Arrêter la viande: mon expérience

Je n’en parle pas beaucoup, mais vous l’avez sans doute remarqué si vous me suivez régulièrement: je ne mange plus de viande depuis de nombreux mois.

D’abord sensibilisée par les problèmes sanitaires et environnementaux générés par l’élevage intensif, je me suis petit à petit informée et ai décidé d’adapter mes choix de consommation à ces nouvelles connaissances, en essayant de vivre selon ce que je jugeais juste. L’aventure du végétarisme est passionnante, mais parfois peu connue ou mal comprise dans une France dont la gastronomie est entièrement basée sur les produits animaux, et particulièrement les produits carnés. En réalité, ce sont tous les dessous sales de l’industrie agroalimentaire qui sont largement occultés dans nos pays, ainsi que l’existence d’excellentes alternatives, donnant à ceux qui renoncent à la viande une image un peu étrange, au mieux de hippie alternativiste, au pire de mauvais vivant ascétique.

Je ne suis pas une militante dans l’âme, mais ce sujet, encore une fois souvent mal apprécié, me tient assez à coeur pour me donner envie de le partager avec vous aujourd’hui. Au contraire d’une révélation soudaine, ma démarche vers une alimentation plus végétale s’est faite tout naturellement, en douceur, au fil de différentes étapes qui m’ont aidée à enraciner de nouvelles habitudes satisfaisantes dans ma vie quotidienne. Je vais essayer aujourd’hui, sans porter aucun jugement sur vos propres choix, d’expliquer les raisons de mon évolution et d’offrir un témoignage à celles ou ceux que ce cheminement intéressent, par curiosité ou par volonté d’engagement personnel.

Attention, je n’ai pas l’intention ici d’exposer en détails tous les arguments en faveur du végétarisme. Ils sont très nombreux, autant pour notre santé que pour le bien-être animal ou la préservation de l’environnement, et vous pourrez facilement vous en informer par vous-mêmes. Cet article doit davantage être considéré comme une transcription de mes propres réflexions et de mon expérience. J’espère que cela pourra vous intéresser!

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L’origine de ma décision

Depuis toute petite, je voue un amour émerveillé aux animaux; j’aime interagir avec eux, les observer, les éduquer, et apprendre tout un tas de choses à leur sujet (les livres sur les chiens, les chats, les animaux de la ferme et les rapaces constituaient la grande majorité de ma bibliothèque d’enfant).

Pourtant, si je n’aime pas l’idée que les animaux meurent, comme beaucoup de personnes le fait de manger de la viande en soi, comme concept, ne me choque pas plus que ça. C’est un acte qui correspond à mes yeux à une logique de la nature, que l’on ne peut pas juger d’un point de vue moral. Il s’agit à l’origine d’un processus naturel, qui existe entre de nombreuses espèces, et nous a permis de nous nourrir et nous construire. Après tout, la chaîne alimentaire est précisément ce qui maintient l’écosystème en équilibre! (Notons tout de même qu’en se confrontant à la réalité, ma sensation est autre: j’ai des souvenirs nauséeux de l’odeur du sang dans les boucheries, ou d’une traumatisante visite du hangar de produits carnés à Rungis.)

En revanche, mon acceptation théorique de la consommation de viande perd de sa valeur face au système actuel, qui, en cherchant à répondre à la demande croissante de l’Occident et des pays en voie de développement avec un maximum de profit, fonctionne d’une manière absolument déviante et dangereuse, autant d’un point de vue sanitaire qu’éthique.

Un argument intéressant, qui a alimenté nombreuses de mes réflexions, est celui du veganisme, qui questionne le fait-même d’utiliser d’autres créatures à notre profit. Avons-nous vraiment le droit de nous croire les maîtres du monde, d’exploiter des êtres parfaitement sensibles et conscients, de nous approprier ce qu’ils produisent pour leurs petits, ou pire, de décider de leurs conditions de vie et de mort, tout cela pour notre propre plaisir? Est-ce que l’utilisation des animaux a encore du sens aujourd’hui, malgré nos très bonnes connaissances en nutrition et l’existence de nombreuses alternatives…? Je trouve ce point de vue particulièrement éclairant et intéressant, même s’il est peut-être un peu trop manichéen – à mon sens il est possible d’établir une relation harmonieuse et respectueuse avec les animaux, par exemple en utilisant simplement une partie de leurs produits indirects sans menacer leur rythme de vie naturel ou leur bien-être (je pense au fait d’avoir quelques poules libres dans un grand jardin, entre autres).

Malheureusement, comme je l’évoquais plus haut, ce type de relation n’est plus du tout celle du mode de vie actuel. La plupart d’entre nous vivons en ville et déléguons la traite des animaux à de très grosses entreprises dont nous ne savons rien. Loin d’être un produit gourmet, la viande est devenue, à cause de notre surconsommation et des dérives de ces grandes corporations, un produit bas de gamme réalisé dans des conditions déplorables qui ne profitent ni aux millions d’animaux tués chaque année, qui n’ont rien demandé, ni à la planète, ni aux consommateurs.

Pour en savoir plus, je vous propose de vous référer à quelques ouvrages très révélateurs sur le sujet, comme Faut-il manger les animaux, Omerta sur la viande, Plaidoyer pour les animaux… ou aux nombreux articles alarmants qui paraissent régulièrement dans la presse (par exemple celui-ci, le dernier que j’ai lu ces jours-ci). Cette vidéo d’un activiste vegan est également très intéressante, même si son discours est légèrement simpliste lorsqu’il fait le lien entre produits animaux et santé. Quelques associations de défense des droits des bêtes, comme Compassion in World Farming ou L214 Ethique et Animaux, relayent aussi des informations frappantes. Pour un côté plus personnel, n’hésitez pas à vous référer aux articles engagés de ma copine Laëtitia.

Par conséquent, même si la plupart d’entre nous n’en sommes pas conscients, consommer de la viande aujourd’hui par les canaux de distribution habituels amène à soutenir l’industrie très douteuse qu’il y a derrière, avec tout ce qu’elle comporte en termes de problèmes sanitaires (nourriture dénaturée, antibiotiques à tout va…), environnementaux (l’élevage intensif a un impact absolument terrible sur la planète) et éthiques. Même les petits producteurs respectueux qui ont le mérite de veiller au bien-être des animaux utilisent souvent les mêmes abattoirs que la filière basique, faute d’autre choix, dans lesquels les conditions sont déplorables.

Je considère pour ma part que mes choix de consommation constituent ma voix contre ce système que je ne veux pas cautionner, d’où ma démarche vers le végétarisme.

Notons qu’il s’agit bien sûr d’un choix d’action personnel et qu’il existe tout de même quelques (rares) alternatives pour être sûr de faire les choses bien, si tant est que l’on accepte de maintenir ce système de chaîne alimentaire, et donc que des animaux soient élevés juste pour être tués. Il est primordial autant pour l’avenir de notre planète, que pour notre santé et pour promouvoir plus de bien-être pour les animaux de consommer beaucoup moins de viande, et de l’acheter uniquement auprès de producteurs pouvant offrir des garanties de qualité, de l’élevage à l’abattage (pour la France, on m’a recommandé Le Boeuf d’Herbe). C’est ce que fait par exemple mon compagnon.

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L’évolution: passer d’un régime omnivore au végétarisme

Arrêter la viande, quand on en a toujours mangé et que l’on a construit sa culture culinaire autour d’elle, n’est pas un changement si évident, en tous cas pas quelque chose que l’on puisse implanter du jour au lendemain sans s’être véritablement informé. Je n’en étais pas une grande consommatrice, et pourtant, j’ai dû procéder par étapes et il m’a fallu un certain temps pour tout à fait ajuster mes apports à mes besoins.

Chaque cas est différent, bien sûr, mais de manière générale je vous recommande à mon tour de fonctionner petit-à-petit (sauf si cela ne fait pas sens pour vous), de manière à vous déshabituer progressivement, tout en incorporant de bonnes nouvelles bases dans votre assiette. Les protéines végétales offrent de nombreuses possibilités, mais il faut apprendre à les utiliser! Je crois que le fait de devenir végétarien sans savoir s’alimenter comme tel est une porte ouverte aux échecs et donc à un retour plus probable à une alimentation classique. Pour plus d’informations à ce sujet, n’hésitez pas à consulter le Guide du végétarien débutant, un document gratuit proposé par l’Association Végétarienne de France, ou des livres de cuisine dédiés au sujet, par exemple Mon premier diner végétarien, ou les titres des éditions La Plage.

En ce qui me concerne, j’ai procédé de la manière suivante:

1. Diminution de la viande dans mes repas: j’ai arrêté d’en manger tous les jours (on ne se rend pas compte mais entre les lardons, le jambon, les sandwiches, etc… en plus des vrais plats de viande, on a souvent tendance à consommer plus de produits carnés qu’on ne le croit!) pour me limiter à 2-3 fois par semaine ou moins. Je faisais attention alors à acheter une viande de la meilleure qualité possible.

2. Éviction de la viande à la maison: au bout de quelques mois, j’ai fini par arrêter d’acheter de la viande à cuisiner à la maison, puisque cela commençait à m’écoeurer – je voyais un morceau d’animal mort, pas un aliment. J’aimais encore le goût, de temps en temps, et profitais de certaines sorties au restaurant pour manger un hamburger ou un bobun carnivores, mais je refusais d’en préparer moi-même pour les jours habituels.

3. Arrêt complet de la viande: en découvrant des options végétariennes sympas près de chez moi, j’ai très progressivement arrêté de manger des produits carnés même lors de mes sorties au restaurant, et commencé à avertir mes amis et ma famille de ne pas m’en préparer lorsque je me rendais chez eux. À Noël, j’ai goûté un petit morceau de dinde pour voir où j’en étais, ce qui a confirmé l’évolution complète de mon goût: j’y ai senti une saveur de « chair » qui m’a beaucoup déplue.

Ce qui m’a le plus frappé au cours de ce cheminement, c’est de voir à quel point on peut se déshabituer de certaines saveurs, jusqu’à les voir perdre tout intérêt. Les grands amateurs de viande désireux de faire un petit effort n’ont donc pas à s’inquiéter: on se sèvre de ces produits aussi bien qu’un bébé se sèvre du lait maternel, et il existe une infinité d’alternatives délicieuses, parfois très similaires. Je pense que le plus important est de s’écouter, de cheminer sans pression, sans tenir compte des jugements. Être très progressif si besoin, c’est aussi être sûr de s’approprier complètement son nouveau mode de vie, et de le tenir sur la distance.

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Ma situation actuelle

Je me trouve aujourd’hui dans une situation un peu mixte, une sorte de quasi-végétarisme tirant au maximum vers le végétal (pratiquement aucun produit laitier à part un peu de fromage, et des oeufs de temps en temps). Il m’arrive exceptionnellement (4-5 fois depuis la fin de l’été) de consommer du poisson ou des fruits de mer, uniquement lors d’occasions spéciales. Je ne sais pas pour l’instant s’il s’agira de mon régime définitif ou si je continuerai à évoluer, puisque je fonctionne au feeling, mais pour l’instant il me convient assez bien.

