Mon combat contre le stress chronique

Je suis une personne très stressée et angoissée. Il faut me connaître dans l’intimité pour en prendre toute la mesure, puisque je suis aussi du genre à garder tout pour moi, mais cette tension nerveuse imprègne mon quotidien au point de devenir une sorte d’habitude malsaine: à 28 ans, je ne me souviens même plus d’à quoi ressemble la vie sans lui.

Cela fait longtemps que mes proches, mes médecins, ostéopathes, naturopathes etc… en voient les conséquences et me demandent d’éviter au maximum ces émotions négatives. Outre l’inconfort qu’il engendre au quotidien, de nombreuses études mettent en évidence l’impact du stress chronique sur la santé physique et mentale: c’est un fait, le stress rend malade, et j’en suis un exemple assez typique.

J’ai fait ce que j’ai pu, mais diminuer son stress est une tâche extrêmement difficile, car comme la plupart des émotions fortes, il est inné, intuitif, difficile à cerner et parfois presque incontrôlable. Les diverses techniques de relaxation peuvent beaucoup aider dans l’instant, bien sûr, mais elles ne révolutionnent pas forcément notre façon d’être: au moindre obstacle, la nature peut revenir au galop.

C’est ainsi que je suis arrivée cette dernière année à un point de non retour, qui m’a fait l’effet d’un électrochoc. Outre mes angoisses communes et le climat international morose, j’ai accumulé pendant environ 6 mois une charge de travail beaucoup trop importante en menant de front mon activité sur ce blog (qui est ma source de revenus) et un gros projet personnel à côté. J’en suis devenue complètement surmenée, affectée comme jamais (pleurs constants, crises d’hystérie), et ça a été la goutte de trop: j’ai réalisé que rien au monde ne justifiait que je me maltraite de cette façon.

J’ai mis des mois à me remettre de cet épisode, mais cette « convalescence » émotionnelle a été l’occasion d’une grande réflexion sur la vie que je souhaitais mener. J’ai repensé à mes priorités, ouvert les yeux sur les pressions inutiles que je m’infligeais sans raison, et décidé que j’en avais assez.

Le stress a tenté très souvent de reprendre le dessus, et il réussit encore souvent à me serrer la gorge, mais au fond de moi, quelque chose a changé: de victime impuissante, je suis devenue combattante. Je serai toujours de nature inquiète, mais je ne veux plus souffrir de toutes ces réactions disproportionnées au quotidien, de mon exigence irrationnelle envers moi-même; je ne veux plus me rendre la vie plus difficile qu’elle ne l’est.

Parce que le stress chronique est un sujet qui, malheureusement, touche sûrement beaucoup d’entre nous, j’ai eu envie de partager avec vous mon nouvel état d’esprit, et les différentes étapes qui m’auront aidée dans cette voie. Je m’y livre en toute transparence afin de vous donner des exemples très concrets de mon expérience; j’espère de tout coeur qu’ils vous parleront, et qu’ils vous apporteront quelque chose de l’ordre de l’inspiration, de la motivation, ou d’une simple note d’espoir.pexels-photo

RECONNAÎTRE LES CONSÉQUENCES DE SON STRESS

À mon sens, on ne peut pas combattre son stress sans l’avoir reconnu comme tel, ou sans avoir accepté qu’il prend des proportions trop importantes dans notre vie. Cela peut être dur à admettre, notamment quand on y est habitués: on a presque l’impression qu’il est normal et naturel d’être constamment sous tension.

Pour se rendre compte du contraire, je trouve utile d’identifier et de faire la liste des conséquences directes de notre stress sur notre état de santé, nos projets, nos relations aux autres… C’est souvent là qu’il se révèle, de façon très concrète, et écrire ces points noir sur blanc est une bonne façon de voir l’étendue des dégâts…

Chez moi, les conséquences physiques du stress sont particulièrement représentatives: je les accumule presque toutes. J’ai un profil typique du genre, avec des états inflammatoires chroniques qui empirent avec le stress (syndrome de l’intestin irritable, légère endométriose, problèmes de peau, allergies), des pathologies auto-immunes (thyroïdite de Hashimoto, psoriasis), des tensions constantes dans les épaules, le cou, l’abdomen et la mâchoire (je dois porter une gouttière la nuit) et une mauvaise habitude de me ronger les cuticules jusqu’à me blesser. Le stress a aussi tendance à rendre mon métabolisme très rapide, créant de la fatigue, voire de l’amaigrissement même en mangeant des quantités énormes.

