Végétarisme & intestin irritable: mon équilibre

Vous le savez peut-être suite à cet article de 2015: je suis atteinte depuis mes 18 ans environ du syndrome de l’intestin irritable, aussi appelé colopathie fonctionnelle — une condition encore mal comprise par la médecine, qui perturbe la digestion en raison d’une sensibilité anormalement accrue du côlon et/ou autres organes proches.

En tant que personne touchée par ce problème (comme environ 20% de la population), mais aussi intéressée par les questions d’écologie, d’éthique et de santé, je suis parfois gênée par les discours généralistes qui circulent dans la sphère « healthy » et végéta*ienne: ces modes d’alimentation sont généralement présentés comme des solutions universelles, applicables à tou/tes, au point d’en faire des normes de jugement social — ce qui est un raccourci un peu facile.

Disons-le franchement: il faut des intestins très en forme pour supporter au mieux ce genre de régime, et nous n’avons pas tou/tes la chance d’en être doté/es.

Je suis personnellement fascinée par mes ami/es qui mangent toutes sortes d’aliments sans aucun problème: pour moi c’est impensable, et lorsque je leur expose ma situation (ou lorsqu’ils/elles me voient malade toute la nuit…!), ils/elles sont extrêmement surpris/es de voir à quel point mes troubles digestifs limitent mes possibilités.

Les personnes qui peuvent engouffrer sans problème des pâtisseries à base d’oléagineux, des burgers de légumineuses, du blé complet, des mets crus et autres puddings de chia au quotidien considèrent sans doute ces habitudes comme normales, et à moins d’avoir des exemples contraires autour d’elles, ne se rendent pas compte qu’elles peuvent s’avérer très compliquées pour toute une partie de la population — ce qui engendre parfois des jugements hâtifs et maladroits.

Pour toutes ces raisons, et parce que je trouve toujours aussi important de lever le voile sur le sujet encore tabou de la santé digestive, j’ai eu envie aujourd’hui de vous parler en toute franchise de la difficulté de conjuguer alimentation saine, végéta*isme et syndrome de l’intestin irritable (ou autres pathologies proches).

Je souhaite faire comprendre au plus grand nombre, à travers mon propre parcours, les difficultés rencontrées par les personnes atteintes de SII lorsqu’elles veulent adopter une alimentation engagée, et la façon dont je gère personnellement ce problème — en espérant que mon témoignage vous apporte un éclairage intéressant, que vous soyez concerné/es ou juste curieux/ses !

NB: Je n’évoquerai pas ici de théories générales pour apaiser la colopathie fonctionnelle, mais bien un simple compte-rendu de mon évolution « empirique », sans jugement ni appel à l’aide. Pour des conseils professionnels, le livre de Mély, naturopathe spécialisée et elle-même atteinte de cette condition, devrait vous être plus utile !vegetarisme-syndrome-intestin-irritable

MES CONVICTIONS « GREEN » & SANTÉ

Vous le savez sans doute, j’ai depuis plusieurs années un intérêt tout particulier pour différentes problématiques liées à la santé et l’environnement, qui m’ont amenée à intégrer de nouveaux principes et habitudes dans ma vie quotidienne — notamment mon alimentation, que j’ai voulue plus saine, plus écologique et plus éthique.

Pour les personnes qui ne me connaissent pas, voici globalement les causes auxquelles je suis sensible dans ce domaine:

  • Éviter la cruauté animale. Si je ne suis pas à 100% en phase avec l’idéal du véganisme (on pourra en reparler, si ça vous dit !), j’ai en revanche des idées affines à son esprit général, et je ne souhaite pas soutenir la souffrance animale. L’exploitation des animaux pose des questions éthiques, mais surtout je ne suis pas du tout d’accord avec les dérives actuelles de l’élevage industriel (exploitations hors sol dans des conditions abominables, scandales des abattoirs, massacre des poussins mâles, mulesing des moutons…). C’est pourquoi j’ai beaucoup réduit ma consommation de produits animaux, par exemple en ne mangeant plus ni viande ni poisson, et j’essaie de mieux choisir ceux que j’achète encore.
  • Réduire l’impact environnemental de mon alimentation. Outre la réduction des produits animaux, qui permet de réduire considérablement mon empreinte carbone, j’avance petit à petit vers l’idéal d’une alimentation plus locale et plus saisonnière (par exemple, éviter les tomates en hiver) pour limiter les émissions à effet de serre.
  • Avoir une alimentation saine et riche en nutriments. Je suis très intéressée par l’impact de ce que nous mangeons sur notre santé, notamment le pouvoir anti-inflammatoire d’une alimentation alcaline, riche en minéraux, en vitamines et en fibres, et pauvre en sucres raffinés. Adepte d’une grande majorité de « fait maison », je suis persuadée de l’importance essentielle d’une nourriture saine, équilibrée, préparée avec beaucoup de produits frais et peu d’aliments transformés. Ayant fait pas mal de recherches, je suis généralement consciente des propriétés de tel ou tel ingrédient, et j’ai l’habitude de les utiliser en ma faveur selon mon état.