☞ Ce que je mange pour compenser mes apports en protéines

Je me suis énormément informée sur l’alimentation végétarienne et les propriétés de nombreux ingrédients pour pouvoir rééquilibrer mes assiettes après une période de flottement. Actuellement, j’ai des apports protéiniques assez variés: céréales « alternatives » (épeautre, sarrasin, riz, quinoa…), dérivés de soja (tofu ferme fumé ou aromatisé, protéines texturées, boulettes ou nuggets à base de soja…), seitan, légumineuses (pois chiches, haricots blancs, haricots azuki, lentilles corail…), oléagineux (amandes) ainsi qu’un peu d’oeufs et de fromage. Mon grand appétit et le fait que je sois particulièrement ouverte aux saveurs que je ne connais pas m’aident beaucoup. Je veille à inclure au moins l’un de ces ingrédients, ou parfois deux, dans chacun de mes repas, et à consommer des duos céréales / légumineuses chaque fois que cela m’est possible, même s’ils sont répartis dans la journée, afin d’obtenir des protéines complètes.

Je compte bientôt vous montrer plus précisément ce que je peux déguster sur quelques jours, puisque vous êtes nombreuses à me le demander, mais en attendant, vous avez un bon aperçu de mes assiettes sur Instagram. N’hésitez pas aussi à profiter des informations offertes par les associations, notamment celles du projet 123 Veggie.

☞ Ce que cela change

Honnêtement, pas grand chose! Je n’ai pas de sensation physique différente, je ne me sens pas plus faible ni rien de ce type. En cuisine, mes temps de cuisson sont les mêmes, je n’ai pas du acquérir d’appareil particulier, rien. Seul peut-être le lieu de mes courses à évolué: pour éviter les OGM et parce qu’on en trouve très peu dans les supermarchés classiques en Espagne où je vis, j’achète mes dérivés de soja et simili-carnés en magasin bio. Enfin, vu le prix hallucinant de certains morceaux de viande même dans les réseaux de distribution habituels, il est clair que je n’ai pas non plus eu d’augmentation de budget pour mes protéines: le tofu n’est pas très cher, et les légumes secs encore moins, même en bio. Les produits tout faits de bonne qualité à base de soja ou de seitan sont plus onéreux, mais comme tout produit transformé, je ne les consomme que ponctuellement.

☞ Les envies de viande

Je reste empreinte de mes souvenirs culinaires, donc les odeurs de viande grillée par exemple me semblent toujours aussi appétissantes. Néanmoins, aussi étrange que cela puisse paraître, elles ne me donnent pas spécialement envie de viande, juste faim. Je sais que le goût me décevra, je n’y suis plus habituée, donc je ne me sens pas frustrée. Ces situations me donnent plutôt envie de textures et de saveurs similaires mais en version veggie, par exemple du fromage halloumi, des champignons, du tofu fumé, ou des petits plats à base de protéines de soja texturées, dont je suis particulièrement fan pour remplacer très discrètement la viande dans n’importe quelle recette.

☞ Les difficultés pour la vie de tous les jours

Peut-être parce que je vis dans une grande ville, ou parce que ma famille et mes amis sont conscients des gros problèmes engendrés par l’industrie de la viande: je ne ressens en tous cas aucune difficulté au quotidien à éviter les produits carnés. Il y a toujours des options végétariennes quelque part, et de toute façon, je ne fréquente presque que des restaurants avec une certaine conscience healthy à cause de mes petits soucis de santé. C’est plutôt une question d’organisation: lorsque je vais dans un quartier ou un endroit que je connais pas et que j’ai prévu un repas extérieur, je cherche auparavant quelques options sur internet pour ne pas être prise au dépourvu. Il faut notamment faire attention aux restaurants de cuisine du monde: la gastronomie indienne, par exemple, fait la part belle aux plats sans viande.

Les regards des autres ne me dérangent pas du tout non plus, même si j’ai quand même eu quelques discussions musclées avec certains membres de ma famille qui ne comprenaient pas de prime abord ma démarche. Je suis très respectueuse des choix des autres, et n’impose jamais mes opinions, ce qui m’aide peut-être à faire accepter mes choix. Les gens sont au contraire assez curieux en découvrant ma façon de manger et de cuisiner (qui est à tous points de vue assez différente des cuisines européennes traditionnelles) et me permettent de m’expliquer calmement en cas de besoin. Finalement, je me sens assez chanceuse!

***

J’espère que mon témoignage vous aura intéressé(e)s, intrigué(e)s, ou aidé à y voir plus clair. Encore une fois, le respect des opinions et choix de chacun est primordial à mes yeux, et ce que je partage ici n’est que le reflet de mes propres réflexions; néanmoins, j’espère avoir participé, ne serait-ce qu’un petit peu, à sensibiliser certain(e)s d’entre vous à ce sujet, qui me tient à coeur pour notre futur à tous.

Maintenant, à vous de vous exprimer!
Avez-vous la sensation d’être suffisamment informé(e)s des dessous de l’industrie de la viande?
Est-ce un sujet qui vous touche?

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser, j’essaierai d’y répondre dès que possible.

138 commentaires

  1. Ton article est excellent Victoria et je ne suis absolument pas étonnée que tu prennes ce chemin, même si on ne se connaît pas tant que ça, je ne suis pas étonnée :)

    Je me suis beaucoup reconnue dans tes mots même si moi, j’ai arrêté du jour au lendemain – ça m’a vraiment pris comme ça, comme une claque. J’ai réessayé une fois de manger de la viande, indirectement, dans les lasagnes de ma grand-mère. Ça faisait un an que j’étais végétarienne et ça m’a immédiatement écœurée, j’avais l’impression de mordre ma joue et j’ai compris alors que je ne pouvais plus retrouver le plaisir (que l’on pourra qualifier d’aveugle) : »c’est de voir à quel point on peut se déshabituer de certaines saveurs, jusqu’à les voir perdre tout intérêt », c’est exactement ça ! Ce qui me fait dire que tout est une question de culture et d’habitude.

    Aujourd’hui, je me retrouve face à un vrai cheminement (disons que comme je n’ai pas eu de vraie transition carnisme/végétarisme, je le considère ainsi) vers le végétalisme. Le fait que Davy soit devenu vegan il y a plus d’un an m’a aidée mais je continue d’avoir beaucoup de mal à me débarrasser de mon appétence pour le fromage (ma culture italienne n’aidant vraiment pas, mais c’est une bien piètre excuse).

    Donc, je ne me presse pas. J’essaie de limiter au maximum ; tes recettes, celles de Marie, d’Ophélie, et d’autres m’aident. Comme toi, je découvre de nouvelles saveurs qui me permettent de ne ressentir aucune frustration et franchement, quand je passe une semaine sans avoir mis un seul produit animal dans ma bouche, je me sens bien. Bien dans mon corps, ma tête, plus en accord avec mes convictions (enfin, je n’aime pas trop ce mot, disons plus en accord avec mon cœur) et j’ai un petit sentiment de fierté. C’est un bon début :)

    Je terminerai juste en nuançant ce que tu as écrit au début de ton article : « C’est un acte qui correspond à mes yeux à une logique de la nature, que l’on ne peut pas juger d’un point de vue moral. Il s’agit à l’origine d’un processus naturel, qui existe entre de nombreuses espèces, et nous a permis de nous nourrir et nous construire. Après tout, la chaîne alimentaire est précisément ce qui maintient l’écosystème en équilibre ! » En fait, contrairement aux animaux non-humains, nos actes peuvent être jugés moralement (nos actes et ceux que nous subissons bien-entendu). A l’inverse des animaux non-humains. Nous ne pouvons pas tenir responsable une lionne de la mort d’une gazelle, c’est effectivement dans l’ordre des choses. Naturel, donc ni bien ni mal.

    En éthique animale, on fait donc deux distinctions : les agents moraux (nous, humains adultes ayant toutes leurs facultés de juger ce qui est bien ou mal) et les patients moraux (les enfants, les déficients mentaux et les animaux). Nous, nous sommes les deux à la fois et nous sommes bien les seuls. Nous ne sommes pas issus de la Nature (biologiquement si, bien-sûr) mais de la Culture. Si nous n’existions plus, les espèces vivraient bien et vivraient sans doute mieux. Alors évidemment, certains de nos ancêtres ont tué des animaux pour survivre et prospérer mais nous ne sommes plus dans un cas de figure où nos terrains sont infertiles, où nous avons besoin de peau pour nous réchauffer, etc.

    Ce que je veux dire, c’est que l’on ne peut justifier la consommation de viande par l’argument que le lion mange la gazelle et la gazelle mange l’herbe. Surtout pas aujourd’hui – je sais que tu le sais mais je précise, car on a trop tendance à entendre ce mauvais argument : oui, mais c’est naturel. C’est faux. A plusieurs niveaux (physiologiques en grande partie : nos dents, l’absence de griffes, la longueur trop longue de l’intestin, etc.)

    Finalement, aujourd’hui, il n’y a plus aucune « bonne raison » de manger de la viande. Si ce n’est le goût et comme tu l’as bien dit, le goût on s’y déshabitue :)

    Bisous doux <3

    • Voilà un excellent éclaircissement, je suis d’accord avec cette idée: nos ancêtres lointains ont eu besoin des animaux (peut-être justement parce qu’ils n’avaient pas encore tout à fait développé cette Culture dont tu parles très justement), mais ce n’est plus le cas désormais. Et effectivement, les caractéristiques physiques de l’homme, qui sont maintenant très éloignées des carnivores, donnent vraiment à réfléchir!
      Merci pour ton témoignage et ton soutien <3

    • Je suis désolée, mais ce commentaire me met mal à l’aise. Je ne crois pas au bien et au mal mais à la subjectivité, à l’Inconscient et aux pulsions (qui ne sont ni bonnes, ni mauvaises). Je trouve qu’il y a un certain danger à parler d’adultes qui ont toutes leurs capacités et à les opposer aux enfants et aux déficients mentaux qui ont aussi leurs opinions, leurs vécus et ressentis, leur vie psychique. N’oublions pas à quel point les  » humains adultes ayant toutes leurs facultés de juger ce qui est bien ou mal » peuvent se tromper! N’oublions pas non plus qu’il existe toujours sur cette planète des peuples de chasseurs, de pêcheurs, de chasseurs-cueilleurs, d’éleveurs nomades… Au risque de poursuivre ce qui fait la spécificité du monde occidental : imposer sa culture et son mode de vie partout, pour tous. Les maltraitances sur les animaux, le non-respect de leur développement dans les élevages intensifs, les conditions d’abattage, l’impact sur l’environnement : tout cela est une réalité de nos sociétés, qui, je l’espère, sera de plus en plus difficile à nier. Quant aux caractéristiques physiques de l’homme actuel, eh bien, son patrimoine génétique est sensiblement le même que celui de l’homo sapiens d’il y a 300000 ans. En tous cas, il s’agit toujours de la même espèce. Saviez-vous que les squelettes des hommes du paléolithique se sont mieux conservés que ceux des hommes du néolithique (pourtant plus récents), en raison d’une différence de régime alimentaire? Je crois que nos modes de vie totalement sédentaires ne nécessitent pas en effet de consommer de la viande. Mais peut-être serait-il bon de garder la trace de nos origines et de notre appartenance au règne animal quelque part dans un coin de notre mémoire et d’avoir en tête que nous sommes encore bâtis sur le modèle des chasseurs-cueilleurs – certains d’entre nous, humains, vivant toujours de cette manière.