En termes relationnels, j’ai également remarqué des conséquences sur mes proches, et particulièrement sur ma vie de couple: mon compagnon devient parfois mon « punching ball » émotionnel malgré moi, car en cas de crise, je m’exprime généralement auprès de lui. Dans les mauvaises périodes, je me replie et mon stress chronique me mine, faisant de moi une bien piètre compagnie et me vidant de toute mon énergie, ce qui peut créer des tensions.pexels-photo-129547

ADOPTER DES SOLUTIONS DE RELAXATION GLOBALE

Une fois que l’on est conscient d’être beaucoup trop stressé, trop souvent, il est hautement utile d’apprendre à prévenir et gérer l’anxiété de façon « mécanique » en incluant dans son quotidien des activités apaisantes, ainsi qu’en adoptant des techniques de relaxation.

Beaucoup de choses entrent dans ces deux catégories, les plus fréquemment conseillées étant le yoga, la sophorologie, la respiration abdominale… À mon sens, tout le monde n’ayant pas les mêmes sensibilités, il appartient à chacun de tester et trouver ce qui lui convient le mieux pour se détendre.

À titre d’exemple, voici les activités qui m’apaisent le plus quand je me sens stressée:

  • Les promenades. La balade en forêt, ou dans un parc, est souvent la solution la plus efficace pour moi quand je ressens un trop plein d’émotion. Je marche à un rythme soutenu mais j’ai le temps d’observer les paysages, je respire l’odeur de la terre et des feuilles, je suis entourée de nature, je m’essouffle un peu, et ma tension s’évanouit comme par magie.
  • Le yoga. Les séances de yoga doux (hatha, yin…) sont idéales quand j’ai besoin de prendre un peu de temps pour moi: je me concentre sur mes sensations, je m’étire, et j’y trouve aussi une « bonne » fatigue physique qui m’apaise. Les enseignements que je tire de ces séances sont aussi intéressantes sur le long terme: j’apprends à me recentrer, à respirer, à vider mon esprit, et à avoir confiance en moi.
  • La lecture. Rien ne m’extrait de la pression quotidienne comme le fait de me plonger dans un bon roman. En semaine, quand c’est possible, j’aime commencer et terminer ma journée par un petit moment à bouquiner, parce que cela me permet d’aborder les heures suivantes (d’éveil ou de sommeil) avec l’esprit calme. Je lis aussi à d’autres moments de la journée ou, globalement, à chaque fois que j’en ai l’opportunité (on en parlait ici).
  • La respiration abdominale. Si malgré tous mes efforts, je n’accroche pas à la méditation pure, j’ai en revanche adopté son principe le plus basique depuis l’adolescence: la respiration profonde, abdominale, en pleine conscience, que l’on effectue en se concentrant sur ses sensations (comme au début d’une séance de yoga). C’est une technique très simple mais puissante pour apaiser un tourbillon d’émotions et se reconnecter à l’essentiel absolu: notre corps, présent et vivant, qui s’oxygène.
  • Le dessin. Dessiner, chez moi, c’est inné: apportez un bout de papier et un crayon, et vous y retrouverez vite plein de gribouillis (généralement des visages et des motifs graphiques). Laisser la mine voguer presque instinctivement sur une page blanche me détend énormément. J’aime aussi beaucoup dessiner un portrait en m’aidant d’une photo: je me concentre sur les courbes et les traits à reproduire, en oubliant tout le reste.
  • Le ménage, le tricot, et autres activités « automatiques ». Tout ce qui peut s’effectuer sans réfléchir et sans trop d’effort (tricoter, faire la vaisselle, plier des vêtements…) constitue pour moi une vraie méditation. Mon esprit divague, fait son propre cheminement sans pression, et cela me fait du bien.

À cette liste d’activités s’ajoutent, dans mon cas, des petits remèdes naturels qui me soutiennent lorsque j’ai besoin de me calmer: huiles essentielles apaisantes (ma préférée est la lavande, idéale à respirer, à diffuser, et à masser sur la peau), Fleurs de Bach, etc… Vous trouverez la liste de mes remèdes naturels préférés contre l’anxiété dans cet article.pexels-photo-225336

IDENTIFIER SES SOURCES DE STRESS POUR MIEUX LES CONTRER

Pour aller encore plus loin dans le mieux-être, je trouve important d’essayer d’identifier clairement les sources de sa tension. Au lieu de voir le stress comme un gros nuage aux contours flous qui nous envahit, on peut le décomposer en différents types, issus de différentes causes, pour comprendre d’où il vient, pourquoi il nous affecte, et, par conséquent, comment il pourrait nous toucher un peu moins.