Toutes ces prises de conscience ont beaucoup influé sur la façon dont je me nourris: j’ai effectué un rééquilibrage alimentaire à partir de l’été 2012, puis arrêté de consommer de la viande et du poisson à partir de septembre 2014 au profit d’une alimentation végétarienne et toujours « healthy » au sens actuel du terme (intérêt pour les ingrédients alternatifs, etc…).

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COMMENT MON SYNDROME DE L’INTESTIN IRRITABLE ME LIMITE

Ces 4-5 dernières années, lorsque mon végétarisme tout neuf se combinait à différentes mouvances de la healthy food, j’ai constaté que beaucoup de mes nouvelles habitudes ne me convenaient pas, même lorsqu’elles semblaient être des vérités nutritionnelles universelles — par exemple, « préférer les céréales complètes aux céréales raffinées », ou « manger une portion d’oléagineux tous les jours ».

Des désagréments physiques sont apparus rapidement (maux de ventre, ballonnements, mauvaise digestion…), et pourtant, j’ai mis beaucoup de temps à accepter cette réalité, sans doute parce qu’elle était décevante — mon corps n’arrivait pas à suivre, et ma nouvelle alimentation ne lui faisait manifestement pas le bien escompté.

Aujourd’hui, avec plus de maturité, j’en suis pleinement consciente, et c’est indéniable: la plupart des aliments typiques du végétarisme ou de la cuisine healthy ne sont malheureusement pas tolérés par mon organisme.

Il serait compliqué de toutes les lister, mais il y a beaucoup de choses que je ne supporte pas bien du tout, au point parfois de devoir courir aux toilettes dans les 10 minutes qui suivent (#instantglamour), ce qui engendre douleur, fatigue, mauvaise absorption des nutriments, etc… sans parler du stress !

Dans le désordre, citons par exemple les légumineuses sous toutes leurs formes, les radis, les noix sous toutes leurs formes, le soja non fermenté, tous les champignons, tous les choux, le chocolat, le blé dans les produits industriels, le thé, le lait de vache, le maïs, les céréales complètes, les fruits rouges, les pommes crues, toutes les épices, certains légumes trop riches en fibres (sauf sous forme cuite et mixée), tous les plats trop gras…

Quelques précautions supplémentaires me sont aussi nécessaires à cause d’autres petits soucis de santé, notamment l’endométriose et ma thyroïdite de Hashimoto: je dois par exemple limiter le soja, même sous la forme fermentée que je supporte bien.

Il existe heureusement des aliments qui me conviennent sans problème, mais ils ne sont malheureusement pas tous locaux, végétaux, ou disponibles à l’année: riz basmati, épeautre, quinoa, bananes très peu mûres, patates douces, avocats, aubergines, courgettes, carottes cuites, oeufs, fromages de brebis et chèvre de qualité, mâche, roquette, laitue… mais aussi viandes et poissons, même si je ne souhaite plus en manger depuis quelques années.

Vous l’aurez compris: l’alimentation healthy riche en fibres telle qu’on l’entend, le régime vegan, la cuisine et la pâtisserie crue à base d’oléagineux, les fruits et légumes à volonté, ou encore le locavorisme (surtout ici aux Pays-Bas, où en enlevant les choux et les poireaux, on n’a guère que les pommes de terre et les carottes !) ne sont finalement pas trop dans mes cordes…

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VERS UN ÉQUILIBRE PERSONNEL

Face à ces freins importants, j’ai donc été amenée, ces deux dernières années, à me construire une alimentation qui convienne au mieux à mon organisme, sans pour autant mettre à mal mes convictions — un problème déjà compliqué pour n’importe quelle personne saine, et d’autant plus lorsque l’on a toutes ces sensibilités à prendre en compte.

Pour trouver son équilibre et être en harmonie, dans tous les domaines, je crois que l’essentiel est toujours de s’écouter — corps et âme.