  2. Clémence, je vois beaucoup d’ignorance dans ton raisonnement qui n’en est en fait pas un. Déjà, ai-je dit que les humains ne pouvaient pas se tromper ? Non. J’ai dit que par rapport aux animaux non-humains, nous avions la notion de bien et de mal, que tu le veuilles ou non elle existe – mais pas chez le renard qui tue un lapin pour se nourrir. Ce qui rend nul l’argument « le lion mange bien la gazelle, lui ». Voilà, ce que je tentais d’expliquer et si tu n’es pas convaincue par ma démonstration, je t’invite à lire (ou relire, qui sait), Spinoza et d’autres auteurs de la philosophie morale.

    Nous ne sommes pas des animaux comme les autres et se référer aux hommes préhistoriques, je n’ai jamais vraiment vu grand intérêt à cet argument. C’est nier l’évolution (Darwin ne serait pas très très content en te lisant). Oui, en effet notre espèce se rapproche le plus de l’Homo-Sapiens et ils se nourrissaient en partie de viande. Ça justifie que l’on en mange encore aujourd’hui alors qu’on est assez peu capables d’élever et d’abattre les animaux correctement ? Tout ça parce que les hommes préhistoriques ? C’est un peu faiblard comme argument.

    Enfin, il n’est pas question d’imposer le végétarisme à des cultures qui ne peuvent de toutes évidences pas y recourir car les conditions climatiques font qu’ils ne peuvent pas faire pousser grand chose. Il ne s’agit d’ailleurs pas du tout de prosélytisme ici. Mon dernier paragraphe avait pour but de nuancer cet argument de Nature qui n’est absolument pas valable nous concernant nous, et uniquement nous.

    Aujourd’hui, on peut parfaitement vivre en bonne santé et longtemps ne consommant pas d’animaux, ni de produits animaux (on vit même mieux que les autres). On peut ne pas tuer d’animaux. On se retrouve donc face à un choix : est-ce moral de tuer des animaux, sachant que je peux bien vivre sans leur chair, pour mon plaisir gustatif ? C’est question que l’on se pose assez peu et que le végétarisme pose. Par extension, plus tard, on se pose la question des produits animaux, du cuir, de la laine, de la soie, etc.

    Ça peut paraître égoïste, moi je trouve ça responsable. Nous humains, sommes les seuls capables d’agir pour le bien de la planète sur laquelle on vit – et pourtant, on la détruit. Se poser des questions, déranger notre confort, changer ses habitudes, s’extraire d’un choix qui n’en est pas un (quand on devient végéta*ien, on choisit de ne pas manger comme tout le monde ; sans méchanceté aucune, beaucoup ne se pose pas vraiment la question, occulte même parce que le carnisme est considérée par beaucoup de chercheurs en éthique animale comme une idéologie violente – ce serait trop long à développer ici mais cet extrait du livre de Mélanie Joy (Why we love dogs, eat pigs and wear cows) est extrêmement instructif : http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article400) ça demande du courage et… du sens moral.

    Bref, en un mot : on ne peut pas justifier la consommation de viande aujourd’hui par celle de nos très très lointains ancêtres. Ah oui, et une dernière chose. Les pulsions, l’inconscient, et tout ce qui a été très cher à Freud, je n’ai pas bien compris pourquoi tu en as fait appel ? Non parce que manger de la viande n’a rien à voir avec la psychologie (même si on voit bien à quel point les hommes ont plus de mal à se passer de chair que les femmes, sans doute pour cette idée inconsciente que c’est viril et nous rend tout-puissant – il n’y a qu’à voir la baseline d’un magazine qui s’appelle Beef : pour les hommes qui ont du goût). On peut facilement s’extraire de ça. On est certes pas libre de tout, mais on est très très libre d’ouvrir les yeux et de dire stop. Pas besoin d’aller en thérapie pour devenir végétarien hein ;)

    • Je trouve qu’accuser quelqu’un qui laisse un commentaire poli, et disqualifier son raisonnement d’emblée en disant « ce n’en est pas un », c’est faire preuve d’ignorance et d’intolérance soi-même. Je suis d’accord avec toi (Eleusis Megara) sur de nombreux points, mais je suis très mal à l’aise face aux notions de « bien », de « mal » et de « morale » que tu utilises très rapidement comme si tu détenais leur juste contenu – ce sont des notions extrêmement relatives qu’il faut employer avec précaution (ainsi que sur ta référence à Darwin, rapide encore une fois, et inutile dans le cadre où tu l’emploies : comment savoir si Darwin serait content ou pas ? en outre l’évolution est un sujet extrêmement complexe et nos changements morphologiques ne sont pas uniquement liés à des facteurs alimentaires, ils sont des conséquences plutôt que des causes du changement de nos modes de vie et le hasard joue un grand rôle là-dedans également)
      Je suis végétarienne moi-même depuis 7/8 ans, je considère que c’est un cheminement personnel et une manière de se « situer », prendre position dans le monde actuel par rapport à la question « Quelle monde je veux pour mes enfants ? », « Quel futur je veux participer à construire ? ». Il y a plein d’autres manières de se positionner face à cette question, et on peut bien sûr les combiner, mais aucune ne prévaut et aucune ne peut avoir la prétention d’être une « solution », d’apporter des garanties sur l’avenir. L’important c’est d’agir, quelle que soit cette action, plutôt que de renoncer à la lutte pour un monde meilleur.
      Prôner le végétarisme au point d’aboutir à l’intolérance pour ceux qui ont un avis différent ? Pas le futur que je veux, et un contresens à mon avis.
      J’ai un petit garçon et je lui fais découvrir plein de petits plats végétariens cuisinés avec amour, mais je ne lui interdis pas la viande, il en mange avec son papa et je lui en cuisine de temps en temps lorsqu’il en demande. J’ai déjà discuté avec lui de mon végétarisme et ce n’est pas un sujet tabou. L’important pour moi c’est de discuter de tout et de lui ouvrir l’esprit. Il choisira quand il sera en âge de choisir. Ta définition des enfants et des personnes déficientes nous autorisent à poser des choix à leur place parce qu’ils n’en sont pas capables eux-mêmes ? C’est très violent je trouve.

      Quoi qu’il en soit, merci beaucoup pour ton article Victoria, j’ai beaucoup apprécié sa lecture et en apprendre davantage sur ta démarche que je trouves très personnelle et tolérante pour le coup, merci et bonne continuation dans cette voie.

    • Lily : j’ai essayé dans mon commentaire d’expliquer que l’on ne pouvait pas avoir recours à l’argument historique et que si, le bien et mal n’existe que chez nous. Pas de convertir quiconque ou de jeter l’opprobre sur les omnivores. Pour revenir à ces concepts de bien/mal, agent moral/patient moral qui a l’air de déranger : ça ne sort pas de mon chapeau hein. Et je ne vais pas disserter ici… De la même façon que pour Darwin, bien que ça paraisse être un argument d’autorité facile, sa pensée s’attache à montrer que l’on évolue en fonction de notre environnement, on s’adapte, on change, sans cesse – ce que tu as bien dit toi-même. Donc, l’argument passéiste des hommes préhistoriques n’est pas valable de son point de vue.

      Pour en savoir un peu plus, rapidement, sur la question de la philosophie morale dans la réflexion sur les animaux, le Que sais-je ? au sujet de l’éthique animale est très bien fait et t’expliquera certainement mieux que moi le point de départ de la pensée de beaucoup d’auteurs qui travaillent sur la question des animaux (leur consommation, etc.)

      « Prôner le végétarisme au point d’aboutir à l’intolérance pour ceux qui ont un avis différent ? Pas le futur que je veux, et un contresens à mon avis. » Je n’ai pas prôné le végétarisme. Je me place d’un point de vue éthique et philosophique – attention donc à ne pas confondre la morale religieuse avec la morale philosophique qui n’ont rien à voir :)

      Encore une fois, et je suis désolée si j’ai mal traduit ma pensée par les mots, j’apportais une nuance à l’argument de nature qui n’est pas valable si l’on y réfléchit et j’expliquais brièvement le point de départ de l’éthique animale qui pose directement la question du végétarisme, à savoir : est-il moral de manger des animaux alors même qu’ils ont de l’intérêt à vivre, qu’ils ressentent des émotions agréables, de la souffrance ; et que je peux très bien m’en passer ? C’est une question de philosophie pratique, pas une pub déguisée pour le végétarisme.

      Bref, je suis désolée si mes propos ont été interprétés comme blessants ou que sais-je, c’est un sujet qui me tient très très très à cœur et sur lequel je réfléchis beaucoup, je m’agace assez facilement quand je lis et relis les mêmes non-arguments qui mettent le végétarisme (et par extension à mes yeux, l’éthique animale) en cause alors que je sens bien que mes interlocuteurs n’y ont de toute évidence pas réfléchi vraiment – et ce n’est pas insultant que de le dire.

    • Et je n’ai pas répondu à ça : « Ta définition des enfants et des personnes déficientes nous autorisent à poser des choix à leur place parce qu’ils n’en sont pas capables eux-mêmes ? C’est très violent je trouve. » Est-ce que ce sont mes mots ? Je dis juste que l’on ne peut pas les tenir pour responsable d’actes que l’on jugerait immoral – et pas que l’on doit faire des choix à leur place !

      Je vais prendre l’exemple de l’enfant qui a tué sa mère aux Etats-Unis dans un supermarché en prenant l’arme qu’elle avait dans son sac. Peut-on le tenir pour responsable de sa mort dans toute l’acception du terme ? Je prendrais aussi l’exemple d’un handicapé qui a violé une infirmière ; peut-on le tenir à 100 % responsable, autant que quelqu’un qui aurait toute sa faculté de juger ?

      Bien entendu, ce n’est pas aussi binaire que ça semble l’être mais c’était pour expliquer, qu’en en tant qu’adulte qui possède toute ses facultés de juger (qui sait que tuer/violer c’est mal, notamment), on a une responsabilité aussi envers les animaux qui sont au même titre que tous les êtres vivants, des patients moraux = on devrait, si on faisait bien les choses, justifier de nos actes envers eux. Je te conseille vraiment le Que sais-je ? pour éclairer tout ça si ça t’intéresse :)

    • Comment peux-tu savoir si tes interlocuteurs y ont réfléchi vraiment ou non? Comment peux-tu affirmer que mes propos mettent en cause le végétarisme, alors qu’ils visaient juste à tenter de faire accepter la différence?
      Je comprends ton point de vue. J’ai moi aussi, à une époque, mis la philosophie en avant pour défendre telle ou telle cause. Je croyais développer ainsi ma propre philosophie, mon éthique personnelle. Et puis, petit à petit, j’en suis revenue, car je me suis rendue compte que je souhaitais toujours imposer mes idées aux gens, en refusant d’entendre leurs arguments que je disqualifiais. En fait, les arguments des autres n’ont pas intrinsèquement moins de valeur que les miens, et le raisonnement des autres n’est pas moins réfléchi.
      J’ai trouvé ton propos à l’égard de certaines personnes violent, puis je t’ai trouvée blessante et même insultante à mon égard. Je n’ai visiblement pas réfléchi? Eh bien si. J’ai moi aussi des connaissances, qui n’ont pas moins de valeur que les tiennes. Je n’ai pas l’impression que tu partages ces connaissances, mais j’ai l’impression au contraire que tu n’as pas bien compris le sens de mes propos et que tu en fais ensuite une utilisation erronée.
      De mon côté, je connais depuis bien longtemps les informations que tu mets en avant pour défendre le végétarisme. Seulement, même si je suis personnellement pour une non-consommation de viande ou tout au moins pour une consommation raisonnée, je comprends tout à fait que l’on puisse avoir des arguments pour défendre la position inverse, notamment des arguments phylogénétiques qui m’intéressent tout particulièrement, et je n’estime pas que ceux qui en font usage ne réfléchissent pas.
      Je pense que l’on peut tout à fait militer pour une cause sans attaquer l’autre. Mais je sais bien, pour l’expérimenter chaque jour que rien n’est plus difficile que l’acceptation de la différence.