En listant toutes les situations qui nous stressent, les objets de notre angoisse se précisent, ils deviennent moins irrationnels, plus atteignables. On se retrouve ainsi mieux à même d’y trouver des solutions !

Pour illustrer mon propos, voici l’identification de mes 4 sources majeures de stress chronique à l’heure actuelle, et ce que je fais pour y remédier autant que possible:

1. STRESS DE L’ACCUMULATION DE TRAVAIL

Situation: J’ai toujours énormément de choses à faire, parfois objectivement beaucoup trop, alors que je suis toute seule à tout gérer. J’ai la sensation d’être envahie, de ne jamais pouvoir souffler, et souvent je ne sais pas comment je vais m’en sortir pour respecter mes deadlines, tout en réussissant à répondre à tous les messages qui m’attendent, etc… Ça me semble impossible, et je craque. La pression est très forte parce que je suis consciencieuse, donc frustrée de ne pas pouvoir tout bien faire. J’y pense dès mon réveil et cela m’empêche parfois de m’endormir.

Solutions:

  • Être aussi organisée que possible (effectuer chaque matin une liste de choses à faire et de priorités, préparer si besoin mon emploi du temps sur Google Calendar…) pour mieux visualiser les tâches exactes qui m’attendent au lieu de les voir comme une montagne insurmontable. Cela me permet aussi et surtout de voir mon avancement: il faut que je sente que j’ai progressé, que j’aie l’impression d’avoir le contrôle sur la situation.
  • Prendre du recul, être moins exigeante envers moi-même. Faire de mon mieux, bien sûr, mais arrêter d’essayer d’être une wonderwoman: « à l’impossible nul n’est tenu » et ce n’est pas parce que je suis seule dans mon activité que je peux tout mener de front parfaitement – au contraire, je dois savoir me ménager car je suis la seule à mener la barque, et que tout s’effondre sans moi. C’est très frustrant de ne pas pouvoir tout bien faire, mais c’est comme ça, et je dois l’assumer.
  • Marquer des limites claires entre ma journée de travail et mes moments de vie personnelle, (même si tout a lieu dans le même endroit, chez moi): avoir des horaires définis sans trop d’exceptions, ne pas regarder mes mails trop souvent, et certainement pas après une certaine heure. Apprendre à dire stop, à dire non, pour ne pas me surcharger, même si je perds une opportunité – préserver mon équilibre pro/perso à tout prix, parce que sur le long terme, c’est le plus important.

2. STRESS DE L’INCONNU ET DE L’IMPRÉVU

SituationJe me rends seule à un endroit que je ne connais pas, ou dans un cadre qui sort de mes habitudes (événement, rendez-vous médical, démarche particulière…). Je ne sais pas comment les choses vont se passer ni comment je devrai agir. J’ai peur de me retrouver dans une situation inconfortable ou douloureuse, d’attirer l’attention, de ne pas savoir quoi faire, de me sentir ridicule, d’être mal. Un à plusieurs jours avant déjà, je stresse, éventuellement jusqu’à avoir des difficultés à dormir ou des maux de ventre.

Solutions:

  • Me renseigner un maximum à l’avance, pour éviter autant que possible d’être prise au dépourvu et de me retrouver dans une situation inconfortable.
  • Adopter un esprit de pleine conscience et de pensée positive. Me recentrer sur le moment présent (ma respiration, mes 5 sens) pour éviter de stresser par anticipation: il sera bien temps de voir comment ça se passera quand le moment en question sera arrivé, et il ne sert à rien de souffrir par avance sans savoir. J’essaie de penser à des choses positives et de me sentir en contrôle: tout va bien se passer, j’ai telle ou telle solution au cas où…
  • Prendre du recul en cas de mauvais moment à passer: 30 minutes désagréables, à l’échelle d’une vie, ce n’est absolument rien, et cela finira très vite.

3. STRESS DU TÉLÉPHONE ET DES MAILS

Situation: J’ai une sorte de phobie téléphonique: je déteste devoir appeler ou parler au téléphone avec quelqu’un que je ne connais pas ou pas très bien. Les rendez-vous téléphoniques me font beaucoup stresser. J’ai récemment développé un stress de la boîte mail également, complètement irrationnel: je n’ose pas ouvrir mes mails quand j’ai une discussion de travail en cours ou quand j’ai fait une demande, par peur de la réponse.

