ai été très tôt sensibilisée au sujet des moyens de la lecture car j’ai pu profiter des livres achetés d’occasion par mon père lorsqu’il était étudiant (on prend soin de ses affaires dans la famille ! :) ). Et puis il y a 2 ou 3 ans, j’ai « pris ma carte » à la bibliothèque, avec un vrai sentiment d’engagement car c’est un lieu où je me sens bien et qui porte des valeurs que je partage. En revanche, lorsque j’achète, je le fais principalement à la Fnac, essentiellement pour des raisons de praticité.

    Par contre, j’ai découvert tout récemment un concept à la croisée de certaines choses que tu illustres dans ton article, et qui a défini pour moi une nouvelle « routine lecture » qui présente beaucoup d’avantages, du mois dans mon cas : la bibliothèque numérique !

    En effet, avec l’acquisition de ma liseuse il y a quelques mois, plus que la lecture, j’ai surtout re-découvert… la bibliothèque ! Enfin, plus exactement, la bibliothèque en ligne. Avec ma liseuse, je profite des avantages de la bibliothèque sans l’inconvénient majeur pour moi que sont les horaires d’ouverture. Cette solution me convient parfaitement pour le moment : ma liseuse est parfaite pour mon temps de trajet quotidien (transports en commun), j’emprunte des livres quand je le souhaite et j’appartiens toujours à une communauté d’usagers qui tient à la bibliothèque. C’est aussi l’occasion de laisser sa chance à des livres que je n’aurais ni achetés ni empruntés physiquement parce que trop risqués, trop lourds, trop contraignants à rendre…

    Enfin, et ce depuis longtemps, lorsque j’ai un vrai coup de cœur, j’achète le livre pour pouvoir le relire (je relis beaucoup), l’exposer (je suis aussi attachée à l’objet « bibliothèque ») et surtout le partager.

    Evidemment cette consommation n’est pas parfaite non plus (protection des copies numériques, mêmes problèmes de serveurs & consommation d’énergie et pas de livres en VO dans ma bibli num) et toutes les villes n’en ont pas mais je trouve que cette pratique mérite de figurer parmi les options existantes. Je n’en avais jamais entendu parler avant de me poser la question une fois la liseuse entre les mains et je me suis dit que si j’avais su, j’aurais sans doute changé plus tôt :)

    C’est la première fois que je commente sur ton blog, c’est aussi l’occasion de dire que j’apprécie ta mesure et ta transparence ! Merci pour la qualité de tes articles.

  32. C’est un réel débat que je partage aussi. Les livres sont très présents dans ma vie et difficile de faire sans. Pour des raisons écologiques et éthiques je me suis inscrite en bibliothèque. Mais dès que j’apprécie énormément un livre, je n’hésite pas ensuite à aller l’acheter.

  33. Récemment inscrite en bibliothèque, je trouve le système super bien rodé et surtout très pratique pour lire à moindre coût. Effectivement, je n’avais pas pensé à la rémunération des auteurs qui reste faible dans ce circuit.

  34. Bonsoir à toutes !

    J’hésitais à commenter, me disant que ce serait un commentaire de plus perdu dans la masse.
    Mais finalement je pense que c’est nécessaire de le faire, même si seulement 3 ou 4 lectrices me liront.

    Je suis libraire, et j’aimerais juste vous dire à quel point c’est important pour les libraires indépendantes que vous veniez acheter vos livres en librairie. Il en va de la survie des librairies !
    La librairie dans laquelle je travaille est en réelle difficulté, et ce principalement due à la concurrence d’Amazon. Il est possible que dans quelques mois, ou années, nous devions déposer bilan.

    Evidemment qu’il est confortable de commander ses livres sur Amazon, livraison en 24 ou 48h, livres parfaitement neufs, et tout ça en restant chez soi. Mais pensez à nous, équipe de libraires qui essayons de vous conseiller, de vous donner envie, de bien présenter une table, pour mettre en avant un éditeur ou une collection de livres qui nous tient à coeur. Nous prenons du temps à écrire des petits coups de coeur à la main pour vous convaincre d’ouvrir un livre !
    C’est justement ces services que vous ne trouverez pas sur Amazon ou à la Fnac. Et nous espérons encore que ce sont ces petits gestes qui vous feront encore venir en librairie aujourd’hui et demain.