    • Eleusis, les exemples que tu donnes concernant la non-responsabilité sont parlants. J’avais bien compris ce que tu voulais dire par là dans ton premier commentaire, mais je trouve que cette notion est dangereuse. Ma profession m’y confronte souvent. Tes exemples me donnent envie de relater ici un témoignage rapporté par une enseignante universitaire, psychologue clinicienne de profession.
      Une mère et une tante viennent avec leur respectivement fille et nièce, atteinte de trisomie 21, en entretien évaluatif afin de mettre en place une contraception définitive. Entendons-nous bien : il s’agit d’une stérilisation irréversible par ligature des trompes de fallope. La mère et la tante, en pleine possession de leurs capacités « morales » (désolée, je déteste ce mot) et de jugement, savent que la jeune femme n’est pas capable, malheureusement, d’élever un enfant. Pour elles, la confrontation avec la dure réalité a déjà eu lieu : leur fille/nièce ne sera pas capable de gérer une contraception classique, une contraception d’urgence ou une IVG. Reste donc une solution : la stérilisation. C’est une question de bon sens, et là aussi, je comprends leur inquiétude, l’impossibilité pour cette famille de faire face à une grossesse. La jeune femme n’a pas de compagnon stable et « en pleine capacité de jugement ».
      La psychologue reçoit individuellement la jeune femme atteinte de trisomie, dont la déficience mentale est avérée, et qui explique qu’elle se sait incapable d’élever un enfant, qu’elle n’a d’ailleurs pas l’intention d’en avoir tout en sachant que ça peut arriver, mais qu’en aucun cas elle ne souhaite être opérée.
      Que faire? Protéger cet hypothétique enfant d’un risque bien réel de carence et de négligence en empêchant de façon sûre qu’il puisse voir le jour? Faire confiance à une personne qui présente une déficience mentale et qui demande à conserver tel quel son corps? Qui a raison, qui a tort? Que propose la philosophie? Y’aurait-il une seule vraie et bonne réponse à apporter face à cette situation?
      Pour info, la psychologue a donné un avis défavorable pour l’intervention. Peut-être la mère et la tante ont-elle emmené la jeune femme se faire stériliser ailleurs (oui, oui, ça arrive!).

    • Merci d’avoir répondu Eleusis Megara.
      A la question « est-il moral de manger des animaux alors même qu’ils ont de l’intérêt à vivre, qu’ils ressentent des émotions agréables, de la souffrance ; et que je peux très bien m’en passer ? », je réponds non, mais c’est un choix personnel, une définition personnelle de ce qu’est la « morale » pour moi. Je ne pense pas pour autant qu’il faut juger des gens qui en font autrement, qu’ils soient renseignés ou pas sur le sujet, car chacun place sa sensibilité et ses intérêts à différents endroits. Je comprends que le sujet te tient à cœur, et que tu es bien renseignée, je ne remets pas ça en doute (je note au passage le conseil de lecture, merci), mais je pense qu’il est important de ne pas répondre aux arguments d’autrui de manière unilatérale et de laisser place à la discussion.
      Pour moi les arguments « c’est dans la nature » (il faudrait déjà pouvoir définir cette « nature »), « nous n’avons plus des dents de carnivores » ou « les hommes préhistoriques mangeaient de la viande » sont secondaires, car c’est avant tout un problème éthique, une manière de se situer, une manière de choisir d’agir ou pas. On connaît les dégâts et les problèmes que posent la surconsommation de viande dans notre société. De là deux voies sont possibles : fermer les yeux ou agir (que ce soit par le végétarisme, une consommation raisonnée de viande, le végétalisme, le véganisme …). Je respecte toutes les formes d’actions, ce qui est plus essentiel à mon sens c’est d’essayer, en partageant et en discutant, que plus personne ne ferme les yeux … Mais je ne pense pas que Clémence fermait les yeux.
      Pour la question des enfants, personnes déficientes, c’est un sujet sensible, je trouve juste bizarre et dérangeant de les opposer si nettement aux adultes « en pleine possession de leur capacité de juger ». Parce que comme l’a dit Clémence, ils ont aussi leur vécu, ressenti, opinions … Dans les cas que tu décrits, évidemment, je ne considérerais pas ces personnes comme 100% responsables. Je crois que j’ai quelqu’un peu déplacé le sujet car j’ai souvent des questions / reproches sur pourquoi je n’élève pas mon fils en tant que 100% végétarien. Mais je le renseignerais sur cette notion de « patients moraux » en lisant le livre que tu conseilles.
      Je trouve intéressant que tu soulèves le sujet de la responsabilité, car c’est en effet une notion importante – en tant qu’être humain, nous sommes responsables des autres êtres humains, des animaux, de la planète. Que faire avec cette responsabilité ? Chacun aura sa réponse, l’important c’est de ne pas la nier.

    • Clémence : je te prie de m’excuser d’avoir été blessante ou insultante, ce n’est pas ce que je souhaitais. Ce que tu soulèves au sujet du handicap est très intéressant. En philosophie morale (pratique disons, comme tu n’aimes pas trop ce mot ^_^), ça pose un vrai cas de conscience – j’en avais parlé à l’un de mes tuteurs quand je rédigeais mon mémoire de recherche sur l’éthique animale et il m’avait rendu compte que personne n’était et n’arrivait à se mettre d’accord. Je ne crois pas qu’il y ait de bonne réponse moi non plus…

      Nous avons des points de vue différents sur l’argument historique, et je voulais juste apporter un éclairage d’un angle philosophique car c’est ainsi que j’aborde la question. Pour moi, je crois qu’on l’aura compris héhé, s’appuyer sur le mode de vie des hommes préhistoriques pour donner du crédit à nos comportements contemporains n’a pas de sens et plus généralement, je me pose la question de : doit-on tuer les animaux pour notre consommation alors qu’ils ont tout autant intérêt à vivre que nous (notre différence avec les animaux n’est pas de nature mais de degrés ; forcément on a « plus » d’intérêt à vivre qu’eux mais quand on peut leur épargner la mort en vivant très bien quand même, qu’est-ce que l’on fait ?) ?

      Je pousse le raisonnement jusqu’à : est-ce que même s’ils sont bien élevés et tués sans souffrance, on a « le droit » de mettre fin à leur vie ? Avant, j’aurais eu tendance à répondre que oui mais plus je m’intéresse à l’éthique animale, plus je me rends compte à quel point nous sommes (je m’inclus moi-même dedans) mentaphobe (un néologisme qui désigne notre peur à admettre que les animaux ont une vie intérieure, qu’ils ressentent la douleur comme nous, etc.) et/ou spéciste sans s’en rendre compte.

      Du point de vue de la recherche animale, on en est encore aux prémisses. On vient seulement de reconnaître l’existence de cultures animales alors que jusqu’alors on considérait (publiquement en tout cas) que les animaux n’agissaient que par instinct.

      On accepte aujourd’hui de dire qu’il existe des sociétés animales qui se transmettent des savoirs de générations en générations – ce que les éthologues observent depuis toujours mais nous, on continue de croire qu’un animal est une sorte d’automate. A ce titre, cet article est très intéressant : http://www.huffingtonpost.fr/pierre-sigler/animaux-culture-sociologie_b_6499768.html

      Bref, pour en revenir à nos ancêtres, le fait qu’ils se nourrissaient en partie de viande est un argument difficilement valable en éthique animale : leur consommation était raisonnée et surtout, surtout, ils n’avaient pas d’élevages industriels. Je veux dire que même si ça a permis notre développement à certains niveaux, est-ce que ça permet de justifier ce que l’on fait vivre aux animaux de nos jours ? :/ (je ne dis pas que tu réponds positivement à cette question hein)

    • Lily : je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis. Et c’est parce que nous sommes les seuls responsables de l’avenir de la planète sur laquelle on vit, qu’il faut, au moins, se renseigner et essayer de se poser les bonnes questions (encore un petit conseil de lecture, si la notion de responsabilité t’intéresse : Hans Jonas, Principe responsabilité. Bon, c’est un peu indigeste et je ne sais pas s’il a eu de bons vulgarisateurs mais ce qu’il disait déjà au début du siècle dernier, c’est que nous utilisons à mauvais escient la technologie et que le pouvoir que l’on a sur la Nature est aujourd’hui plus néfaste (pour ne pas dire carrément auto-destructeur) qu’autre chose – et quand on sait le boom qu’il y a eu ces dernières décennies, comparativement au début du XXème siècle… Il considère que l’Etat et les parents ont un rôle extrêmement important pour agir dans l’intérêt des générations futures, ça rejoindra sans doute tes propres questionnements en tant que maman ^_^)

      C’est en ce sens que je remets en doute aussi le « chacun fait ce qu’il lui plaît » car notre responsabilité est collective. Mais la question des animaux et de l’environnement est plus délicate qu’aucune autre car elle touche directement à nos choix (ou non choix, quand on agit sans se poser de questions) au quotidien. Je me demande moi-même à quel point mes choix sont cohérents avec cette responsabilité que l’on a envers le vivant (de toute évidence non, je le sais, je fais mon petit bonhomme de chemin vers une situation dans laquelle je me sentirai en paix avec moi-même et en accord avec mon cœur/ma tête). Bref, c’est un sujet qui rayonne sur d’autres sujets, c’est passionnant mais on se rend compte aussi à quel point ce n’est en effet, ni tout blanc, ni tout noir :)

      Au sujet des enfants, c’est délicat. Généralement, ils redisent ce qu’ils entendent à l’école ou à la maison, peut-on blâmer un enfant de 8 ans qui tient des propos racistes, sexistes ou qui dit qu’il veut tuer sa camarade parce qu’elle l’agace ? C’est parce qu’ils n’ont pas encore toutes leurs capacités à juger qu’on les considère comme des patients moraux. Il est néanmoins évident que tous ne sont pas logés à la même enseigne, je pense à ce petit garçon qui ne veut pas manger un plat à base de poulpe que sa maman lui a préparé : http://www.dailymotion.com/video/x1zuu15_un-petit-garcon-ne-veut-plus-manger-de-poulpe_news

      Je côtoie assez peu d’enfants mais je crois qu’ils ont tous naturellement beaucoup d’empathie pour les animaux (comme les adultes en fait, il n’y a qu’à voir la réaction de la plupart des gens quand on leur montre des images d’abattoirs : ils ne veulent pas voir, ça fait mal quand même). D’un point de vue personnel (n’y vois vraiment aucune attaque, on m’a souvent posé la question et je rebondis sur le fait que tu dises qu’on en pose également ou qu’on t’en fait le reproche), si un jour je suis maman, mon ou mes enfant(s) ne mangeront pas d’animaux. Je ne m’opposerai pas à ce qu’ils décident d’en manger plus tard (genre à l’adolescence, même si je pense que c’est une période délicate où l’on peut faire des choses uniquement en rébellion face à ses parents), en ayant pris toute la mesure de ce que cela signifie (si vraiment ils se tournent vers la viande définitivement, j’aurais quand même l’impression d’avoir servi à rien haha).

