Cet été, plus précisément au mois de juillet, je fêtais mes 10 ans de vie à Amsterdam. Eh oui ! Il y a toute une décennie déjà, je rejoignais mon compagnon dans la capitale néerlandaise après 5 ans à Barcelone, profitant d’une opportunité professionnelle inattendue de son côté.
Dès mes premières balades, je sentais que le mode de vie et l’ambiance dans cette ville allaient énormément me plaire; je n’aurais jamais cru cependant que nous y resterions aussi longtemps !
À l’occasion de cet anniversaire symbolique, j’ai pensé qu’il serait intéressant de revenir sur l’expérience d’habiter ici – ce qu’elle a de bon, de moins bon, et la façon dont les choses ont évolué depuis tout ce temps. Suis-je aussi enthousiaste aujourd’hui qu’au moment de mon premier anniversaire de vie sur place ?
C’est ce que nous allons voir dans cet article !
NB: Il s’agit ici de mon opinion personnelle, fondée sur mon vécu et mon ressenti. Par définition, cette opinion est subjective et ne prétend pas refléter la réalité de la vie ici dans son ensemble. D’autres personnes auraient certainement un avis un peu différent du mien – et nous pouvons en discuter en commentaire si vous le souhaitez !

LES POINTS POSITIFS
▶︎ La qualité de vie. C’est mon argument principal en faveur d’Amsterdam, même si je reconnais qu’il est un peu vague: la vie ici est très douce, surtout en comparaison de nombreuses autres capitales européennes beaucoup plus stressantes. Cette impression résulte, je crois, d’un mélange de différents facteurs: la taille humaine de la ville, l’omniprésence de nature (beaucoup de parcs foisonnants, mais aussi beaucoup de fleurs en ville), la sécurité (taux de criminalité très bas, pas de harcèlement de rue…), le trafic routier beaucoup plus limité que dans d’autres grandes villes, le rythme de vie assez sain (avec des horaires moins étendus qu’en France et un bon équilibre pro/perso), l’état d’esprit des Néerlandais (assez tolérants, amicaux, libéraux, efficaces et sans chichis), et peut-être même leur goût pour les intérieurs cosy et bien décorés.
▶︎ L’opportunité immobilière que nous avons eue. La situation a changé entre temps, mais au moment de notre arrivée, le système dans sa globalité incitait à acheter un logement plutôt qu’à louer: salaires plus élevés qu’en France, taux d’emprunt très bas, tendance des banques à accorder facilement des prêts, aides financières conséquentes pour les primo-acquérants, et prix encore relativement corrects pour une grande capitale d’Europe. C’est grâce à ce contexte favorable que nous avons pu acheter un appartement récemment rénové dans un quartier proche du centre, doté d’une terrasse rooftop, avec… 0€ d’apport, et des mensualités nettement plus basses que ce que nous payions auparavant en louant une surface équivalente. En France ou à Barcelone, il aurait été inenvisageable pour nous d’accéder à la propriété à ce stade !
▶︎ L’offre culturelle, commerciale et gastronomique. Malgré sa taille modeste, Amsterdam offre une quantité et une diversité impressionnante de loisirs et de culture, équivalente à d’autres grandes capitales. L’offre gastronomique est excellente: très internationale, qualitative, créative, avec beaucoup d’options vegan et végétariennes, et toutes les dernières tendances à portée de main. La culture du café est très importante ici aussi, avec un grand nombre d’options de cafés de spécialité proposant également matchas et pâtisseries maison. Côté shopping, les petites boutiques indépendantes ne manquent pas pour faire face aux grandes chaînes habituelles, avec là aussi beaucoup d’options originales et qualitatives pour tous les goûts. Enfin, les passionné.es d’art ont de quoi satisfaire leur curiosité grâce aux fabuleuses expositions proposées dans les musées principaux de la ville (Van Gogh, Rijksmuseum…), aux cinémas indépendants, et autres structures culturelles !
▶︎ La mobilité et les transports. Je trouve les transports publics globalement plus agréables que le métro parisien, londonien ou barcelonais: la plupart du réseau fonctionne avec des trams, qui sont plutôt propres et bien entretenus, et bénéficient comme les bus du plaisir de la lumière naturelle et des paysages urbains – l’efficacité en plus. Le métro, quant à lui, est très moderne. Il y a peu de disruptions sur les lignes, peu de retards importants, et la fréquence est très correcte. Mais Amsterdam, c’est aussi bien sûr le vélo: parce qu’il est assez sûr de pédaler ici (beaucoup d’infrastructures dédiées aux cyclistes, respect de la part des automobilistes…) et que la plupart des distances sont courtes, cette option est largement adoptée par la population, ce qui participe à l’ambiance générale. À mon sens, le vélo permet un rapport complètement différent au tissu urbain, avec une sensation de liberté qui réduit infiniment le stress par rapport au règne de la voiture.