    Avec la présence de nombreux comptes instagram, de blogs, de vidéos Youtube autour du livre, vous avez désormais de multiples conseils autres que ceux venant de libraires, et c’est une très bonne chose ! Plus il y aura de conseillers littéraires, plus la lecture sera mise en avant !
    Mais essayez de penser à venir en librairie plutôt que de cliquer sur les liens Amazon/Fnac… Il existe même des librairies indépendantes qui proposent des envois postaux, si jamais vous êtes en zone reculée.

    Merci pour votre soutien <3

    PS : Victoria, c'est moi qui t'ait proposé de t'envoyer un livre par mail, n'hésite pas à me faire signe si tu es tentée :)

    • Bonjour,

      J’ai lu votre commentaire qui m’a particulièrement touchée. J’ai toujours baignée dans l’univers des livres ( grâce à qui on ne sait pas je suis un alien dans la famille ahah), et ils sont essentiels dans ma vie. Je comprends très bien votre position et je vous soutiens entièrement. Personnellement les rares fois où je commande sur Amazon ( c’est vraiment rare je dois en avoir 3 sur plus de 400), c’était pour les livres d’occasion. Pour payer un peu moins certains livres, tout en achetant neufs les autres, que j’essaye de faire dans des petites librairies. Je suis tellement contente de me dire que mon argent permet à une petite entreprise de vivre, sans forcément prospérer, je connais pas mal le commerce, ma mère était restauratrice, je bosse dans une boutique de vêtements et mon père a une entreprise. C’est tellement valorisant! Les librairies indépendantes sont comme les petites boutique ( où je travaille). On reçoit du conseil de la part de passionnés et de personnes formées. A la Fnac effectivement les rares vendeurs qui se baladent, n’ont pas vraiment l’air renseignés, et je préfère me débrouiller par moi-même là-bas. Dans des librairies telles que la vôtre, les vendeurs sont là pour vous et j’ai eu des conversations si intéressantes avec eux! Même lorsque j’étais plus jeune, on m’a dissuadée de vouloir être libraire, déjà à cause de la précarité que commençait à devenir ce travail et c’est si triste. Il faut vraiment faire prendre conscience de ça aux gens, aux vrais amoureux du livre ce sera déjà ça, mais c’est compliqué…
      PS: Il faut que je me force à ne plus entrer dans la Fnac et à acheter plus intelligemment!

      Bon courage à vous en tout cas!

      Laura

  35. Merci Victoria pour ce très bel article ! Enfin un article sur la consommation de livres dans lequel je me retrouve presque à 100 % !
    Je suis une lectrice assidue et, en plus d’aimer lire, j’aime l’objet ! Donc j’ai dû mettre en place un budget et une liste de « priorités » dans mes achats.
    J’achète en très grande partie dans les librairies indépendantes, hors de question pour moi de faire appel à Amazon, la Fnac en dernier recours, mais c’est extrêmement rare, car les librairies ont aussi la possibilité de commander, ce qui est assez pratique.
    Au delà de ça, j’aime chiner dans les librairies d’occasions de vieilles éditions de mes classiques préférés…
    Il est parfois indispensable de faire un tri dans ma bibliothèque, et là plusieurs options se présentent… Le don, aux copines ou dans les « boîtes à lire » de la ville, aux librairies spécialisées… Et puis parfois, si vraiment le livre est vieux et n’intéresse personne, je lui donne une autre vie en l’utilisant pour de la déco… Le papier jauni est super pour faire de jolies guirlandes de Noël, et certaines couvertures peuvent servir de pochettes à secrets… Quand notre imagination leur permet d’avoir un nouveau souffle …

    Merci pour tous tes partages !

  36. Victoria, tu sais qu’il existe à Amsterdam une librairie française, Le Temps Retrouvé, où on peut commander les livres au même prix qu’en France, et sans frais de livraison. Et hop, on fait travailler un libraire, et ça nous coûte la même chose que si on était à Paris, Lyon ou Plessix-Balisson ! Fini la livraison Amazon, le carton, les frais, etc.

    • Coucou Marine ! Oui bien sûr, j’adore cette librairie, et j’apprécie vraiment que le coût des livres soit le même qu’en France ! J’ai d’ailleurs déjà commandé chez eux à l’occasion, mais j’ai dû attendre une dizaine de jours pour recevoir mon exemplaire. De toute évidence, c’est parfait quand on n’est pas pressé, mais moins pratique si on l’est – d’où le fait que je recoure à d’autres services selon la situation :)

  37. Je suis totalement d’accord avec toi, je fais également de plus en plus attention à ma consommation de livre. Mais depuis toujours j’achète mes livres d’occasion sur internet ou dans les vide-greniers, ce qui permet de donner une deuxième vie aux livres ! De plus, j’adore fouiller dans la bibliothèque libre échange de ma petite épicerie, je prends parfois des livres qui ne m’attireraient pas du tout si je devais les acheter !