      En ce sens, on m’a parfois dit : »mais pourquoi imposer ton mode d’alimentation ? » Ce à quoi je réponds : « pourquoi imposer de manger des animaux ? » Généralement, on met dans la bouche d’un enfant une cuillère de steak haché sans qu’il sache ce que c’est. Je ne sais pas quelle serait sa réaction, si on lui disait qu’un animal avait dû mourir pour son repas ? Une vaste question que la transmission des valeurs : pourquoi ? comment ? dans quelle mesure ? Je ne suis pas maman mais j’imagine que l’on se pose mille questions lorsqu’on a un enfant et surtout, quand il a un papa qui n’a pas les mêmes opinions/valeurs que sa maman. Comme pour plein d’autres problématiques liées à l’éducation sans doute :)

    • Eleusis, j’avais bien compris que tu abordais la question d’un point de vue philosophique, et c’est un point de vue qui me semble indispensable aujourd’hui, étant donné le mode d’organisation de nos différentes sociétés et l’importance de réfléchir à l’avenir de notre monde en général (vaste problématique!). Je pense que tu l’as compris aussi, je suis intéressée par l’approche psychologique et biologique, les 2 étant pour moi liées (mais là aussi, il y a débat selon les courants théoriques de chacun).
      Or, il se trouve que philosophie et psychologie s’opposent souvent, de même que philosophie et biologie. Je suis pourtant persuadée que toutes ces connaissances et réflexions sont complémentaires, et que chacun peut trouver une façon de les articuler.

      A toutes les questions que tu soulèves dans ton dernier commentaire, je réponds la même chose que toi. Je m’interroge depuis longtemps sur le prétendu droit de vie et de mort que les Hommes pourraient avoir sur les animaux. Je te passe les détails sur les questionnements et la souffrance lors de la décision que j’ai dû prendre seule, adolescente et en l’absence de mes parents, de faire euthanasier mon chien atteint d’une maladie incurable.

      Seulement, je viens d’un milieu où la philosophie et l’intellectualisation priment sur la connaissance du fonctionnement humain, d’un point de vue biologique notamment. Alors j’ai cheminé de mon côté.
      J’ai pris en compte la réalité du territoire au sein duquel je vivais et que je mettais de côté avant car je n’avais jamais appris à m’y intéresser : la campagne, avec ses exploitations agricoles. J’ai des amis éleveurs, et je les ai écouté me parler de leur métier, sans qu’ils cherchent à me convaincre de quoi que ce soit et sans que je cherche non plus à leur imposer mon point de vue. Et parmi eux, certains font de l’élevage extensif d’une grande qualité, mais d’autres pratiquent l’élevage en batterie. Pas simple!

      J’ai aussi appris avec une certaine surprise que notre patrimoine génétique était le même qu’il y a des centaines de milliers d’années. Il n’y a pas eu de mutation génétique majeure. Tu dis que notre espèce s’approche le plus des Homo Sapiens, mais nous appartenons en fait à la même espèce (la terminologie « Homo Sapiens Sapiens » n’existe plus depuis plusieurs années). En opposant totalement les notions de Nature et de Culture, on peut penser que l’Homme préhistorique ne devrait même plus être une référence pour nous. Personnellement, je ne considère pas le passé comme quelque chose à oublier ou tout simplement à dépasser, je crois qu’on s’inscrit dans un processus dans lequel le passé est partie intégrante et qui nous constitue (je considère que c’est aussi le cas pour ce qui fait l’histoire personnelle de chacun).

      J’envisage plutôt la biologie et la connaissance de mes origines dans l’autre sens : elles me rappellent sans cesse que l’être humain appartient au règne animal, que je suis moi-même un animal (sans que cela prenne un aspect péjoratif, bien au contraire). Je suis de plus en plus consciente de ce qui nous rapproche des animaux, de ce qui nous distingue aussi, et qui n’est pas ce que je croyais auparavant.

      Et quand je me penche sur la question de ce qui nous rapproche, plutôt dans le sens « humain vers animal », mes observations personnelles m’amènent à penser que les animaux ont un appareil psychique, organisé sur un mode différent du nôtre. Je n’ai aucun moyen de le prouver et je ne suis pas toujours en accord avec les protocoles de recherche qui visent à tout démontrer à l’appui des chiffres car tout ne se mesure pas avec des chiffres, justement. Et je n’ai pas non plus le brillant cerveau des grands psychanalystes qui me permettrait de théoriser un modèle de cet appareil psychique – ou plutôt de ces appareils psychiques car je pense que chaque espèce a le sien. Dommage! J’espère que j’aurais un jour l’opportunité de me pencher plus sur la question.

      En tous cas, je suis bien contente de cet échange avec toi, même si ça n’a pas été facile dans un premier temps. Sache que je suis avant tout en contradiction avec moi-même avant de l’être avec les autres, et que c’est le doute qui me permet d’évoluer. D’ailleurs, plus le temps passe, plus je doute et plus je me rend compte que cette capacité à douter est une force.

      J’en profite pour te poser une question, que j’ai également posée à Victoria : que pensent le courant Vegan de l’équitation et de « l’utilisation » du cheval? Peut-être as-tu toi-même un avis là-dessus?

    • Clémence : je n’ai pas d’avis tranché sur la question. Je suis contre les courses hippiques mais l’équitation raisonnée où le bien-être du cheval est pris en compte, pourquoi pas ? Mais j’avoue que je suis complètement étrangère à ce milieu, je ne sais pas si l’on traite bien ou pas les chevaux de façon générale. Certains vegans sont contre toute forme d’utilisation animale et contre la possession d’animaux de compagnie également, estimant que c’est faire d’un animal un objet, une sorte de chose infantilisée. Même si je comprends certains aspects du raisonnement, je trouve que ça va trop loin.

      Avoir un chat, un chien quand on s’en occupe bien, je ne vois pas le mal – bien au contraire. De la même façon, que je n’en vois pas au fait de monter à cheval si on prend en compte son bien-être :)

    • Merci Eleusis d’avoir répondu et merci à toutes les deux pour la discussion. Et je retiens les références de lectures ! Moi aussi je fais mon petit bonhomme de chemin vers une position que je trouve cohérente et en accord avec moi-même, je suis en évolution constante et peut-être que mes avis évolueront .. C’est vrai que les enfants ont beaucoup d’empathie avec les animaux ; mon petit garçon lui n’arrive pas à comprendre que le poisson qui est dans la mer est le même que le poisson qu’on mange. Je lui ai déjà expliqué bien sûr et je ne lui cache rien, mais c’est comme si cette idée était « inconcevable » pour lui. Donc il est déjà très sensibilisé / sensible, et je n’ai pas de doute qu’il fera ses choix en conséquence quand il sera assez grand. Ceci dit je comprends tout à fait la position inverse (élever ses enfants 100% végé), je pense que les deux se justifient et je ne m’interdis pas d’évoluer.

    • Merci Virginie <3 c'est vrai que cela a dû se remarquer sur Instagram, parce qu'en réalité cela fait plus de 6 mois que j'ai arrêté complètement d'en manger! Mais j'avais besoin d'un peu de temps pour réfléchir et finalement partager cet article :)

  3. J’ai hésité à te laisser un commentaire vu le nombre qu’il y a déjà (t’arrives vraiment à tout lire??!!!). Mais je voulais quand même te dire que ton article est super. Je ne trouves pas que tu juges ou que tu rejette entièrement certains aspects de l’alimentation traditionnelle mais tu nous expliques tes choix, ta démarche…qui n’appartiennent qu’à toi.
    Je ne mange pratiquement pas de viande et m’achemine doucement vers une alimentation végétarienne. J’ai encore beaucoup d’habitude à changer, de nouveaux aliments à connaître, mais ça ne me stresse pas, je ne cherche pas à convaincre les gens.
    Par contre, la vrai urgence pour moi est de sensibiliser les gens à manger moins de viande. Peu importe l’alimentation qu’on choisit, on ne peut plus manger de la viande midi et soir tous les jours, au regard de notre mode de vie, de nos capacités physiques à la digérer et de l’impact sur l’environnement que cela crée. Dans tous les cas, chez moi, on ne mange jamais de viande le soir, pour les enfants y compris. Je me suis beaucoup disputée sur ce sujet mais pour moi ca fait partie de l’éducation à transmettre à ses enfants, on peut manger PLEINS de choses sans viande le soir et on s’en porte beaucoup mieux. La seule exception est les oeufs quand ils n’ont pas « bien » mangé la journée pour avoir les protéines suffisantes. Et même mon homme carnivore s’est habitué et ça ne le dérange pas du tout de réserver sa viande le midi ou au restaurant.
    Au delà du choix de vie alimentaire, il y a des bases à transmettre à ses enfants et la consommation de viande doit en faire partie. Pour moi c’est la même chose que le sucre, il faut comprendre que l’on a pas besoin de manger autant de sucre et qu’il faut apprendre à ses enfants quand et comment en consommer.
    Bref, tout ça pour dire que ton article me touche, il est très bien écrit sur un sujet si sensible. Et que s’il pouvait inspirer certains, au moins pour diminuer la consommation et arrêter de penser que la viande est automatique à chaque repas et sans conséquence sur notre planète, tu auras eu la plus utile des influences ♡♡♡

    • Julie, ton commentaire me touche x 1000. Parce que justement, je pense aussi qu’il est primordial de changer les mentalités et d’inculquer de nouvelles habitudes à nos enfants. Je ne suis pas maman, mais je sais que le respect de la planète et le respect de notre organisme seront des valeurs très importantes pour moi lorsque je pourrai les transmettre. Je ne veux plus que les jeunes générations s’intoxiquent de sucres et d’additifs en tout genre, qu’ils s’habituent à manger de la viande 2 fois par jour alors que ce n’est bon pour personne, et j’admire ton engagement vis-à-vis de cela. Je vois que tu as de la chance comme moi d’avoir un homme compréhensif à la maison; même si cela leur demande un peu de temps d’adaptation, ils démontrent que même les plus carnivores sont capables de faire un petit effort, pour les raisons qu’ils préfèrent. Mon amoureux aussi était grand amateur de viande, mais finalement, le fait de la réserver à un nombre d’occasions plus limité ne le dérange pas du tout: comme tu le dis, il y a plein de choses que l’on peut manger sans viande et qui sont tout aussi délicieuses! Merci encore pour tes gentils mots et ton soutien <3

