Mes Dernières Lectures #55

Quel plaisir de vous retrouver aujourd’hui pour parler bouquins ! Bien que ce type d’article se soit raréfié sur le blog depuis plus d’un an (grande panne de lecture oblige), il reste l’un de ceux que je prends le plus plaisir à rédiger – sans doute parce que j’aime ce moment d’introspection à sonder mes ressentis, y poser des mots, mais aussi le cas échéant par envie de vous faire découvrir des choses qui m’ont plu !

La sélection d’aujourd’hui, je crois, pourra plaire à différents types de lecteurs/rices parmi vous, puisqu’elle regroupe trois titres radicalement différents: un roman très émouvant mais lumineux à sa façon, une bande dessinée qui provoque la réflexion malgré sa taille succincte, et un tome de saga “cosy mystery” à l’écossaise.

Vous l’aurez remarqué, je renoue progressivement avec mon amour de la fiction, et réussis désormais à terminer davantage de livres qu’auparavant. Pourvu que cela dure ! En attendant, j’espère que ces avis pourront inspirer certain.es d’entre vous.

SOUS UN GRAND CIEL BLEU – Anna McPartlin
En collaboration avec les éditions du Cherche-Midi

Certain.es parmi vous se souviendront peut-être du roman Les Derniers Jours de Rabbit Hayes. Comme beaucoup, il y a 5-6 ans, j’avais été profondément émue par cette histoire: celle de la fin de vie de l’incroyable Rabbit, maman célibataire atteinte d’un cancer du sein en phase terminale, mais aussi et surtout de l’amour immense entre elle et sa famille haute en couleurs.

Malgré le sujet extrêmement triste, j’y avais trouvé un humour et une énergie surprenante (de ceux dont les Irlandais ont le secret face à la rudesse des éléments), une ode lumineuse à la vie et aux relations humaines. Quand le Cherche-Midi m’a proposé de découvrir la suite de ce récit avec Sous un grand ciel bleu, j’ai donc bien volontiers accepté de m’y plonger !

Dans ce nouvel opus, nous rejoignons la famille Hayes là où nous les avions laissés, au moment du décès de Rabbit, avant de suivre les conséquences de ce chamboulement dans leurs vies – et la lente, difficile reconstruction sans l’être aimé. C’est un roman sur le deuil, mais avant tout un roman sur la vie, sa beauté malgré la tragédie, et la valeur des liens que nous formons: l’amour (amoureux, filial, familial, amical…) comme étoile quand la nuit semble interminable.

À l’instar du premier tome, j’ai eu la gorge serrée presque tout au long de ma lecture, submergée d’émotion entre deux sourires. Les personnages imaginés par Anna McPartlin sont absolument uniques, farfelus souvent, tellement Irlandais dans leur caractère pragmatique et têtu. En les suivant dans ce moment d’effondrement, on les redécouvre peut-être encore plus intimement, de façon encore plus bouleversante. Ils doutent, font des erreurs, se replient sur eux-mêmes, cherchent à se punir, à se protéger; c’est chaotique, brut, mais profondément humain – et toujours illuminé par le souvenir de celle qui les unissait.

Si certaines parties du récit m’ont un peu moins convaincue que d’autres (outre quelques longueurs, je n’étais parfois pas d’accord avec les réactions des personnages), j’ai globalement beaucoup apprécié à nouveau cette lecture, aussi bouleversante que belle.

De sa plume vivante et rigolote, Anna McPartlin a le don de réchauffer nos coeurs et de nous rappeler l’essentiel. En ces temps où beaucoup d’entre nous avons besoin de réconfort, je crois que, paradoxalement, ce roman peut faire du bien.

Ma note: 4/5

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NOUVEAU CONTACT – Bruno Duhamel

J’avais déjà entendu parler de Bruno Duhamel pour son titre Le Retour, librement inspiré du sculpteur Cesar Manrique à Lanzarote, qui m’intriguait énormément. Quand je suis tombée sur Nouveau Contact, une histoire située dans une Écosse fictive et inspirée par la légende du Loch Ness, deux choses se sont imposées à moi: cet auteur-dessinateur partageait ma sensibilité pour les paysages bruts et sauvages, et je devais absolument découvrir ses oeuvres !

Mon amour pour le pays des cornemuses m’a poussée à commencer par Nouveau Contact, un titre un peu moins connu datant de 2019, dont le sujet on-ne-peut-plus actuel me parlait néanmoins beaucoup: les dérives des réseaux sociaux.

On y suit Doug, un photographe raté, solitaire et reclus sur les rives de Castle Loch. Un jour, alors qu’il vient de photographier une étrange créature sortie des eaux, son envie de reconnaissance le pousse à poster ses images sur le réseau social Twister – une décision qu’il va vite regretter, alors que l’événement prend des dimensions disproportionnées.

Outre les traits expressifs des dessins, j’ai apprécié dans cette lecture la satire à la fois drôle et piquante de notre société. L’auteur y dénonce avec un humour mordant les jugements hâtifs fondés sur l’apparence et colportés sur les réseaux sociaux, l’indignation automatique et ses effets de masse, mais aussi la toute puissance du capitalisme et des grandes corporations. L’histoire en elle-même est très simple, et très courte, mais cette critique sociale foisonnante (il y en a des piques dans ces 72 pages !) lui apporte plus de profondeur qu’on ne le croirait.

Une belle découverte que j’ai dévorée en quelques dizaines de minutes, et qui m’a donné envie de découvrir le reste de la bibliographie de Bruno Duhamel: Le Retour et Jamais sont désormais dans ma PAL. Si vous avez envie d’une lecture graphique rapide, divertissante mais pas idiote, jetez-y un oeil !

