Productivité et créativité: ce que mon burn out m’a appris

Je vous en touchais quelques mots dans mon best of 2018: si l’année passée m’a un peu mise à l’épreuve, les crises qui m’ont affectée ont aussi constitué d’incroyables sources d’apprentissage et de reconstruction. Mon burn out du printemps dernier en fait partie: une période frustrante, déstabilisante, mais que je vois aujourd’hui comme un coup de pouce du destin – une opportunité de me retrouver.

Depuis le mois d’avril, mon ralentissement forcé m’a poussée à beaucoup réfléchir aux raisons qui m’avaient menée à l’épuisement – notamment pour les questionner, voire les déconstruire, et m’en libérer. Il m’a offert une précieuse leçon de vie, un changement essentiel dans ma vision du travail et de la productivité, tant ancré en moi aujourd’hui que j’avais envie de partager mon expérience avec vous.

J’ai peiné à mettre en forme mes idées, à construire mon témoignage de façon à peu près rationnelle, et à l’heure où j’écris ces lignes, il me semble encore un peu brouillon – mais avec un peu de chance, peut-être résonnera-t-il chez certain.es d’entre vous.

Il est très clair que mon vécu n’est pas un modèle universel – ne serait-ce que par ma situation professionnelle très particulière, avec un métier passion que j’exerce à mon compte, de manière tout à fait indépendante, en organisant ma vie comme je le souhaite. Il est aussi complètement lié à ma personnalité – celle d’une jeune femme bosseuse, exigeante, sensible aux injonctions – et ne parlera donc pas du tout, a priori, aux personnes qui ont au contraire une tendance naturelle à la paresse et à la détente (ou alors, seulement pour réaliser que votre légèreté innée est plutôt une chance !).

Toutefois, dans l’esprit, je crois que mon cheminement reflète quelque chose de la façon dont nous percevons le travail en tant que société, et notre valeur en tant qu’individu – ainsi qu’une manière alternative de les envisager. C’est une évidence, et à la fois, un message bon à rappeler.

Si vous vous reconnaissez dans ma situation initiale, j’espère de tout coeur que la bienveillance que j’ai acquise dans ce processus vous incitera à appliquer, autant que faire se peut, la même douceur envers vous-mêmes ♥︎creativite-productivite-burnout

Il suffit de lire les interviews d’entrepreneurs célèbres aux journées marathon, ou même de se promener quelques minutes sur Hellocoton pour s’en rendre compte: notre société glorifie l’idée d’une productivité maximale, d’un temps toujours mieux rentabilisé. Il faut se lever plus tôt, être plus efficace, ajouter plus de cordes à son arc.

Nous avons aussi été imprégnés de la culture américaine du mérite – le fameux mythe du self made man – qui valorise le travail obstiné et la persévérance comme instruments de réussite.

Ces pensées, je les ai moi-même intériorisées de manière particulièrement appuyée depuis toute jeune. Elle m’ont été transmises via mon éducation (mon père est justement américain, avec une fibre entrepreneur) et par mon parcours scolaire dans des établissements de très bon niveau, où l’exigence du corps professoral m’incitait toujours à l’effort. J’ai ainsi eu l’immense chance d’acquérir une excellente éducation, un vrai sérieux et de bonnes méthodes de travail, qui ont fait de moi une bonne élève jusqu’à la fin de mon cursus – mais qui m’ont aussi dotée d’une certaine dureté envers moi-même.

Lorsque je me suis lancée à mon compte pour vivre de mon blog, cette pression auto-infligée s’est vue décuplée – nourrie par mes nouvelles responsabilités, bien sûr, par la question financière, mais aussi par un syndrome de l’imposteur lié à mon choix professionnel (me dédier à une passion perçue comme peu sérieuse dans mon entourage), que j’essayais inconsciemment de « justifier » en travaillant de façon acharnée.