D’un point de vue physique, je me suis vraiment recentrée sur mes propres réactions et mes envies instinctives, sans égard pour les théories généralistes. Ce sont elles qui m’ont aidée à savoir quoi manger, et j’ai logiquement adapté mon alimentation en conséquence:

  • J’ai complètement éliminé les aliments dont mon corps n’a, de toute évidence, absolument pas envie. En effet, depuis petite, certains ingrédients m’ont toujours donné une sensation de saturation nauséeuse rien que d’y penser, ou une difficulté à les avaler (c’est difficile à décrire): toutes les légumineuses, toutes les noix et les amandes… — justement ceux que je digère le moins. Je passais outre cette inappétence naturelle à cause de mon intérêt pour la nutrition, mais j’ai fini par comprendre que ça n’avait aucun sens pour moi.
  • J’ai largement limité les aliments que j’aime, mais que je ne tolère pas bien: par exemple certaines crudités, certains fruits, les choux, les champignons, les épices, les oignons, le houmous (seule exception parmi les légumineuses)… Je me permets des petits plaisirs de temps en temps, parce que je ne veux pas vivre dans la restriction complète, mais je le fais en toute conscience, et sans excès.
  • J’ai augmenté la part d’aliments qui me font du bien, ou sont au moins complètement neutres pour mon système digestif, même s’ils ne sont pas irréprochables en termes écologiques (je pense notamment aux patates douces, qui aux Pays-Bas, à ma grande horreur, proviennent presque toujours des USA…).
  • Quelques fois dans l’année, quand j’en ressens l’envie (ce qui n’est pas très fréquent), ou lorsque je suis en voyage et que mon ventre fait des siennes, je consomme quelques fruits de mer au lieu d’une option végétarienne. À ce jour, cela reste la seule chair animale que je suis encore capable de manger, et comme toutes les viandes et poissons, je la digère particulièrement bien.

Cette évolution, vous l’aurez remarqué, ne me permet pas vraiment de pousser l’écologie et l’éthique à leur comble, et mon alimentation n’est sans doute plus aussi « healthy » qu’elle pourrait l’être. Mais voilà: pour moi, le résultat est nettement positif ! Mon SII ne disparaît jamais entièrement; toutefois j’ai beaucoup moins de ballonnements qu’avant, moins de crampes, et les crises d’indigestion soudaines 10 minutes après le repas sont aussi plus rares. Bref, je suis plutôt apaisée !

D’un point de vue psychologique et émotionnel, malgré les petits défauts de cette alimentation, j’ai accepté avec le temps de ne pas pouvoir être parfaite. J’ai adopté un esprit plus bienveillant envers moi-même: je comprends que la digestion est un processus important pour ma santé à court et long terme, et que je ne peux pas accepter des douleurs inutiles tous les jours par pure conviction morale.

Je me suis plutôt recentrée sur ma tendance naturelle à trouver un juste milieu: ne plus culpabiliser inutilement, mais continuer à mettre tout en oeuvre pour réduire autant que possible mon impact malgré mes limites:

  • J’achète mes ingrédients en bio et local, ou proche, quand c’est possible (c’est beaucoup moins facile aux Pays-Bas qu’en France, je vous en parlerai peut-être un jour !).
  • Je surveille attentivement la provenance de mes ingrédients non-locaux pour choisir autant que possible la meilleure option — par exemple des avocats d’Espagne plutôt que du Mexique, des fromages artisanaux plutôt qu’industriels, des bananes certifiées commerce équitable, etc…
  • Quand mon état me le permet, je privilégie volontiers les alternatives plus éthiques qui ne correspondent pas à mon alimentation « sûre » habituelle — par exemple, en choisissant un plat 100% vegan, ou 100% local, même s’il contient des aliments de ma liste à éviter.
  • Bien sûr, je continue à agir du mieux que je peux dans d’autres domaines, qui sont aussi très importants, comme la réduction des déchets, de la consommation énergétique, de la surproduction textile, etc… !

Grâce à ces différents petits gestes, je me sens aujourd’hui non seulement mieux physiquement, mais aussi en harmonie avec ma conscience — j’ai accepté ma réalité, et je sais que je fais du mieux que je peux.

Cet équilibre, toutefois, est quelque chose de très personnel: je sais qu’il ne conviendrait pas à tou/tes, et je ne le porte pas en drapeau ou en modèle à suivre.

