Derrière ce titre racoleur se cache une authentique réalité: depuis environ un à deux ans, mon anxiété chronique a pratiquement disparu. Mon humeur s’est largement stabilisée, et je ne souffre même plus de déprime saisonnière, moi qui étais si sensible auparavant au manque de lumière !
Il ne s’agit pas d’un miracle, mais bien d’un changement global de paradigme: après des années à essayer vainement de gérer mon inquiétude constante, j’ai adopté une nouvelle hygiène de vie – grâce au sport, mais pas que ! – et cela a tout changé.
Parce que mon expérience est, je crois, transposable à nombre d’autres cas, j’ai eu envie de vous en parler plus en détails aujourd’hui, avec l’espoir de permettre à quelques personnes parmi vous d’avancer aussi vers un mieux.
MON EXPÉRIENCE DE L’ANXIÉTÉ
J’ai commencé à souffrir de stress à partir de l’adolescence. Dans ma famille, beaucoup de personnes sont d’un naturel nerveux et angoissé, alors je crois qu’il y a une forte composante génétique là dedans !
L’anxiété est arrivée plus particulièrement entre mes 25 et 30 ans, avec deux composantes principales: l’une liée au travail, et l’autre sociale.
La première s’est développée dans le cadre d’un mauvais équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle, et à cause des défis inhérents à l’auto-entreprenariat. Je travaillais énormément sur mon blog, mon livre et mon compte Instagram, sans jamais m’éloigner plus de quelques heures de mes tâches. Étant seule au volant, et très exigeante envers moi-même, j’ai fini par tomber dans un profond burnout, dont j’ai mis plus d’un an à me remettre. Plusieurs autres petits épisodes d’épuisement s’en sont suivis, au fur et à mesure de mon apprentissage. Cet état m’a amené à ressentir beaucoup d’anxiété vis à vis de mes tâches à accomplir de façon générale: dès le réveil, tous les matins, je me sentais prise à la gorge par tout ce que je devais réussir à faire et gérer. Souvent, la panique me bloquait, rendant difficile toute réflexion. Même le week-end ou en vacances, je peinais à me couper de ces pensées.
Mon anxiété sociale est apparue en parallèle avec des symptômes presque tout aussi handicapants: angoissée à l’idée que l’on me remarque, que l’on me regarde, j’en suis arrivée lors de la période la plus intense à avoir peur de sortir de chez moi, et ne plus oser aller nulle part toute seule. Toute occasion quotidienne qui impliquait un contact social avec des inconnus (rendez-vous, téléphone, événements, commerce…) ou un lieu que je ne connaissais pas me mettait dans des états de panique intérieure assez pénibles.
Enfin, j’étais aussi pétrie d’angoisses récurrentes liées notamment à la peur de la mort.
Pour ces différents problèmes, j’ai consulté autour de mes 29-30 ans une psychothérapeute avec laquelle j’ai fait un suivi de neuf mois, qui m’a été très bénéfique ! J’en suis sortie plus légère, plus apaisée.
Une forme d’anxiété chronique est néanmoins restée en moi de façon plus « sourde »: en plus d’être sujette au stress, je vivais constamment avec un sentiment de catastrophe imminente. Tout était sujet à une inquiétude latente. Je me réveillais la gorge serrée dès le matin, et beaucoup de tâches de la vie courante me semblaient difficiles à affronter: je peinais à prendre mes rendez-vous, à ouvrir mes messages et y répondre, à gérer mes tâches… tant cette panique intérieure me paralysait. Chaque petit hic devenait une montagne, et je perdais vite pied – même si je faisais bien sûr mon maximum pour mener ma vie de front aussi correctement que possible malgré tout. Le courage que cela me demandait au quotidien était épuisant !
Pour gérer ces bouffées d’émotions négatives, j’ai été familiarisée très jeune avec plusieurs techniques classiques d’apaisement (respiration, méditation, visualisation…). Plus tard, j’ai commencé le yoga sous recommandation de divers professionnels de santé. Il y a quelques années, enfin, j’ai ajouté le CBD à mon arc – un complément très précieux car ultra efficace sur moi pour couper l’effet panique. Toutefois, ces solutions restaient de l’ordre du pansement: elles n’amélioraient pas le problème de fond, me permettant simplement de mieux en gérer les manifestations.