Bien sûr, malgré la passion, cette auto-exigence tyrannique était intenable sur le long terme. Étrangement, pourtant, j’étais incapable de m’en rendre compte – pas au point d’ébranler mes priorités. Tant pis si je me fatiguais, si ma santé mentale déclinait; je ralentissais un peu, puis je repartais de plus belle pour compenser. Ma plus grande motivation était la satisfaction d’avoir produit quelque chose – la valeur acquise par cette manifestation tangible de mon travail, et votre feedback. Je ne me sentais valorisée, légitime, qu’en produisant autant et du mieux que possible.

Puis, inévitablement, il y a eu le burn out au printemps dernier: à force de tirer, la corde a lâché, et je me suis retrouvée dans un état d’épuisement émotionnel et mental complètement inédit pour moi.

Neuf ou dix mois ont passé depuis, et je n’ai plus été capable de travailler comme avant. Ma productivité et mon rythme sont longtemps restés à environ 50% de ce qu’ils étaient autrefois; aujourd’hui, alors que je commence à aller mieux, il m’est encore impossible d’enchaîner plus de trois journées intenses de travail, par exemple, sous peine de retomber dans une panne totale de cerveau durant un ou deux jours. Je suppose que je retrouverai bientôt la totalité de mes capacités; toutefois, je ne serais pas surprise de conserver une petite fragilité, une légère craquelure qui marquera mes limites. Est-ce vraiment une mauvaise chose ?

Ce genre de période est aussi déstabilisant que frustrant. Néanmoins, je suis très reconnaissante de la prise de conscience qu’elle m’a imposé: je crois qu’elle a ancré dans mon esprit et dans mon corps une sagesse de vie que j’avais besoin de vraiment comprendre.

Mon burn out a complètement changé mon modèle de pensée: il m’a permis de dépasser la glorification d’une hyper-productivité aveugle, pour chercher plutôt un système adapté à ma situation, donc plus durable.

Moi qui n’avais jamais osé l’envisager ainsi à cause d’une humilité mal placée, j’ai d’abord réalisé que j’exerçais une activité très créative: le coeur de mon travail consiste à alimenter à moi toute seule une ligne éditoriale variée, à trouver de nouvelles idées au quotidien, mais aussi à écrire et créer des images. Je ne pouvais pas ignorer plus longtemps cette composante essentielle, d’où découlait un rapport très particulier à la productivité: la culture du rendement maximum faisait-elle vraiment sens dans un tel cas de figure ?

Non, bien sûr: la créativité peut être apprivoisée, stimulée lorsque l’on en a besoin, mais la logique de l’hyper-productivité l’étouffe. Elle a besoin d’espace, de déconnexion et de divagations pour faire surgir ses meilleures étincelles (bonjour les révélations sous la douche ou en faisant la vaisselle !), mais aussi d’apports extérieurs réguliers pour la nourrir (culture, art, sorties, discussions…).

Le même questionnement se présentait quant à mon statut d’indépendante: l’idée de produire intensément était-elle compatible avec le niveau de responsabilité et de charge mentale que je portais sur mes épaules ? Pas vraiment: si je ne préservais pas ma santé, personne d’autre ne pouvait faire tourner la machine (qui est aussi ma source de revenus) à ma place.

C’est ainsi que j’ai compris: ma productivité, paradoxalement, ne fonctionnerait jamais sans temps morts et autres moments à buller. Les deux sont même intrinsèquement liés. Bien qu’elles ne ressemblent pas aux plages de travail normées dans nos sociétés (c’est-à-dire un temps productif, et/ou un temps passé dans un lieu de travail), les périodes de détente font partie intégrante de mon activité – seule leur occurrence régulière peut créer l’espace mental nécessaire aux nouvelles idées et à la force créative. Si je ne prends pas ces temps, je me coupe l’herbe sous le pied; ils sont à ce point essentiels, autant pour ma performance à court terme que sur la durée.