    Merci pour ce très bel article, comme toujours.

  38. Vivant en Angleterre j’achete beaucoup mes livres en charity shop ( et les donne en retour). Sinon on m’en prete quelques uns et j’achete sur ma liseuse car c’est pratique pour lire le soir ( j’ai le modele retro eclairee) sans deranger, pratique pour les gros volumes. Et parfois je commande mais devenue vraiment adepte des charity shop, j’ai plus de livres a lire que de temps pour les lire! Je reserve quelques titres francais comme les Romans graphiques ou BD pour ma liste de Noel.
    Ce n’est pas qu’une question de recyclage ou d’economie, c’est un tout et meme si j’adore les livres, je ne veux pas tous les garder ni payer une fortune pour un format poche quand les livres d’occasion sont disponibles. A Paris j’aimais Gibert Joseph justement pour cela.

  39. Bonjour Victoria, je te lis depuis déjà longtemps mais je crois bien que je n’avais jamais osé commenter. Ce sujet me tenant particulièrement à cœur me pousse à vaincre ma timidité. Effectivement, je me suis interrogée sur la façon de « consommer » ( je n’aime pas ce mot pour les livres ) qui serait raccord avec mes convictions et ce que j’essaie de mettre en œuvre pour d’autres biens. Mon premier commandement ( pour moi ) est de ne JAMAIS acheter un livre dans la grande distribution, ni sur AMAZON ( rapport aux conditions de travail des salariés ) , sinon pour les auteurs que je suis et que j’ai envie de soutenir, j’achète chez mon libraire. Pour les classiques ( les auteurs morts …) , j’achète en bouquinerie, ces deux modes de consommations permettent à mon sens de soutenir les petits commerçants de nos centres villes. Pour les cadeaux, c’est toujours en librairie. Et au risque de passer pour un dinosaure, je ne lis jamais de livres sur un écran, le toucher du livre faisant pour moi partie du plaisir éprouvé à la lecture.

  40. Je suis hors cadre sur cet article ! J’achète très peu de livres, je n’ai pas la place de stocker ma consommation, et puis avec mes 3 enfants le budget serait énorme. Eux en achètent de temps en temps ou s’en font offrir. De mon côté je n’aime posséder que les ouvrages qui m’ont marquée durablement.
    Pourtant nous sommes de « grands » lecteurs mais nous fréquentons assidûment la médiathèque (gratuite d’ailleurs) de ma ville. Nous l’avons connue il y a 10 ans en arrivant, elle était minuscule et logée dans une petite maison du bourg. Depuis plusieurs années un centre culturel a été construit, et on y a retrouvé avec plaisir la bibliothécaire « historique » et fait connaissance avec les nouveaux. On nous reconnaît, et l’endroit est extrêmement agréable.
    La seule exception étant mon mari : je lui ai offert une kindle à noël dernier et il ne peut plus s’en passer ! Il lit essentiellement des ouvrages spécialisés sur ses domaines professionnels de prédilection. Ce format l’a « libéré » : il en lit souvent plusieurs à la fois, et il finissait souvent par acheter sur internet, car en librairie indépendante il ne trouvait rien en stock, devait commander. Là il le commande et le télécharge en quelques minutes, et souvent moins cher : impossible de faire mieux pour ce grand impatient !