Je connais par exemple plusieurs personnes qui, en désespoir de cause, ont réintroduit de la chair animale dans leur alimentation, et je ne peux que le comprendre: les viandes blanches et les poissons gras, en particulier, étant normalement très bien tolérés dans un cadre de SII, c’est parfois la seule manière d’apaiser les symptômes — quitte à retenter une incursion vers le végétarisme lorsque cela va mieux. Il serait bien malvenu de juger ce type de choix, souvent déchirant, alors que ces personnes n’en ont généralement pas beaucoup d’autres…

Les causes qui nous tiennent à coeur sont importantes, mais la santé humaine l’est aussi: trouver un compromis bienveillant entre ces deux aspects me semble une solution logique, honorable, dont personne ne devrait avoir honte.

Notez qu’il existe quelques pistes générales contre le SII, comme celle des FODMAP, des probiotiques, de la glutamine, etc… mais chacun/e étant différent/e, l’essentiel reste avant tout de s’écouter. Faites-vous accompagner si besoin par des personnes formées au sujet (je pense notamment aux naturopathes spécialisé/es en nutrition), et effectuez les compromis qui vous semblent les plus appropriés !

***

Connaissiez-vous l’impact très limitant du SII (ou autres pathologies) sur l’alimentation ?

Vous sentez-vous concerné/es par la tension entre digestion sensible et végéta*isme ? 

Si oui, avez-vous trouvé des solutions qui vous satisfont ?

87 commentaires

  1. Salut Victoria !
    Ton article me touche même si je ne suis pas la même vision que toi ; je souffre moi aussi de plusieurs symptômes créant une digestion difficile, je ne peux consommer d’oléagineux sans avoir des crampes d’estomac et des ballonnements, j’adore les légumes crus mais je dois toujours me limiter pour ces mêmes raisons, le sucre ne me réussi pas du tout et le gluten de blé me donne littéralement des boutons ! Néanmoins, jamais au grand jamais je ne pourrais manger la chaire d’un animal sacrifié, qu’il soit marin ou vivant sur la terre ferme, ni de produit d’origine animale ayant inévitablement entraîné la mort de quelques-uns ; en devant végétarienne il y a des années puis végane il y 3 ans, je n’ai pas envisagé une seule seconde un retour en arrière. Et si je suis un jour contrainte de ne pouvoir manger que du riz thaï et des patates douces rôties (ce ne serait pas la mort !), et bien tant pis, mais mes convictions éthiques passent avant tout.
    Je te souhaite bon courage pour trouver la voie vers une alimentation à la fois sans souffrance pour toi et sans souffrance pour les autres habitants de la planète =)
    Bonne continuation sur le blog !

  2. Bonjour Victoria,

    Je suis très heureuse de te lire au sujet du SII, dont je souffre aussi depuis l’âge de 12 ans, avec une forte accentuation depuis quelques années. Comme toi, je trouve son impact vraiment important sur l’alimentation, et rend pour ma part difficile un végétarisme complet. J’ai pu repérer les aliments me posant problème, mais je peine à diminuer les ballonnements en période de symptôme important. Je n’ai pour le moment pas d’astuce miracle, je rêve de la trouver!

    Ainsi, j’essaie de privilégier une alimentation issue des produits locaux, et de me faire plaisir car en ces moments il m’est impossible de manger des aliments dont je n’ai pas envie. Je veille aussi à toujours mélanger légumes et féculents pour favoriser ma digestion.

    Adepte de cuisine traditionnelle alsacienne et lorraine, ayant grandit dans l’est, je peine souvent face à ces plats en sauce que j’adore mais qui ne me rendent pas la vie facile!

    Je te remercie également pour la référence du livre à ce sujet, je me réjouis de le découvrir.

    Bien à toi,
    Alexandra

  3. Merci pour cet article. Je souffre comme toi du SII et je me reconnais beaucoup dans ton témoignage bien que je n’ai pour ma part toujours pas réussi à trouver un équilibre alimentaire qui me soulage réellement. J’aimerais savoir comment tu parviens à voyager avec le SII car je te suis depuis longtemps et le récit de tes voyages me font rêver. Je ne peux pas voyager car le stress engendré par les déplacements accroît mes troubles digestifs. Je te serai très reconnaissante de me partager tes conseils.

    • Bonjour Caro !

      Je comprends complètement ta situation, puisque je suis moi aussi toujours malade en voyage — non seulement à cause du stress, mais aussi parce que forcément, mon alimentation change, surtout qu’étant gourmande je veux souvent en profiter pour tester pas mal de choses.