Alors voilà: depuis quelques mois, j’ai officiellement instauré le farniente comme activité tout à fait valide dans mon emploi du temps. Je n’hésite pas à prendre une ou deux demi-journées chaque semaine pour buller. Je reste au lit plus longtemps, je lis, je regarde des vidéos ou des séries, je vais boire un thé chez une copine, je sors faire un tour, je m’occupe des tâches ménagères en écoutant un podcast, je brode…

Mieux encore, moi qui étais pratiquement incapable de vraies pauses, je fais tout cela sans une once de culpabilité: j’y vois des moments d’enrichissement, de brainstorming indirect et inconscient, ou tout bêtement des soupapes de décompression qui m’évitent de m’épuiser. Je pense un peu moins à l’immédiat, et un peu plus à l’endurance. Ma nouvelle vision de la productivité englobe aussi ce qui la nourrit: ce n’est pas parce que l’on se repose ou que l’on prend du temps pour soi que ce temps est perdu – au contraire, il peut être source d’une meilleure efficacité globale s’il libère de l’espace mental et rafraîchit l’esprit. Certaines entreprises ne mettent-elles pas à disposition des salles de repos pour leurs employés dans ce but précis ?

En incluant ces temps de détente dans ma routine hebdomadaire, j’arrive toujours à produire 3 articles par semaine, tout en redevenant à peu près régulière sur Instagram (en stories ou dans ma galerie) – mon rythme n’en pâtit donc pas. Surtout, j’ai retrouvé un nouvel élan de créativité: j’ai plein d’idées, je relance des projets, je brûle de découvrir de nouvelles choses, je m’essaie à de nouveaux styles et nouvelles techniques… Je suis aussi moins angoissée dans mon travail, et j’aime beaucoup ce que je produis. Bref: je retrouve le meilleur de moi-même.

Il y aura encore un peu d’organisation à prévoir pour intégrer l’activité parallèle que je veux développer cette année (de la rédaction web pour des sites tiers) et recalibrer mes possibilités de rémunération, mais au point où j’en suis aujourd’hui, ce changement d’état d’esprit est déjà une énorme victoire.

Depuis quelques mois, vous pouvez me trouver en pyjama un jeudi à 11h30 en train de faire un masque visage, dans le canapé devant un série détente à 17h30 le mardi, ou au café avec une amie en train de papoter le mercredi après-midi. D’aucuns penseront que je suis l’une de ces blogueuses qui gagne sa vie à ne rien faire (haha, si seulement !), ou que je ne suis pas sérieuse, mais ils auront tout faux – si on le peut, il n’y a pas de mal à s’adapter autant que possible à ses besoins, écouter son corps, protéger et nourrir sa créativité.

Parce que mon exemple est loin d’être un cas isolé (pour les freelance comme pour les salariés, également sous pression), il est d’ailleurs grand temps que les mentalités changent à ce sujet – que l’on envisage le travail dans sa globalité, au-delà d’un nombre d’heures; que l’on voie les choses sur le long terme au lieu d’être obsédés par le rendement immédiat. Face à l’augmentation des burn outs, j’espère que ma génération, qui se questionne beaucoup sur le système établi, saura y insuffler un vent de renouveau plus sain et plus durable !

***

Ressentez-vous la pression de la productivité dans votre vie de tous les jours ?
Est-ce une motivation pour vous, ou une source de mal-être mental ?
Arrivez-vous à vous écouter et prendre en compte vos besoins ?

72 commentaires

  1. Cet article fait écho – il y a quelques mois je me sentais totalement vidée et démoralisée à force de tirer sur la corde. Désormais je m’offre le vendredi après-midi pour faire des choses que j’aime, et ça me fait un bien fou ! Les moments de creux développent la créativité, ils lui créent de l’espace :)

  2. Je suis dans l’entre-deux, j’utilise beaucoup l’excuse de la détente pour ne pas faire d’efforts (par peur de me tromper ou d’échouer) mais je culpabilise de m’être trop détendue ensuite. :D
    Je pense que je vais appliquer cette phrase qui résonne en moi depuis quelques jours : mettre de la joie dans ce que je fais et m’amuser. Parce qu’il ne faut pas prendre la vie trop au sérieux.