  4. Bravo pour cet article très complet et très intéressant ! J’ai également de plus en plus de mal à supporter l’exploitation intensive de l’animal, sans aucun respect pour les conditions de vie et d’abatage. Je rêve d’un label « clean » qui garantisse un mode d’exploitation décent : animal élevé sous la mère, dans un espace naturel et abattu sur place en essayant de limiter le stress.
    Le bio est le label qui s’en rapproche le plus mais il y a encore de gros progrès à faire.
    Une chose est certaine, c’est que les mentalités en France sont loin d’être prête à un mode de vie plus végétarien. Quand j’explique ma démarche autour de moi je rencontre beaucoup d’incompréhension avec des réflexions allant du « mais si on on commence à regarder comment c’est fait on ne mangera plus rien » ou encore du « c’est juste des animaux, il y a des choses plus graves ».
    Bref, merci pour ton article !
    PS : j’adore le concept du boeuf d’herbe, je pense que je vais passer une commande

  5. Je suis végétarienne depuis juillet 2013 et je me reconnais bcp dans ton texte : l’amour des animaux, le dégoût de l’industrialisation et de la consommation excessive.
    Au début j’étais plus flexitarienne qu’autre chose puis progressivement complètement végétarienne à tendance végétalienne. Je suis bcp mieux dans mon corps et surtout dans ma tête depuis !
    Mon copain est un grand carnassier mais du coup il n’achète plus en grandes surfaces. Il vaut mieux moins de viande mais de qualité que de manger de la m***** à chaque repas :)

  6. J’aime beaucoup la façon dont tu as rédigé cet article, avec beaucoup de douceur, de respect et de logique, comme tu sais toujours bien le faire d’ailleurs <3

    Pour ma part j'essaie de réduire ma consommation de viande à de la viande de qualité, plus respectueuse des animaux et meilleure au goût, tout simplement car j'adore ça et comme tu l'as dis je pense que manger de la viande fait partie du cycle naturel de la vie et permet de faire perdurer l'éco système. Mais j'avoue que trouver de la bonne viande dont on connait le parcours exact n'est pas facile !

    J'ai découvert aussi les protéines de soja texturées, c'est délicieux bien cuisiné et cela permet de manger des protéines en espaçant les achats de viande (parce qu'elle n'est vraiment pas donnée !)

    Bisous Bisous

  7. Je suis végétarienne depuis 15ans, et je suis toujours amusé de voir à quel point les passions se déchaînent sur ce sujet.

    J’évite ces conversations avec mes amis non végétarien comme mes amis végétarien/vegan, parce que je ne me sent pas toujours aussi « extreme » qu’eux.

    Je m’explique, je ne mange pas de viande, mais je ne pense pas qu’il faudrait arrête totalement l’élevage. Parce que je suis ornithologue et naturaliste, j’observe mon environnement et son équilibre.

    L’élevage intensif est une mauvaise chose, mais la pratique de l’élevage extensif (faible densité d’animaux à l’hectare, sans apport de supplément de nourriture en dehors du pâturage, sauf sécheresse) reste un élément de biodiversité majeur et indispensable pour l’équilibre de l’habitat. Lorsqu’on compare la biodiversité d’un champ de blé (ave sa dose de traitements pesticides, meme bio) avec celle d’une prairie de pâturage pour bovins, une prairie naturelle est incontestablement plus riche.

    Donc, non je ne pense pas qu’il faille totalement supprimer la consommation de viande par l’homme, mais au contraire encourager des pratiques respectueuses de l’environnement (que ce soit pour les animaux, comme pour les champs céréales). Parce que certaines espèces d’oiseaux, de plantes ou d’insects dépendent de ces milieux. Certaines sont meme en voie de disparition en France, parce que les bocages ont été remplacé par des champs de mais.

    Je ne mange pas de viande du tout parce que j’en en perdu le gout (si jamais je l’ai eu), mais mon mari en mange. Le cas échéant, nous achetons de la viande provenant d’élevages qui respecte notre philosophie.

    Voici mon premier post sur ton blog, que j’apprécie beaucoup parce que je me retrouve beaucoup dans les sujets que tu abordes. Merci Victoria.

  8. Je m’étais justement posée la question, si tu étais devenue totalement végétarienne, en voyant tes recettes et photos de plats! Donc ton article ne m’étonne pas et est d’ailleurs très intéressant!

    Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’il faut faire les choses à son rythme, c’est important. Je réfléchis de plus en plus à devenir végétarienne, mais j’attends de me renseigner davantage sur ce mode d’alimentation avant de me lancer pour de bon, afin de faire les choses bien!

    J’ai d’abord commencé par arrêter de consommer tout ce qui est viande transformée (cordons bleus, nuggets, pâtes farcies à la viande, etc…) il y a un bon bout de temps. J’ai de plus en plus baissé ma consommation de viande et j’en achète pas souvent, au début c’était un peu difficile pour mon copain qui adore la viande, mais au final il s’y est fait et ne fait pas la grimace quand je prépare des plats végétariens (c’est à dire les 3/4 des repas) donc j’ai de la chance de ce côté là! Dernièrement j’ai également décidé de ne plus manger de foie gras et c’est là que je me suis rendue compte comme il doit être difficile pour les végétariens de « se faire accepter » car aux fêtes de fin d’année dernières je n’ai du coup pas échappé aux remarques désagréables, auxquelles ma petite sœur a régulièrement droit depuis qu’elle est devenue végétarienne il y a plus d’1 an… C’est vrai que que la génération de nos grands parents et parents ne comprennent pas encore ce choix, de manière générale, donc j’espère sincèrement que ce travail de prise de conscience et d’ouverture d’esprit se fera avec nos générations actuelles et futures!!!

    Maintenant, pour le peu de viande que je consomme, j’aimerais vraiment l’acheter auprès de producteurs respectueux et soucieux du bien être des animaux qu’ils élèvent, mais il n’est pas toujours évident de trouver quand on n’habite pas vraiment à la campagne et/ou quand on ne connaît personne dans ce milieu!

    En tout cas bravo pour ton article et tout ce que tu as évoqué au sujet du végétarisme!

    Clara

  9. C’est amusant, j’ai parlé il y a moins d’une semaine sur mon blog du même sujet que toi :) Je comprends totalement cette envie de transition et de changement. Contrairement à toi, il m’arrive de manger un morceau de viande, mais je sais au fond de moi que cela ne durera pas. J’ai la même vision que toi quand au fait de ne pas voir la viande comme un aliment mais de la chair morte. J’ai également cette désagréable sensation lorsque je la consomme.
    J’ai transformé mon alimentation au fur et à mesure afin d’habituer mon corps en douceur et de ne pas ressentir de manque ou de frustration. J’ai aujourd’hui le sentiment d’avoir pris l’une des meilleures décisions de ma vie.
    Je te recommande de lire le livre de recettes Végétarien vite prêt (Marabout). Il donne de nombreuses idées de plats à réaliser au quotidien ou lorsque l’on reçoit :)
    Bonne continuation .

  10. Que de contributions intéressantes ! J’ajoute ma pierre à l’édifice, moi aussi piscivore sur le chemin du végétarisme.

    Ta phrase « Je reste empreinte de mes souvenirs culinaires […] Je sais que le goût me décevra, je n’y suis plus habituée, donc je ne me sens pas frustrée. » a vraiment fait écho en moi.

    Bien que venant d’une famille de cuisiniers et de restaurateurs, je me suis progressivement détachée ces 10 dernières années des produits animaux ; pas tant pour la cause mais pour le côté ‘manger un cadavre’ qui me faisait de plus en plus réfléchir.

    En revanche, contrairement à toi et pas mal de végé, je ne mange pas ou peu les fameux faux ou simi carnés issus de l’industries agro-alimentaires, car je ne trouve ça ni sain ni naturel (il n’y a qu’à voir la composition au dos du paquet !). Je trouve une abondance d’options dans l’alimentation naturelle. Ayant vécu aux US et au Canada, cette culture des simili-viande est très présente là-bas et ne pousse pas à « couper le cordon » je trouve.

    Ce que je trouve rigolo dans le vie sociale quand les gens se rendent compte que l’on ne mange pas de viande et/ou poisson, c’est qu’ils se justifient souvent de leur propre consommation, presque pour s’excuser d’en manger, alors qu’ je ne leur fais aucune remarque en 1er lieu !

    Une dernière pierre à l’édifice sur le sujet des crevettes et fruits de mer en général : j’ai lu que plusieurs filles se posaient la question du « je suis accro, c’est vraiment le dernier truc qui me tient ». C’était pareil pour moi il y a encore 2-3 mois…. et je me suis surprise à me me trouvée dégoûtée des crevettes (que j’adorais jusque-là). Je dirais donc qu’une transition se fait progressivement… il faut y aller doucement et se laisser le temps d’observer notre évolution et nos sensations dans ce processus.
    Aujourd’hui, je mange parfois 2-3 bouchées de poisson quand un plat m’attire, jamais plus.
    Pareil pour celles qui comme moi adorent les burgers : faites les maison et remplacer juste le steak par des tranches d’aubergines grillées (Picard ou rayon surgelé du supermarché) : un délice !

    Du côté pratico-pratique, je fais mon propre lait d’amande toutes les semaines, et le marché des petits producteurs est au programme de chaque week-end.

    Je suis super contente de voir que l’on est plein dans cette transition vers le végétarisme… cela veut dire qu’il y a une prise de conscience sociale et culturelle qui se met en place !

    Bonne continuation à toutes !!

    • Merci pour ces intéressantes réflexions!

      Concernant les simili-carnés, je précise tout de même qu’il existe en magasin bio d’excellents produits à base de seitan et/ou de tofu ressemblant à des textures classiques (boulettes, nuggets…). Ce n’est pas le cas de tout ce qui s’y vend, mais ça existe. Je lis les étiquettes de tout ce que j’achète sans exception, et je peux te dire que ceux que je consomme sont très « propres » (farine intégrale, que du naturel, etc…), sinon je ne les utiliserais pas.

      En revanche effectivement je préfère faire les choses moi-même quand j’en ai le temps, c’est toujours mieux qu’un produit industriel, pour les simili-carnés ou quoi que ce soit d’autre :)

  11. Article très intéressant. Chose que je remarque beaucoup chez les « néo-végé » c’est ce « besoin » de remplacer forcément la viande.

    Personnellement, j’ai arrêté la viande du jour au lendemain à 16 ans (ça fait donc 10 ans) et je n’ai jamais rien « remplacé » (il y a 10 ans on ne parlait encore pas de lait de soja alors le tofu et compagnie, encore moins, il n’y avait pas ce même effet de mode comme aujourd’hui). En 10 ans je n’ai jamais eu de carences (à raison d’un bilan sanguin par an). Ce que je veux dire c’est que dire sans arrêt qu’il FAUT à tout prix remplacer la viande laisse entendre aux gens qu’ils vont être carencés en devenant végé et que c’est de ce fait compliqué de l’être (la fameuse rengaine habituelle) alors que ce n’est pas le cas. Si on mange de tout à la base, pourquoi chercher à remplacer la viande ?

    On voit tellement de « végétariens » qui ne mangent que des frites et des tomates et se plaignent après qu’ils sont anémiés, que le végétarisme est dangereux, c’est franchement agaçant. Bref, je m’égare ;) Juste : mangez diversifié et tout ira bien, pas besoin de compter le moindre gramme de protéine à chaque repas, des protéines on en trouve partout à condition de manger de TOUT (de tout en fruits et légumes je parle ;)).