Solution:

  • Affronter ma peur aussi vite que possible (c’est à dire passer l’appel ou ouvrir le mail rapidement) pour en être débarrassée, et ne pas laisser monter l’anticipation, qui s’auto-alimente.
  • Visualiser le fait que mon interlocuteur est une simple personne, comme tout le monde, avec ses propres émotions, ses peurs, ses problèmes… L’imaginer le soir, dans son canapé devant la télé, ou dans sa vie de famille. Réaliser aussi que dans le cadre d’un appel professionnel, il est probablement bienveillant ou disposé au dialogue.

4. STRESS DU VOYAGE

Situation: Quand j’ai un voyage qui approche, je suis très stressée, au moins jusqu’à ce que je sois bien installée dans le train ou dans l’avion. Cela m’arrive systématiquement, même si c’est un trajet que j’ai déjà fait des dizaines de fois, même si je suis accompagnée. J’ai peur de rater mon train, peur que l’avion soit annulé, et maintenant j’ai même peur qu’il y ait un terroriste ou un accident ! Dans certaines situations, un simple déplacement de 300km peut décaler l’arrivée de mes règles de plusieurs jours, ou me donner des maux de ventre. Pour les grands trajets type vols transatlantiques, c’est systématique: je stresse déjà plusieurs jours avant, et je suis incapable de dormir la veille.

Solutions:

  • Dédier autant de temps que je le sentirai nécessaire à prévoir tout ce que je peux à l’avance (impression de billets, trajets, plan, horaires, etc…) pour avoir l’impression que tout est sous contrôle.
  • Partir avec beaucoup d’avance pour avoir de la marge, et ne pas angoisser au moindre petit contretemps.
  • Rationaliser et adopter une pensée positive, comme pour le stress de l’inconnu.

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CONCLUSION

Même s’il me reste beaucoup de progrès à faire pour certaines situations, je suis à la fois heureuse et fière d’avoir fait un réel pas en avant dans la gestion de mon stress « quotidien ».

Pour tout ce qui est lié au domaine professionnel notamment (charge de travail, mails, téléphone, etc…), j’observe déjà de vrais bénéfices: je vois arriver l’anxiété avant qu’elle ne m’envahisse complètement, et je sais quoi penser, quoi faire, pour la dompter. J’apprends à relativiser et à poser clairement mes limites, pour moi-même et avec mes interlocuteurs, afin de travailler au mieux tout en préservant mon bien-être et ma créativité. En ce sens, je suis d’autant plus convaincue que la vie de freelance me correspond à 100%, puisqu’elle me permet de gérer toutes ces choses sans avoir de comptes à rendre à personne.

Surtout, ce combat de reconquête de mes émotions m’apporte aussi beaucoup plus de bienveillance envers moi-même et de sagesse: je me recentre petit à petit sur les vraies priorités de la vie (la santé, les gens que j’aime), ce qui est très précieux.

Je sais que rien n’est complètement acquis, qu’un jour de faiblesse, mon anxiété pourra s’immiscer à nouveau et me déséquilibrer, mais je me sens désormais plus forte pour y faire face, et j’espère ne jamais retomber dans les extrêmes que j’ai vécus cette année.

***

Êtes-vous ou avez-vous été sujet(te)s au stress chronique ?

N’hésitez pas à partager votre vécu et vos astuces ci-dessous: nous ne sommes pas seul(e)s dans cette situation, et ça fait toujours du bien de s’en rendre compte. Courage !

Crédits photo 1, 2 et 3: pexels.com

165 commentaires

  1. Victoria, (et ses lectrices),

    Quid de suivre le programme M.B.S.R. avec une personne qualifiée ?
    Il y eut, pour moi, un avant et un après…

  2. Merci pour cet article ou je me retrouve totalement. Menant mon projet seule, je me sens souvent vite envahie, presque étouffée par tout ce dont j’ai a faire et me mets une pression monstre si je n’y arrive pas mais comme tu l’as bien mentionne dans ton article, il faut savoir se preserver et prendre soin de soi. J’ai notamment developper le syndrome de l’intestin irrite et je ronge enormement la peau des ongles sans meme m’en rendre compte. Je suis bien contente de te lire et de voir que je ne suis pas seule a affronter le stress, j’ai l’impression que beaucoup le traverse mais peu en parle de peur d’etre faible aux regards des autres. Merci !

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