  3. À mes débuts d’entrepreneuriat, j’étais comme ça aussi sous pression, je voulais prouver à ma famille que j’avais un vrai métier et que mon activité, c’était du sérieux, je voulais leur reconnaissance!
    À la place, j’étais devenue insomniaque pendant des mois et ma santé en a bien pâti à force de travailler tous les jours, journée et soirée!
    Puis, j’ai revu ma façon de travailler: est-ce que c’est comme ça que j’imaginais ma vie d’entrepreneuse? À f**tre ma santé en l’air? Et j’ai changé toute mon organisation, j’ai repris mes jours fériés et week-ends!
    Aujourd’hui, je travaille deux jours, puis une journée de repos et ainsi de suite. À 18h30, j’arrête de bosser!

  4. Ecoute, j’ai touché de la pulpe du doigt le burn out la semaine dernière et j’avoue que j’ai eu peur. Plus envie de rien, montée d’angoisse en ouvrant les pages de mon ordi. Je bossais énormément depuis quelques semaines entre la sortie de mon e-book, mes thèmes astraux à préparer, mes consultations, mes répétitions avec ma compagnie… J’ai lâché la pédale et ça m’a fait un bien fou. Je ne peux pas dire que j’ai encore trouvé mon rythme et accepté d’avoir des plages « pour autre chose » encore, mais j’y suis amenée souvent par la force des choses. J’apprends jour après jour.

  5. Bonjour Victoria,
    je ne t’avais pas laissé de commentaire sous l’article sur ton burn out, qui m’avait pourtant touché, ne voulant pas agraver les choses en continuant à maintenir une pression indirecte sur toi (personnellement, ça m’angoisserait de voir tous ces commentaires tomber, mais passons ! :-) ). Je me permets de le faire aujourd’hui. Je suis toujours très très admirative mais aussi sidérée de voir le nombre d’articles que tu écris et surtout, la quantité d’idées que tu as. Je me demande toujours comment tu fais, où trouves-tu tout ça, etc. Je vais me permettre de faire quelque chose que je ne me permets jamais sur internet : te donner un conseil. Je ne fais pas du tout la même chose que toi, je n’ai pas fait de burn out (j’ai pété des plombs et fait des bore-out, c’est un peu pareil à l’envers), mais tant pis : j’ose espérer que peut-être, mon conseil te sera utile. En deux mots : ralentis. Publie un peu moins d’articles. Deux par semaine ? C’est déjà énorme. Et ralentis les réseaux sociaux, aussi. Pour ma part, j’ai arrêté twitter il y a de nombreuses années (6 ou 7 ans je pense) (je n’ai pas supporté longtemps), j’ai arrêté facebook ou quasiment (je m’en sers pour mon activité mais je n’ai quasiment pas d' »amis » et j’y passe le moins de temps possible) et j’essaye de privilégier la vraie vie au maximum. J’ai peur que tout cela passe pour un commentaire moralisateur, ce n’est vraiment pas mon but et j’espère que tu ne le prendras pas comme tel. Mais vraiment, je pense (et quand j’écris « je », en réalité, je ne fais que relayer un message qui n’a rien de neuf) que les réseaux sociaux et l’hyper connexion nous déconnectent de nous-mêmes. Tu en as fait l’expérience, tristement. Je suis heureuse de voir que tu prends soin de toi et que cela va mieux. Tu n’as pas à te justifier, jamais.
    Bon rétablissement !