    Merci pour cet article, j’espère que tes lectrices vont être sensibilisées. Sinon, as-tu lu No Steak ? Si ce n’est pas le cas, je te le recommande, il est chouette !

    • Merci Victoria pour cet article. Je commente à la suite du message d’Elodie car comme elle je ne comprends l’intérêt des produits simili-carnés à base de soja qui donnent un visuel de viande. ça fait un peu je ne mange pas de viande mais je fais semblant. Je ne pense pas à mal en disant ça, c’est juste que je ne comprends pas. Si tu as un avis sur la question ?
      Mais ce n’est que du détail. Je te rejoins sur tes motivations d’arrêter la consommation de viande et de poisson. Je suis actuellement dans la phase 1 que tu décris. Je restreins mes apports de viande à seulement quelques fois dans la semaine le temps de changer mes habitudes alimentaires et d’ajouter progressivement des protéines végétales. Je me donne 2-3 mois pour devenir végétarienne.
      Félicitations pour avoir le courage de cet article qui déchaîne les passions ^^
      Belle journée,
      Marie

      • Coucou! Moi non plus à vrai dire je ne comprends pas l’incompréhension face aux simili-carnés, haha! Chacun ses goûts, non? Moi j’aimais la viande, donc je suis heureuse de retrouver des textures similaires sans la sensation de « chair ». Pourquoi arrêter de se faire plaisir si on peut conserver des éléments qui nous plaisent sans faire de mal à personne? Pour moi le plaisir est primordial, voilà tout.

  12. RAS, tout est dit. Malheureusement pour moi mon entourage ne comprend pas (ou ne veut pas comprendre) les ravages de la surconsommation de viande (et même consommation). Il est plus simple de fermer les yeux sur certains sujets et garder son petit rythme de vie… J’ai arrêté la viande pendant plus d’un an mais à force de critiques de par mon entourage j’ai arrêté… J’ai tout de même beaucoup diminuer cette consommation et est contrôlée au mieux que je peux (achat de poule en ferme où nous avons la possibilité de les voir gambader…).
    Enfin bref je vais arrêter la sinon mon commentaire va finir en roman (et en plusieurs tomes.!.. Lol).
    Merci de nous avoir fait part de ton expérience.

  13. Pingback: Dimanche Question | Je ne sais pas choisir

  14. J’adore la viande mais je me pose beaucoup de questions en ce moment sur les conséquences négatives de l’élevage sur l’environnement… Mais je ne me vois pas du tout m’en priver totalement. J’ai déjà commencé à ne plus jamais en manger le soir, et pas forcément tous les midis et ca ne me manque pas mais mon homme a beaucoup plus de mal. Si vous avez des avis masculins pour faire accepter la chose.
    Je pense réduire à 2/3 fois par semaine en choisissant vraiment de la viande de qualité, des oeufs bio et du bon formage de temps en temps, ce serait top :)
    Merci pour ton article qui, pour une fois sur ce sujet, n’est pas culpabilisant !
    Bise

  15. Pour ma part je tenais simplement à te féliciter, Victoria, pour cet article très complet et comme toujours très humble, très neutre. Je ne suis pas végétarienne, mais je limite ma consommation de viande à une ou deux fois par semaine. Je ne sais pas si je le deviendrai un jour, mais pour l’instant mon régime me convient. D’ailleurs, j’aimerais exprimer un petit souhait (oui oui oui) : je te suis sur Instagram depuis très longtemps et les photos de tes assiettes me mettent toujours l’eau à la bouche. J’aimerais beaucoup que tu postes un peu plus de recettes végétariennes, c’est très intéressant ! Ou bien même que tu les notes en dessous de tes photos… Voilà ! Bonne soirée et bonne continuation à toi !
    Clémentine

    • Merci mille fois Clémentine! Je ne comprends pas trop en revanche ce que tu veux dire pour les recettes, parce que justement je fais attention à toujours décrire ce que j’ai utilisé et comment j’ai cuit les ingrédients quand je poste l’une de mes assiettes sur Instagram… N’hésite pas à préciser si tu repasses par ici! :)

  16. Bonjour, premier commentaire ici pour moi, merci pour l’article et les échanges intéressants… je ne mange plus de viande rouge après avoir d’abord éliminé très tôt certaines viandes (veau , lapin, cheval, agneau), maintenant plus de bœuf ni porc… restent les volailles et les poissons … pas mieux mais il faut que prenne le temps d’apprendre à cuisiner autrement et mon obsession des sushis ne m’aide pas… j’ai une question tout bête mais essentielle : COMMENT VOUS FAITES POUR LES CHAUSSURES ??? ça parait superficiel mais où et comment trouver de bonnes chaussures (ou sacs quoi que c’est plus facile) et pas en cuir ??? alors là je suis preneuse de solutions

    • Hehe c’est une vraie question oui!! Laëtitia du blog Eleusis & Mégara a évoqué plusieurs fois la question du cuir dans ses articles, avec quelques marques de référence il me semble! En France, je sais qu’Esprit offre une gamme vegan qui a l’air vraiment pas mal mais je ne l’ai pas testée personnellement…

  17. Pingback: Whatever Works » Blog Archive Links I Love #47

  18. Bonjour Victoria ! Je n’ai pas l’habitude de commenter, je te suis plutôt en silence, mais je tenais à te dire que cet article est vraiment très intéressant. Personnellement je mange de la viande. Dans ma famille comme dans beaucoup d’autres je suppose, la viande est « sacrée », midi et soir. J’habite seule depuis presque 2 ans, et depuis j’ai vraiment réduit ma consommation car cela commençait vraiment à me dégoûter ! Aujourd’hui je mange très peu de viande, 2-3 fois par semaine quand quelque chose me fait envie. Le problème que je rencontre fréquemment c’est que mon copain est comme ma famille un grand consommateur, mais surtout de produits transformés comme le jambon que l’on achète en supermarché ou les saucisses type knackis… Et je n’en peux plus, vraiment ça m’écœure ! Par contre je ne me sens pas prête à devenir végétarienne ni à réduire encore ma consommation, et peut être ne le serais-je jamais.. Ton article m’aide à réfléchir encore un peu plus sur le sujet, j’essaye de me poser les bonnes questions… Je suis une fervente amoureuse des animaux, et même si j’adore le goût de la viande je me sens mal d’en manger…

  19. Je garde ton article dans mes favoris !
    Je partage une très grande partie de ton expérience. J’ai suivi les mêmes étapes depuis 1 an environ, les 1 et 2 étaient faciles. La 3ème est beaucoup plus compliquée au quotidien. J’évite au maximum la viande à l’extérieur, mais on tourne vite en rond. Au travail je n’ai pas de cantine, je vais donc acheter dehors presque tout le temps, et les choix végétariens sont assez limités… mais je m’y tiens de plus en plus.
    A Noël, même si j’avais prévenu, ma famille avait du mal à saisir que je ne mange pas de viande « même la volaille ? », et oui la volaille c’est de la viande !

    Merci pour ton partage d’expérience non culpabilisant. Et oui, je confirme on se déshabitue vite. En revanche, le saucisson est mon point faible. Quand j’en vois, j’en mange. Autant je n’ai aucune frustration de viande rouge ou blanche, mais devant le saucisson… j’ai donc inventé un régime : je suis charcuterivore (mais pas chez moi, que dehors). C’est en contradiction avec certaines de mes envies profondes, mais je prends mon temps et je laisse les choses se faire.

  20. Je suis végétarienne depuis l’âge de 16 ans et les difficultés que je rencontre en France ce sont… Les restaurants. Sans parler des restaurants d’entreprise alors là quand on demande une assiette de légumes on vous regarde avec des yeux ronds. Dans les restaurants français il n’y a pas beaucoup de plats pour les végétariens et quand je demande un plat « adapté » par exemple une salade sans les lardons pareil je sens beaucoup d’agressivité de la part du ou de la serveuse. Je sais qu’il ne faut pas se soucier du regard des autres mais quand on doit passer son temps à se justifier, voire s’excuser dans certains cas cela devient pesant au quotidien. Car certaines personnes ne manqueront pas de vous dire qu’ils ont dû faire un plat « spécialement » pour vous qui êtes « chiante »…

  21. Très intéressant cet article Victoria! Pour tout t’avouer je me posais la question depuis longtemps, pourquoi tu ne mangeais plus de viandes, si c’était par choix ou une question de santé donc je suis contente de lire ton article!
    Je te suis depuis un peu plus d’un an sur IG et j’avais plaisir de voir tes jolis plats, mais je ne m’y été jamais penché plus que ça. Mais depuis quelques semaines ton blog est devenu mon nouveau « guide de vie culinaire » ^^
    En ce qui me concerne je ne n’envisage pas un instant de devenir végétarienne, j’apprécie vraiment trop la viande et le poisson, mais je suis dans une phase de rééquilibrage alimentaire, et ce pour des raisons de santé. Rien de grave, un petite hausse de cholestérol due à mon inactivité pendant près d’un an, et le fait que j’adore manger gras et sucré (combo gagnant n’est-ce pas!) Du coup je dois réduire ma consommation de viande, et ce n’est pas simple quand on a l’habitude d’en manger à tout les repas… (en variant bien sûr, mais comme tu dis entre le jambon, les lardons, la viande blanche, la viande rouge.. et quand c’est pas ça c’est le poisson ou les oeufs) Depuis cet été je me suis mise pour la première fois à fréquenter les magasins Bio, à faire le pleins de céréales (j’ai découvert le quinoa! ça change des pâtes et du riz blanc! haha) mais je n’arrive toujours pas à diminuer les protéines animales! C’est pour ça que je trouve ton blog très intéressant! J’ai déjà noté plusieurs recettes que j’ai commencé à tester et que j’aime beaucoup, et je prends tout tes conseils pour remplacer ces protéines animales dans mes assiettes! Je vais consulter les différents liens que tu nous fais partager pour faire le plein d’idées!
    Merci !
    xxx

  22. un article très bien écrit et très complet sur ton expérience et ton cheminement. Je suis devenue végétarienne il y a plus de 2 ans du jour au lendemain (j’avais en fait déjà diminué un peu la viande mais elle restait centrale dans ma cuisine).
    Ce que j’aimerais ajouter à tes propose : dans un régime végétarien, il n’y a pas besoin de « remplacer » à tous prix les protéines animales en ayant peur d’en manquer. on ne manque que très très rarement de protéines si on mange à sa faim (et sans diminuer ses rations type régime amaigrissant) et varié (grains, légumineuses, fruits, légumes, oléagineux). je ne mange pas de soja du tout (ni de seitan) (car j’ai une maladie auto-immune de la thyroïde) et je n’ai aucun problème de carences en protéines, de masse musculaire ou de récupération (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas manger ces produits. mais juste qu’on n’est pas obligé pour être en bonne santé).

    de la même manière, je suis toujours étonnée de voir des femmes dire que devenir végétarienne est impensable car leur homme à la maison aime la viande… c’est je crois plus une conception assez ancrée que les hommes aiment la viande et en ont besoin (pour la force, la virilité et le sang…) pour être de vrais hommes qu’une réelle difficulté. tous les hommes « forcés » au végétarisme (car ils étaient dépendants de la personne qui cuisine chez eux) m’ont confirmé qu’ils ont adhéré au discours et à ce mode de vie et d’alimentation assez rapidement (surtout si la cuisine est bonne et créative. hein la salade avec trois pousses germées et une cuillère de quinoa ça marche pas trop souvent). Je crois que ce discours tient en fait de la peur de voir son homme « dévirilisé »… encore une victoire de l’industrie de la viande qu’il va falloir travailler :)

  23. Très bon article, je fais partie des lecteurs/lectrices silencieux mais je tenais à te dire que ton témoignage est très intéressant.
    Personnellement je ne suis pas végétarienne ni végétalienne mais j’ai complètement arrêter de manger de la viande rouge depuis 2 ans environ car je n’aime pas vraiment ça, je ne supporte pas l’odeur à la cuisson. Je continue de manger du poulet, du poisson et parfois mais assez rarement de la viande de porc sinon aucune autre viande.
    Au final, c’est plutôt un choix par goût que par véritable conviction même si l’élevage intensif n’est vraiment pas quelque chose que je soutiens.
    Je pense que je pourrai devenir végétarienne ou vraiment limiter ma consommation de viande qui est déjà faible mais là où j’habite les possibilités sont plus restreintes que dans d’autres villes. Je pense notamment à BCN où tu habites peut-être toujours et où j’ai passé une semaine en mai 2014 quasiment vegan (hormis pour du fromage) car les possibilités de restauration 100% végétarienne sont énormes et délicieuses ! Je rêve encore de certains restaurants et des marchés colorés par les fruits par centaines !