▶︎ La situation géographique. Pour quelqu’un qui a des attaches à Paris et dans différents pays du Nord, Amsterdam est idéalement située en Europe: le trajet pour revenir à Paris n’est pas trop long (3h20 en Eurostar), et les connexions vers la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni etc… sont faciles également, autant par la route que par le train. Si besoin, l’aéroport de Schiphol est l’un des plus grands d’Europe, avec une offre extrêmement fournie. Au sein des Pays-Bas enfin, la ville est assez bien placée, d’autant que le territoire national est petit: beaucoup de beaux lieux à découvrir se situent à une distance entre 30 min et 1h30 de route ou de train (autres villes, plages, campagne, réserves naturelles, collines du Limbourg, îles sauvages des Wadden…).
▶︎ La communauté internationale. À Amsterdam, en tant que migrant ou « expatrié », on est loin d’être minoritaire: connue pour attirer une main d’oeuvre internationale grâce à des avantages fiscaux (cependant réduits depuis quelques années) et siège de nombreuses multinationales, la capitale abrite beaucoup de ressortissants étrangers: environ 37% de sa population. C’est l’une des raisons pour lesquelles on entend énormément parler anglais par ici ! La communauté francophone est assez importante également, et surtout, elle est active, avec plusieurs réseaux d’entraide et de promotion culturelle, ainsi que des commerces en ville: si on le souhaite, il y a de quoi faire des rencontres et participer à des activités en français tout au long de l’année.
▶︎ L’amour des toutous. Je trouve Amsterdam particulièrement dog friendly – surtout en comparaison de Paris. Les chiens de toutes tailles sont autorisés dans les transports publics (bus, tram, train etc…), souvent sans frais supplémentaires, ainsi que dans la grande majorité des cafés et restaurants; de ce fait, un habitant sur cinq possède un chien, et beaucoup d’entre eux prennent part à la vie du centre-ville. Les services associés (promeneurs de chien, dogsitters, toilettage, vétérinaires etc…) ne manquent pas pour satisfaire toute cette clientèle ! Nous bénéficions aussi ici d’un excellent choix de promenades puisque la ville est très verte: tous les parcs acceptent les chiens, et la plupart proposent une zone où ceux-ci peuvent être lâchés toute l’année – parfois dans la presque totalité de l’enceinte, comme au Beatrixpark.
▶︎ La météo (parfois). Le climat néerlandais est LE sujet qui revient le plus souvent lorsque j’évoque ma vie ici: beaucoup de gens en ont une image atroce. Après 10 ans, je ne suis pas aussi catégorique. Au contraire, je peux par exemple affirmer que j’adore la belle saison à Amsterdam ! Il y a souvent beaucoup de journées ensoleillées, ou suffisamment changeantes pour qu’on puisse profiter des rayons pendant quelques heures; les températures tournent autour de 20ºC (hors périodes de canicule), donc on n’a pas trop chaud; la nature est particulièrement luxuriante grâce aux bonnes réserves d’eau; et enfin, les heures de jour sont très longues (6h-22h au mois de juin), ce qui permet d’en profiter pleinement. J’aime aussi beaucoup l’automne qui, bien que pluvieux, sied joliment aux couleurs de la ville.

LES POINTS NÉGATIFS
▶︎ L’énorme augmentation du coût de la vie. Depuis la guerre en Ukraine, l’inflation s’est particulièrement fait sentir aux Pays-Bas en raison des politiques économiques très libérales du gouvernement: les taux atteignaient ici l’équivalent des pays les plus fragiles d’Europe de l’Est. Aujourd’hui encore, les prix de l’électricité ou de l’alimentation restent nettement supérieurs à ce qu’ils étaient il y a quelques années, et continuent d’augmenter (environ 4-5% par an). En parallèle, le marché immobilier aux Pays-Bas, déjà sous tension depuis longtemps, atteint actuellement des niveaux inédits – en particulier dans la capitale. Dans la plupart des quartiers d’Amsterdam, les prix de mise en vente tournent désormais autour de 10.000€/m2 – base sur laquelle il faut ensuite enchérir, avec des offres qui atteignent régulièrement 25% au-dessus du prix demandé. Il en va de même pour les loyers, qui ont explosé: comptez environ 2500 à 4000€ pour un appartement de 70-80m2 en centre-ville, sachant que là aussi, un système d’enchères peut avoir lieu. Bref, à moins de décrocher un excellent salaire, le coût de la vie amstellodamoise risque de devenir prohibitif.