  6. Cet article fait un peu écho avec ce que je vis en ce moment. Je pense que j’ai fait également un burnout sans m’en rendre compte (reprise d’études, travail aux horaires interminable aux états-unis, voyages, pseudo-sociabilisation…) mon corps a craqué, en deux jours je suis passée par toutes les émotions et sur un coup de tête je suis rentrée en France en plaquant tout derrière moi (ou presque). Ça faisait plus d’un an que je m’imposais un rythme fou (blog trilingue, écriture, réédition etc.) et plus le temps passait plus je me sentais incapable d’en faire plus (rendement ralenti, grosse fatigue et flemme, perte de rythme de sommeil, d’appétit…). J’ai à peine 22 ans et j’ai du mal à me dire que je ne suis qu’humaine et que je ne peux pas tout faire, même si ça me coûte. Dernièrement c’est l’inverse et j’ai du mal à prendre mes marques: rupture amoureuse, retour chez les parents, j’attends que les cours reprennent, je suis sans emploi… je cherche à m’occuper. J’ai fait la méthode Marie Kondo, de longues listes To-do que je coche petit à petit mais je me sens beaucoup moins efficace qu’avant et j’ai l’impression d’être un lion en cage. Je vais finir par (re)prendre un rythme sain. Mais dur-dur d’être une hyperactive exigeante dans ces conditions.
    Bref, tout ça pour te remercier pour ton article. Je suis de tout cœur avec toi. Peut-être qu’un jour je mettrai également des mots sur mes maux (haha). A très vite,
    Maëva

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  8. Bonjour,
    j’ai fait un burn out il y a 3 ans. J’étais commissaire de police, je bossais entre 50 et 60 heures par semaine avec des responsabilités énormes, des astreintes de nuit, des permanences de week-end, des injonctions contradictoires. J’ai également 2 enfants, qui sont encore jeunes (mon aînée a 12 ans cette année). Plusieurs choses m’ont amenée vers le burn out, notamment une perte de valeurs dans le métier que j’avais choisi. Mon burn out a été très violent, j’ai songé au suicide, j’ai perdu 10 kilos en 3 semaines, je pleurais tout le temps, je ne mangeais plus mais heureusement, mes enfants, ma famille ont été un grand soutien. Je n’ai pas été en arrêt, c’était à l’inverse de ce que j’ai toujours pensé de moi (une dure, qui bosse, ne se plaint pas). J’aurais dû … J’ai fait une reconversion professionnelle, c’est ce qui m’a permis de tenir. J’ai passé le capes de lettres modernes (j’ai toujours adoré la littérature), alors qu’autour de moi (sauf mon mari), tout le monde me disait que c’était une régression sociale (et j’allais perdre de l’argent). Cela fait un an et demi que je suis professeure en collège et je ne regrette pas du tout mon choix de vie. J’ai retrouvé du temps, de la passion pour ce que je fais, je vois enfin du positif dans mon boulot.
    Mais tout comme toi, je ne suis toujours pas au top de mes capacités, ma mémoire a beaucoup perdu, j’ai aussi vu s’évanouir une partie de mon énergie et de ma confiance en moi. Et à 40 ans, même si je suis encore jeune ;-) , c’est compliqué de reprendre un boulot à zéro.

    Voilà, il est rare que je me dévoile, que je dévoile mon ancien job mais sur ce thème, qui a clairement changé ma vie, je veux témoigner.

  9. Ton article fait vraiment écho à ma situation actuelle, je suis maman de 2 jeunes enfants, nous avons changé de région en France à la naissance du 2ème et j’ai mis en place mon projet de reconversion professionnel.
    Cette semaine je n ai pas pu me rendre à un entretien tellement je pleurais et aujourd hui je me suis littéralement tractée pour réussir mon essai professionnel.
    Le fait ai que l on soit dans un domaine créatif ou autre, on ressent souvent le besoin se justifier quand même on est implique dans ce que l’on fait, quitte à ce mettre nos propres barrières (je m interdis des journées décompression en montagne pour ma part parce que je culpabilise à l idée de le faire alors même que je sais que cela me serais bénéfique dans ma vie familiale et professionnelle

  10. Pingback: #4 – reprise & microbes | Merci pour le chocolat !

  11. Bravo pour ton honnêteté dans cet article. J’ai fait un burn out il y a 11 ans. Bon, on peut s’en sortir mais je crois que cela m’a appris que j’ai un « profil à risques » dans ce domaine. Désormais je suis attentive à mes limites. Le risque de rechute est toujours là mais on apprend surtout à mieux se connaître et à gérer cette particularité. C’est toujours un plaisir de te lire en tout cas.