Ma note: 4/5

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DEADLY EDITIONS – Paige Shelton

Si j’ai évoqué à plusieurs reprises la saga « Scottish Bookshop Mystery » ces dernières années, typique du genre littéraire cosy mystery (des enquêtes criminelles non violentes dans un cadre sympathique), j’ai rarement pris le temps de vous parler de ses tomes en détail – sauf pour le deuxième opus en 2018.

Je suis pourtant religieusement les nouvelles enquêtes de Delaney Nichols, jeune Américaine devenue libraire à Edimbourg, à chaque nouvelle parution depuis plus de trois ans. Malgré des défauts récurrents (manque de réalisme, facilité des ressorts de l’intrigue, rythme inégal…), c’est une série que je trouve parfaite pour se détendre et se plonger dans le charme d’une ambiance foncièrement écossaise, si on lit l’anglais.

Dans Deadly Editions, Delaney se retrouve invitée à participer à une chasse au trésor littéraire par une grande collectionneuse excentrique, Shelaigh O’Connor. À la clé ? Une première édition hautement recherchée du fameux roman de Robert Louis Stevenson, Dr Jekyll et Mr Hyde. La quête est intrigante pour notre libraire spécialisée en objets précieux, mais très vite, les fantômes du passé de Sheilagh, autrefois accusée de meurtre avant d’être finalement relaxée, viennent la teinter d’un danger oppressant.

Le tome précédent, The Stolen Letter, s’étant avéré l’un de mes préférés de la saga, j’entamais cette nouvelle enquête avec une certaine attente, d’autant que le synopsis me plaisait beaucoup. Finalement, je situerais cette lecture dans la moyenne par rapport aux précédentes: le mystère initial fonctionne bien, mais l’intrigue s’effiloche progressivement dans toutes sortes de pistes tout en ignorant des évidences qui, à titre personnel, m’avaient semblé louches depuis le début.

J’ai malgré tout passé un bon moment dans l’atmosphère d’Edimbourg pour quelques heures de distraction, toujours parfaite quand j’ai juste besoin de me changer les idées. Je continuerai à suivre les prochaines aventures avec plaisir !

Ma note: 3,5/5

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L’un de ces titres pourrait-il vous intéresser ?
Avez-vous fait de bonnes lectures récemment ?

Pssst, tant que l’on parle d’idées lecture ! Si vous avez une Kindle, sachez que l’excellent roman de ma copine Manon, Quand s’en ira la peur, dont je vous avais parlé par ici (un vrai coup de coeur) est désormais réédité en version numérique à tout petit prix !

Cet article contient un partenariat rémunéré.

Cet article contient également des liens affiliés Fnac et, par défaut, Amazon (certains livres édités de façon indépendante n’étant pas disponibles ailleurs). Néanmoins, si vous en avez la possibilité, je vous encourage à vous fournir auprès de votre librairie locale, qui a besoin de vous: regardez par exemple sur Place des Libraires !

MERCI ♥︎

6 commentaires

  1. Cette BD sur fond d’Ecosse me tente. J’aime beaucoup les BD par temps de pannes de lecture, ça permet de relancer la machine, et on peut trouver de telles pépites parfois! Je vais la guetter en bibliothèque.
    Mon rythme lecture est aussi pas mal ralenti ces derniers temps. Je vais pas mal du côté de la jeunesse (et des BD, voire des BD jeunesse!), qui met parfois un baume à l’âme. J’ai terminé le tome 2 de Pages & Co (Tilly and the lost fairy tales) récemment. Cette saga 9-12 ans est si cosy, avec un amour des livres et de l’imaginaire qui transparait à chaque page. Je découvre également La quête d’Ewilan. Pas emballée par le style de prime abord, je me suis fait avoir et j’ai dévoré les deux premiers tomes en quelques jours. Evidemment, je traine sur le dernier.
    Et le gros défi du moment (à part finir mes 10 livres en cours, comme la bio des Brontë de Barker ou Daughter of the Forest de Marillier), c’est de lire Wolf Hall de Hilary Mantel. C’est très exigeant comme lecture, un vrai mille-feuille historique, mais c’est si envoutant déjà, en à peine 100 pages. Ca me prend des heures à me renseigner sur la guerre des roses et les Tudor (c’est une bio fictive de Thomas Cromwell, conseiller de Henri 8), mais je crois (j’espère) que ça vaut le coup :)

  2. J’avais tellement aimé Les Derniers jours de Rabbit Hayes que je devrais adorer cette suite… J’espère avoir l’occasion de la découvrir prochainement !

    Et comme toi j’ai succombé au charme du cosy mystery. Je ne connais pas cette série-là mais plusieurs séries déjà traduites en français me font de l’œil. Seul souci : avec autant de tomes, difficile de suivre bien souvent !

  3. J’avais beaucoup aimé le premier tome de Rabbit Hayes qui m’a également émue aux larmes (comme beaucoup de lecteurs je crois) donc j’ai hâte de découvrir « Sous un grand ciel bleu ».
    Dans le genre du cosy mystery j’ai également noté « Bal tragique à Windsor » qui est, apparement, un bon divertissement.
    Sinon, j’ai récemment lu « Betty » de Tiffany McDaniel et j’ai eu un énorme coup de coeur pour ce roman que je te recommande chaudement (même si les sujets abordés sont assez durs).

  4. Moi aussi, j’aime les films de science-fiction et les dessins animés qui font pleurer. Tout le monde me juge que je me comporte encore comme une gamine avec ce dernier, notamment parce que je pleure.

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