  24. Bonjour bonjour ! Article intéressant, qui a le mérite de faire réfléchir. Cependant, j’aimerai insister sur le fait que nombre de végétariens semblent très sûrs de leur choix, au risque de vraiment dévaloriser le régime alimentaire des autres, qui eux aiment la viande. Certes, une alimentation plus responsable n’est possible qu’en changeant la globalité de nos comportements, mais ce regard parfois trop moralisateur peut être gênant.
    Pour ma part, je suis ado, je fais beaucoup de sport et prépare un concours élitiste, je rentre à 19h minimum et continue de bosser, donc le coup de pouce de la viande, quoi qu’on en dise, m’est indispensable. Moi-même, je ne mange pas de viande de supermarché ou de plats préparés. J’ai la chance de vivre en campagne, d’avoir un super boucher qui offre une viande de qualité pour presque rien, donc ça me déplaît un peu lorsque certains dénigrent complètement la viande (ce qui n’est pas ton cas !). J’ai dangereusement maigri en l’arrêtant (sans faire vraiment exprès) il y a un an et perdu beaucoup de masse musculaire. Aujourd’hui je suis en pleine forme avec une consommation raisonnable de viande, et j’allie tofu, steak tartare, pintade, omelette et saumon durant la semaine. Je pense que comme pour tout, la clé se trouve dans la modération ! (et puis question cuisine, y’a plein de trucs chouettes à faire avec la viande !)

  25. Merci beaucoup pour cet article, je suis tout à fait avec toi et je sui passée par la même transition il y a quelques années. Je vis en Angleterre depuis près de 4 ans et être végétarien ou végétalien est totalement normal! C’est vrai qu’en France les gens te jugent parce que tu ne manges pas de viande et disent ne pas aimer les végétariens parce qu’ils veulent t’endoctriner alors qu’ils sont les premiers à porter un jugement sur quelque chose de personnel!

  26. Bonjour,
    J’ai exactement la même alimentation que toi ! Plus de viande du tout, du poisson occasionnellement, et de temps en temps oeufs et fromage.. Par contre les odeurs de viande ne me donne pas envie du tout, surtout la viande rouge ca me dégoûte carrément l’odeur !!
    Je vais aller jeter un œil a tes recettes ! Ton blog est super !

  27. Bonjour, je suis tombée sur ton blog complètement par hasard et cet article là m’a particulièrement interpellée puisque je suis dans cette démarche. Pour ma part, j’en suis au tout début, disons à la prise de conscience de l’omniprésence de la chair animale dans mon alimentation. J’en parle ici : http://www.elodieralentit.com/la-tentation-du-vegetarisme/
    J’ai trouvé ton article encourageant car sans jugement et j’ai apprécié que tu nous fasses part de ton retour d’expérience.

  28. Très bel article sur cette belle expérience ! Je me retrouve assez dans ta démarche. J’ai opéré un glissement il y a un peu plus de deux ans (mais de manière complètement anarchique au départ) et depuis quand j’observe le chemin parcouru, quelle satisfaction ! Je m’amuse beaucoup en cuisine, je découvre une palette de saveurs infinie, ça simplifie grandement mes choix au restaurant ! Et je suis en accord avec mes convictions profondes. Le choix du végétarisme n’a jamais rimé pour moi avec privation, bien au contraire… Et après moults examens sanguins : aucune carence à déplorer (pour rassurer la grand-mère !) C’était très chouette de te lire à ce sujet :) J’aime cette approche déculpabilisante qui fait si souvent défaut à d’autres…

  29. Mais comment ai-je pu passer à côté de cet article ?
    OH non heiiiiiiin !

    Très heureuse de te lire ! MERCI ! Je me suis beaucoup retrouvée dans ton explication, ton parcours, tes choix. Cela fait un an que j’ai supprimé la viandes, personnellement je me sens plus en forme et contrairement à toi j’ai eu des difficultés avec le regards des autres, souvent agacé de justifier mes choix « et pourquoi ? et pourquoi ? mais tu dois manquer de ? et on a besoin de la viande blabla » j’ai réussi à force ! Mais en France c’est un réel combat.

    Je suis tes jolies recettes avec plaisir.
    Merci pour ton témoignage qui met des mots sur mon ressenti.

    Julie

  30. J’adore ton article, le sujet y est bien traité et comme cette idée me trotte dans la tête depuis un petit moment ça fait réfléchir. Pour le moment j’ai diminué les doses enfin plutôt les quantités et c’est déjà une étape.

  31. Merci. Cela me démange de plus en plus également. J’espère réussir à me décider mais je suis tellement conditionné dans mon entourage et dans mes habitudes que c’est difficile. Ceci dit, je pense qu’avant de me lancer il faut que je sois convaincu et décidé à 100%, comme cela les choses sont beaucoup plus faciles.

  32. Bonjour :)
    Merci pour ton article il me guide beaucoup. J’ai encore appris une nouvelle horrible à quelques pas de chez moi à propos d’un abattoir et j’en suis tremblante. J’ai déjà essayer de végétalisme et j’ai échoué car pas mal de visite à une période, pas mal de carnivore autour de la table et voilà …
    Mais là ça y’est je suis consciente que pour moi ça ne le fait pas, cette image d’animal mort dans l’assiette me vient régulièrement aussi aux yeux et c’est plus possible.
    Pourrais-tu échanger 2 ou 3 recette ? j’adore les légumes en plus, le poissons et tout et tout :)
    Merci !

  33. Je me rappelais que tu avais écrit un article sur le sujet et je te dis MERCI.
    Aujourd’hui j’ai vu la vidéo de trop, cela fait déjà qq temps que je mange de moins en moins de viande, et que au fond de moi il y avait une sorte de déni de toutes ses infos que je connais pertinemment, mais par habitude on continue d’acheter les lardons, jambons & cie.
    Mais là je crois que je vais vraiment franchir le pas, je vais de ce pas aller regarder tous les livres que tu conseilles pour m’y mettre. Alors j’avoue que la très bonne charcuterie ça va me manquer, on verra pour le moment je vais y aller progressivement comme tu dis :)
    Par contre j’ai aussi vu des videos sur les élevages laitiers et là aussi ça fait peur, mais l’idée de m’enlever les laitages et le fromage aussi là je ne sais pas… Toi ton parti sur ce sujet ?
    En tout cas encore merci pour ton article !

  34. J’arrive plus de deux ans plus tard mais étant moi-même dans une période de transition, j’ai entrepris des recherches sur le végétalisme.
    Depuis enfant, j’ai l’habitude de manger toute sorte de viandes : steaks, poulet rôti, brochettes etc… J’ai toujours aimé ça seulement…

    Depuis environ un an, quelque chose a changé, en moi. J’ai commencé à ressentir du dégoût en mangeant de la viande et étrangement, ça m’a rappelé que je mangeais un être vivant. C’est venu tout naturellement, sans être influencée par tout ce qui entoure le concept healty actuel (que je trouve pourtant intéressant en soi.)

    Aujourd’hui, je commence sérieusement à vouloir arrêter la viande. J’en consomme de moins en moins et ça ne me manque pas spécialement. Bien sûr, l’odeur sera toujours enivrante mais sans plus. Comme toi, ce sera plus une faim qu’une envie. Après, je commence progressivement, en diminuant en premier lieu ma consommation, jusqu’à pouvoir arrêter définitivement. J’ai remplacé mes anciennes habitudes par des produits bio : lait, sons d’avoine, fruits bio… Donc je pense être sur la bonne voie!

    En tout cas, ton article est très intéressant et donne à réfléchir. Toutes ces histoires d’abatoires, je trouve ça affligeant. Déjà, quand j’ai vu ce qu’ils faisaient subir aux canards pour fabriquer du foie gras, j’étais écoeurée. Alors imaginer ce qu’on vécu les bœufs et les vaches dans ces abatoirs est juste horrible.
    Après, je ne juge pas non plus ceux qui consomment de la viande (j’en ai fais partie) mais personnellement, j’y arrive de moins en moins et bizarrement, la viande ne me fait plus spécialement envie, je me sens tout à fait capable de m’en passer.
    Merci à toi, j’irai regarder le guide du végétarien débutant avec plaisir!

    Belle continuation!

  35. Bravo à toi ! Ce n’est jamais facile d’arrêter ou de réduire sa consommation de viande. Mais c’est une « nécessité » pour notre santé et celle de notre planète :)

  36. Ce matin, j’ai acté la décision de devenir végétarienne (après plusieurs mois de réflexion).
    Premier réflexe : venir lire ce que tu en dis. Je te lis depuis plusieurs années et j’aime ta façon d’aborder le végétarisme tout en simplicité et en gourmandise. J’ai dû remonter quelques pages pour trouver cet article (j’avais un vague souvenir que tu avais écrit à ce sujet) et je te remercie pour tes explications claires, transparentes et respectueuses (comme d’habitude, quoi !).
    Je décide d’arrêter les produits carnés pour les mêmes raisons que toi : je ne veux plus cautionner l’industrie. Nous mangeons déjà très peu de viande à la maison, essentiellement du jambon et des lardons, jamais de poisson. Je me sens prête à l’arrêt total de la viande à la maison, et même au restaurant (je mange rarement à l’extérieur, et j’opte souvent pour les cuisines libanaise, indienne ou chinoise donc j’ai l’habitude de manger « végé »). Ce que j’appréhende davantage, ce sont les repas de famille… mais je me laisse le temps d’asseoir mes nouvelles habitudes alimentaires au quotidien, pour ensuite en parler à ma famille (que je vois rarement, mes parents et mon frère habitant à l’étranger).
    Cela dit, je me suis sentie rassurée par le fait que ton choix a, apparemment, été plutôt bien accueilli et que tu n’as pas eu à batailler plus que ça. Merci de ce témoignage.

    Bref, merci d’être une telle source d’inspiration, je vais maintenant me plonger vraiment dans les recettes que tu proposes, haha !

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