  12. Merci pour cet article Victoria !
    Je suis freelance et je ressens bien cette pression qui chez moi s’accompagne surtout de la culpabilité de ne plus rien produire de perso (et donc sympa, artistique, non commercial, bref…) en dehors de mon travail.
    Déjà pendant mes études artistiques je trouve qu’il y avait presque une sorte culture de l’épuisement dans certaines formations et j’ai mis bien longtemps à comprendre qu’en fait je détestais ça !

  13. Cet article tombe à pic. Non pas que je sois en train de faire un burn out en bonne et due forme, j’en perçois néanmoins les prémices: démotivation, cynisme sur mon métier pourtant passion (la santé!), productivité en baisse et surtout surtout l’impression de passer à côté de ma vie à force de travailler sans arrêt.
    J’ai eu une vraie prise de conscience il y a 3 semaines de cela, je ne me reconnaissais plus, je pleurais rien qu’à l’idée d’aller travailler, j’avais juste envie d’avoir du temps libre et de reposer mon esprit. Oh oui reposer cet esprit qui me faisait comprendre qu’il n’en pouvait plus et qu’il avait besoin de repos !!!!
    J’ai compris que c’était un peu un syndrome du premier de classe (chose que j’ai toujours été d’ailleurs), et qu’il fallait savoir se mettre des limites mais en imposer également aux autres (dans le cas d’une entreprise avec des collaborateurs, collègues et patrons…). Et que les pauses, le repos sont essentiels à notre bien être mais in fine, à notre productivité également. donc au lieu de les bânir, on se doit de les accueillir !

    Une question bien d’actualité, fort bien relatée et dont la lecture m’a fait du bien. Merci Victoria. Et en espérant que tu ailles mieux, c’est le principal :)

  14. Merci Victoria pour ce partage d’expérience et ton honnêteté sur des passages plutôt douloureux de l’année dernière.
    Je te suis depuis 8 ans et tes articles sont toujours pertinents et agréables à lire.

    Merci !
    Belle journée !

  15. Coucou Victoria, un grand merci pour cet article édifiant. Je te rejoins complètement sur cette vision de la société et, ayant reçu une éducation aux valeurs similaires, je me retrouve complètement dans ta description. Je trouve aussi un vrai écho à la vie que je mène en ce moment, avec cette prise de conscience qui, dans mon cas, n’est pas encore suivie d’effet. Il est temps d’y arriver avant un probable burn-out… Je te découvre aussi, nous avons passé plusieurs années sur les mêmes bancs de la fac sans avoir beaucoup échangé. Nous n’étions sûrement pas celles que nous sommes devenues, mais une chose est sûre, je vais te suivre pour toutes les valeurs que tu portes et nous transmets dans ton blog, merci !

  16. Ahlala c’est tellement vrai ce que tu dis… Prendre du temps pour soi en off, n’est pas complètement un moment inefficace dans sa journée. Surtout après la dure période que tu as vécue, tu fais vraiment bien de faire ça, surtout que tu arrives très bien à maintenir ton rythme.

    Laura

  17. Moi quand je suis « au bout », je le sais vite, parce que je me mets à penser à la mort. Je me dis qu’on doit être drôlement bien, mort. Plus rien à faire, plus rien à penser, juste à rester allongé! La. Paix.
    Voilà, c’est mon signal, mon corps et ma tête me l’envoient pour me demander du repos, parce qu’il n’y a plus de ressources nulle part.

    Alors, comme le bucheron qui préfère prendre du temps pour aiguiser sa scie pour couper mieux et plus vite sa montagne de buches ensuite, au lieu de ne pas vouloir « perdre » du temps à aiguiser sa scie et s’acharner avec une scie émoussée, aiguisons notre scie, bullons, accordons-nous du repos, au lieu de vouloir travailler sans cesse avec un corps et une tête fatigués.

  18. Hello Victoria, un grand bravo pour ton article très inspirant pour moi, et oui les meilleures idées nous viennent quand on a l’esprit dégagé de toutes surcharges mentales ! Alors au lieu de penser court terme pensons long terme comme tu le dis.

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