LE SPORT, MA RÉVOLUTION
Il a fallu finalement attendre 2022 et la naissance de mon intérêt pour le mouvement (notamment via cet excellent ouvrage de divulgation, ou celui-ci !) pour qu’enfin, je redécouvre la possibilité d’une existence sans panique latente constante. Comme si, au lieu de m’obstiner à apaiser mon esprit, je devais avant tout me reconnecter à mon corps – une idée que je trouve assez intéressante !
Je l’évoquais déjà dans ce bilan de ma première année de running: l’adoption d’une routine sportive régulière a véritablement marqué un avant et un après dans ma santé mentale. C’est aujourd’hui ma « béquille » principale et un facteur absolument indispensable à mon bien-être: le sport m’aide non seulement à évacuer mes émotions négatives au travers de l’effort physique, mais aussi à maintenir un moral plus stable et niveler mon émotivité.
Ce n’est d’ailleurs pas étonnant, au vu de tout ce que la recherche a pu constater sur les bénéfices de l’activité physique pour la santé mentale: source d’estime et de connaissance de soi, régulateur naturel d’humeur, le sport est aujourd’hui prescrit en traitement de première intention pour les cas d’anxiété ou de dépression légère à modérée. Cela peut prêter à sourire, mais je suis moi-même témoin de son efficacité redoutable !
Si la marche et le yoga faisaient déjà partie de mes habitudes, j’ai réalisé en commençant à courir qu’il manquait cet aspect plus intensif à mon quotidien: je ne me donnais jamais l’occasion de me défouler, de « brûler » mon stress. Mes stratégies reposaient plutôt sur la recherche de calme, alors que j’avais aussi besoin de canaliser tout mon surplus de tensions dans des activités plus cardio, ou du moins plus éprouvantes ! C’est cet élément qui a tout changé, et qui a rapidement éteint le feu de mon anxiété chronique: je ne me lève plus avec cette sensation de panique intérieure sans raison.
Aujourd’hui, ma routine hebdomadaire (qui comprend trois sorties running de différentes intensités, une séance de renforcement musculaire d’une heure, un peu de yoga doux et de la marche tous les jours) me permet de maintenir mon anxiété à un niveau inexistant quand tout va bien, et à un seuil beaucoup plus bas qu’avant en périodes plus compliquées. Dans ce second cas de figure, l’anxiété est d’ailleurs plus limitée d’une certaine façon – cantonnée aux éléments perturbateurs qui la provoquent, sans contaminer d’autres sphères – et je me sens plus à même de la surmonter.
La différence est notable en revanche lorsque, pour une raison ou une autre, je bouge moins pendant une période donnée: ma nervosité augmente nettement. C’est pour cela que j’essaie au maximum de m’y tenir, peu importe la météo ou mon emploi du temps. Heureusement, en cas de stress accumulé malgré tout, il me suffit de sortir courir ne serait-ce que 20 minutes pour retrouver une certaine paix intérieure !
MES HABITUDES COMPLÉMENTAIRES
Si le sport combat parfaitement mon anxiété chronique, il est inévitable que de temps à autre, mon équilibre mental soit fragilisé par des tracas ou des appréhensions ponctuelles que même une séance défouloir ne peut me faire relativiser.
Là aussi néanmoins, j’ai réussi à identifier avec les années ce qui m’aidait à ne pas laisser la casserole de mes émotions déborder. Plus que les techniques d’apaisement classiques, ce sont plutôt mes nouvelles habitudes de vie qui ont vraiment fait une différence, parce qu’elles sont à la fois le signe et le moteur d’un changement plus profond.
☞ Extérioriser au maximum. Mettre des mots sur ce qui me stresse (par écrit ou en parlant avec une personne de confiance) avant que le ressenti ne prenne trop d’ampleur m’aide énormément à évacuer le surplus d’émotion – comme une cocotte minute dont on laisserait s’échapper un peu de vapeur ! C’est aussi un moyen pour moi d’éclaircir mes idées, de prendre du recul sur mon problème, et bien sûr de pouvoir recevoir de l’assistance. Expliquer ce à quoi je pense et ce que je ressens équivaut presque à une séance de brainstorming, dont je ressors plus à même de faire face à mon angoisse et la solutionner. Pour quelqu’un qui avais l’habitude de tout garder pour moi, cet entraînement à m’ouvrir davantage est très salutaire. Je pratique cette extériorisation au quotidien avec mon compagnon, et dans une moindre mesure, mon entourage proche – mais j’ai aussi beaucoup apprécié, dans le passé, pouvoir le faire au cours de mes séances de psychothérapie lorsque j’avais besoin d’une aide plus professionnelle.