  41. Article très intéressant! J’essaye d’avoir un leitmotiv depuis quelques mois, un peu ce que tu disais, celui de privilégier les petites librairies pour les encourager. Malgré cela, je me retrouve quand même souvent à la Fnac à acheter deux Atwood comme aujourd’hui… Question de praticité, tout est sous le nez, il y a un choix énorme, tandis que les petites librairies de ma ville, ne sont pas aussi pourvues. J’ai enfin une explication à mon questionnement de pourquoi les livres n’étaient jamais en promos! A cause de cette loi… Que je trouve loin d’être stupide, étant la première à défendre l’industrie et les métiers du livre ( je souhaitais être libraire, puis éditrice étant plus jeune), je me suis même mis à l’écriture, mais comme tu le dis, certains coûtent cher… Par exemple récemment tellement de titres m’intéressent! Le dernier Pancol, Dan Brown, Bussi, Werber et j’en passe… Mais si je prenais les quatre j’en serai à plus de 100€! Et je les lirai en un peu plus d’un mois donc cette passion coûte cher. Mais comme tu le disais aussi, c’est aussi choisir où on souhaite mettre son argent. Je préfère m’acheter 6 livres pour 50€ que de les dépenser d’une manière plus futile, car je sais pertinemment que j’en aurai l’utilité et que je les garderai. De façon générale, j’achète surtout neuf, bien que j’en ai de plus en plus des occasions, en bon état cependant, je fais toujours attention. J’aime bien l’idée que le livre soit neuf et rien qu’à moi, mais l’aspect « occasion » est plus abordable et je m’y suis faite.
    En tout cas, il y a beaucoup de questionnements à propos de tout ça, et je trouve ça très intéressant que tu t’intéresses à certains de ces aspects 😀

    Laura

  42. Hello Victoria,
    Merci pour cet article très complet et intéressant. C’est vrai que la production de livres coute cher, le prix uniques des livres est aussi plutôt élevé. Notamment pour des ouvrages comme des romans qu’on ne lit en général qu’une fois, ou en tout cas pas tous les ans ! Malheureusement en France, le marché de l’édition est en baisse depuis plusieurs années, et la vérité est que les livres numériques ont peine à décoller. Finalement la population a trouvé de nouveaux centres d’intérêts, ce que je trouve dommage. D’une part car lire permet de faire le vide, et d’autre part car il existe tellement de formats : romans, magazines, mangas, BD, livres de cuisine/jardinage/bricolage/activités physiques et autres..
    Pour ma part, j’adorais lire, et j’ai beaucoup de mal à m’y remettre en dehors des périodes de vacances. Ça me désole mais mon cerveau a beaucoup de mal à se déconnecter (d’où mon intérêt pour le yoga et de plus en plus pour la méditation). En tout cas je n’arrive pas à me détacher des livres papiers, le toucher est un sens essentiel dans l’expérience de lecture. Et même si je sais que cela a un impact écologique, je ne m’imagine pas du tout lire avec une liseuse numérique. J’ai un peu honte de moi, mais je compense avec d’autres actions écologiques et zéro déchet :)
    Bise,
    Claire

  43. Alors là, merci beaucoup pour cet article Victoria ! Il m’éclaire sur pas mal de sujets et en même temps me rassure sur ma propre consommation.
    Je jongle également entre achat de livres neufs, achat d’occasions et bibliothèque. Mon fiancé a une liseuse que je pique parfois mais j’aime teeeellement le contact du papier, c’est dur pour moi de m’y faire …
    Honnêtement, ma 1e motivation pour obtenir mes livres par différents moyens est avant tout de faire des économies, pcq les livres neufs, même si on prend que des poches, ça revient cher ! Mais en même temps ça me pousse à avoir une consommation un peu plus responsable, je revends ou donne tous les livres que je n’ai pas aimé, j’achète d’occasion de vieux romans et je vais à la bibliothèque pour faire des découvertes, pour lire des romans que je n’ai pas forcément envie d’avoir dans ma bibliothèque. Mais pour mes chers livres de fantasy, là je craque pour le neuf et les éditions qui coûtent un bras :D
    En tout cas ton article me pousse à être plus consciente encore de ma conso, notamment pour ce qui est de la rémunération de l’auteur, problématique qui me touche. Merci !

  44. Super article! Tu as vraiment balayé le sujet dans son ensemble.
    Personnellement je suis libraire et j’invite régulièrement mes clients à aller en bibliothèque quand leur porte monnaie les freine pour de nouvelles découvertes.
    Et puis les bibliothèques ne nous font pas de concurrence, au contraire 😊
    Premièrement plus les gens lisent (gratuitement, d’occasion, etc.) plus ils achètent des livres.
    Deuxièmement les bibliothèques (quand elle ne le font pas en centrale d’achats 😱) achètent leurs livres en librairie. Plus elles ont de la fréquentation plys elles ont de budget.
    C’est aussi pour ça que le métier de libraire est si important on conseille à nos clients des livres qui sortent des sentiers battus, on défend une production littéraire variée et libre en lui donnant de la visibilité dans nos librairie et auprès des bibliothécaires 😊

  45. Pingback: C’est le 1er, je balance tout ! #10 – Histoires vermoulues

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