▶︎ La barrière de la langue. À Amsterdam, l’immense majorité des gens parle anglais, même dans l’administration et les services: il est par conséquent assez facile de vivre ici sans aucune notion de néerlandais, ou presque, surtout lorsque l’on évolue principalement dans des cercles d’expatriés ! Toutefois, à mon sens, ne pas maîtriser la langue locale limite notre rapport à la société qui nous entoure: on passe à côté des petites conversations spontanées dans les magasins ou dans le tram, on n’a pas les mêmes références télévisées ou littéraires… Forcément, cela crée une forme de semi-intégration, avec des contacts certes cordiaux mais pas de connaissance poussée. Avoir des collègues néerlandais, ou des enfants qui vont à l’école locale, peut grandement aider à approfondir cette découverte – mais je crois que pour se sentir pleinement intégré.e ici, et bénéficier de tous les liens sociaux possibles, un effort linguistique est essentiel. Or, autant se le dire, le néerlandais n’est pas une langue facile !
▶︎ L’augmentation des nuisances. Le taux de criminalité aux Pays-Bas reste très faible, mais depuis quelques années, le ressenti général ici est celui d’une hausse des incivilités et de la violence. Les nuisances causées par le sur-tourisme (bruits, odeurs, insécurité, saleté…) sont régulièrement soulignées dans le débat politique, au point qu’une campagne visant à dissuader les jeunes britanniques de venir visiter la ville a été lancée en 2024. Autre exemple, le problème des « fat bikes » (gros vélos électriques puissants, souvent conduits par des adolescents), dont l’usage se multiplie depuis quelques années, a fait chuter la sensation de sécurité sur les pistes cyclables. Plus grave, on constate aussi dans la capitale une nette hausse de la violence des jeunes, et notamment des règlements de comptes entre gangs – même s’ils sont souvent cantonnés à des quartiers bien précis. Malgré un climat global considéré comme sûr, ces faits minoritaires ternissent irrémédiablement le ressenti des habitants.
▶︎ La grisaille. D’accord, d’accord, c’est vrai: durant toute une partie de l’année, la météo d’Amsterdam n’est pas la plus plaisante. Ce n’est pas non plus la pire du monde: nous avons par exemple la chance d’avoir des hivers relativement doux, avec peu de gel. Et si les journées de novembre à février sont courtes, elles le sont moins qu’en Suède ou en Écosse par exemple ! Il faut reconnaître cependant que la grisaille est très courante en automne-hiver par ici: 70% du temps, le ciel est nuageux (voire carrément bas et lourd), le vent est puissant, et il pleut régulièrement. Pas un super combo pour le moral ! Les Néerlandais compensent ce climat avec un équipement imperméable de compét’, de l’humour, et bien sûr, toutes les occasions possibles de se réunir en intérieur autour d’un verre ou d’un café, pour rendre les soirées moins longues. C’est un bon exemple à suivre, mais parfois, il faut le dire: on aimerait voir un peu plus de ciel bleu !
***
CONCLUSION
Malgré quelques aspects indésirables, je reste après 10 ans une grande amoureuse d’Amsterdam: c’était, et c’est encore, une ville où il fait vraiment bon vivre ! Si j’avais initialement imaginé faire suivre cette expérience d’une expatriation au Royaume-Uni (tombée à l’eau à cause du Brexit), je suis ravie du quotidien que nous avons ici, et de tout ce que nous y avons construit.
Il est d’ailleurs regrettable que l’augmentation du coût de la vie soit devenue prohibitive pour autant de foyers, qui n’auront malheureusement plus les mêmes opportunités que nous. Habiter ici reste très plaisant, parfait mélange des avantages d’une capitale avec la qualité de vie d’un grand village – mais les nouvelles installations sont désormais réservées aux personnes qui ont des revenus très confortables…
En ce qui nous concerne, après autant d’années au coeur de la ville, nous nous sentons désormais prêts à rejoindre un environnement un peu plus calme – mais pas encore à quitter cette région que nous adorons. Une nouvelle étape se prépare donc en coulisses ! Affaire à suivre…
Quelle image avez-vous de la vie à Amsterdam ?
Est-ce une expérience qui vous tente ?
65 commentaires
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