☞ Savoir dire non. Pour limiter mon anxiété dans la vie courante, j’ai appris avec le temps que je devais absolument connaître mes limites et respecter ma petite voix intérieure, surtout quand je suis dans une période plus vulnérable. Étant de nature à toujours vouloir faire plaisir, je frôle facilement l’épuisement émotionnel à force de donner mon temps et mon attention en excès, ou de me forcer à faire des choses qui ne correspondent pas à mon envie du moment – et cela peut être une grande source de conflit intérieur, donc de stress. Sans jamais me priver d’être une bonne amie (ou fille, soeur…) lorsque j’en ai l’énergie, je fais toutefois plus attention à m’écouter pour savoir dire non lorsque cela s’avère nécessaire, et cela a beaucoup allégé mon quotidien ! La peur de décevoir est difficile à affronter au départ, mais avec un peu d’expérience, je suis persuadée que ces limites bénéficient à toutes les relations (non toxiques) de notre vie, permettant des moments de partage plus authentiques.
☞ Soigner mon hygiène de vie. Je crois que cet aspect, typiquement négligé quand on est plus jeune, acquiert de plus en plus de valeur lorsque l’on mûrit – sans doute parce que l’âge ne pardonne plus ! J’ai pour ma part remarqué une vraie différence dans mon état émotionnel lorsque je ne mange pas correctement (trop de sucre, trop de gras, trop d’aliments transformés, alcool…), et surtout, surtout, lorsque je ne dors pas assez. Combien de fois ne me suis-je pas alarmée en me trouvant déprimée, prompte à pleurer pour rien, anxieuse, pour finalement voir tous ces symptômes disparaître après une bonne nuit de repos ? Depuis quelques mois, c’est devenu non-négociable pour moi: je me couche au maximum à 23h (et si possible avant) pour mon réveil à 7h30 en semaine – et j’essaie de ne pas décaler ces horaires de plus d’une heure le week-end pour conserver un rythme stable. Enfin, je veille à éviter les carences en vitamine D en hiver en m’exposant longuement à la lumière du jour tous les jours, et en me supplémentant; de même, je fais des cures de magnésium régulièrement.
Enfin, bien que je n’en ai presque plus besoin, je conserve toujours à la maison quelques gummies ou huile au CBD pour m’aider en cas d’épisode particulièrement stressant !
CONCLUSION
Bien que la nervosité et l’inquiétude fassent partie de ma nature profonde, je sens aujourd’hui que je touche du doigt les clés pour vivre de façon un peu plus apaisée, et ne plus me laisser envahir par l’anxiété constante qui m’a longtemps accompagnée au quotidien.
La solution du sport, qui paraît si basique qu’on peine à y croire, a véritablement changé ma vie sur cet aspect (tout autant qu’elle a changé mon ressenti physique), et je brûle d’envie d’inciter un maximum de personnes à s’y essayer tant elle me paraît saine, accessible et efficace. Bien sûr, la course à pieds n’est pas la seule option possible: j’imagine que les cours collectifs, les sports d’équipe, le tennis, la boxe, le crossfit ou la natation, par exemple, peuvent procurer les mêmes effets apaisants. Le plus important est de choisir ce qui nous correspond le mieux !
En parallèle, le travail que je fais sur moi-même pour déconstruire mes schémas relationnels, respecter mon intuition et honorer davantage mes émotions me semble tout aussi important pour simplifier ma vie et m’éviter nombre de situations inconfortables pourtant dispensables. C’est un long chemin, qui demande du courage, mais il en vaut mille fois la peine.
D’une certaine façon, j’ai la sensation que les deux aspects sont liés – sport et développement personnel, apprentissage physique et apprentissage émotionnel. Chair et coeur, nous sommes un tout !
J’espère de tout coeur que cet article vous aura rassuré.e, apaisé.e ou motivé.e si vous en aviez besoin.
Courage à tou.tes les anxieux.ses !
69 commentaires
J’aime beaucoup l’idée d’un changement global de paradigme plutôt que d’une solution miracle. Le lien que tu fais entre le sport, l’hygiène de vie et la disparition de ta déprime saisonnière est particulièrement intéressant, car il montre une évolution durable plutôt qu’un simple soulagement ponctuel.