      Je n’ai aucune solution miracle à te proposer malheureusement. À part peut-être pour mon dernier road trip en Écosse, je n’ai pas souvenir de voyages récents où je n’ai pas été malade au moins une fois, souvent au point d’avoir au moins une nuit blanche ou écourtée sur place à cause des douleurs et des allers-retours urgents à la salle de bain.

      Je suis toujours consciente que ça peut arriver, et c’est vrai que ça augmente toujours un peu plus mon appréhension lorsque je suis loin de chez moi. Je refuse parfois certaines opportunités ou certains types de voyages simplement parce que je sais que ce serait trop risqué et inconfortable.

      Toutefois, j’ai une telle envie d’évasion que celle-ci me motive à voyager quand même malgré ce risque. Simplement, je fais en sorte de voyager avec autant d’intimité que possible (plutôt en couple, en famille ou avec des amis qui me connaissent bien, pas de camping ou de dortoirs partagés avec WC communs…), en choisissant et planifiant bien mes destinations, et en étant bien équipée. J’ai par exemple toujours dans mon sac à main des sachets de Smecta, du bicarbonate de soude ou des comprimés anti-acidité, et mes anti-spasmodiques, pour m’aider en cas de crise. Je fais aussi attention à m’écouter, et je ne force pas ni sur les quantités ni sur les aliments bizarres quand je sens que mon ventre est déjà en situation délicate — mais ça, c’est valide aussi pour la vie de tous les jours !

      Bref, disons que j’essaie de faire au mieux pour ne pas être démunie ou inconfortable en cas de problème. Ce n’est pas toujours parfait, loin de là, mais tant pis: j’aspire tant à découvrir de nouveaux lieux que j’accepte aussi le côté négatif (même si, ne nous leurrons pas, j’envie énormément mes ami(e)s qui voyagent partout en mode roots sans aucun souci).

  4. Bonjour Victoria !

    Merci infiniment pour ton partage.

    Je rencontre des difficultés digestives et gynécologiques (kystes ovariens à répétition) depuis mon adolescence ! Mais depuis que j’ai adopté un comportement 100% végétarien puis végan, j’ai largement augmenté les symptômes du syndrome de l’instestin irritable. J’en suis arrivée à des carences qui me fatiguaient énormément et ai été poussée à reconsommer des animaux (poulet, saumon…) ; les seuls aliments fortement dosés en protéines que mon corps acceptait. J’étais désemparée et découragée… et dégoûtée au sens littéral après des mois de devoir mettre en bouche et mâcher la chair d’un animal mort…. je me sentais trahie par mon corps et coupable aux teux des autres personnes végéta*iennes de ne pas tenir mes engagements. c’était extrêmement difficile pour moi. Je déprimais et ne parvenais plus à dormir à cause de mes carences. En effet, mon alimentation était saine et équilibrée mais mon intestin évacuait tout trop vite, et les parois irritées ne pouvaient plus absorber les nutriments ! J’étais déshydratée et déminéralisée… l’enfer !

    Je suis repartie dans une alimentation omnivore jusqu’à ce que j’aille mieux, et j’ai stabilisé mon état quelques mois avant de repartir vers le végétarisme cette fois avec de nombreuses consultations chez un médecin et naturopathe, des lectures sur le sujet, des conseils d’autres personnes végéta*iennes que j’avais contacter pour avoir leurs témoignages

    J’en suis venue à : fabriquer mon kéfir de fruits, consommer du kombucha, faire tremper mes graines la veille de les consommer (uniquement mixées, dans des smoothies), tremper et germer mes graines et légumineuses (que je pouvais ainsi bien mieux digérer; j’en ai éliminé certaines qui ne passaient pas malgré ce procédé), …. et surtout être plus indulgente avec moi-même, y aller à petits pas, m’autoriser à revenir en arrière de temps en temps… parce que je vivais de fait une énorme période de stress avec tous ces changements et difficultés (en plus d’un nouveau travail, de tensions dans mon couple et ma belle famille….).
    Aujourd’hui, il suffit que je tombe malade d’une simple angine, pour déséquilibrer mes repas et mon état (symptômes de fatigue, perte d’appétit, nécéssité d’antibiotiques parfois…) et paf ! Le syndrome repointe le bout de son nez ! Je dois rester dans l’adaptation permanente. C’est dure.

    Mais ça fait beaucoup de bien de lire des témoignages comme le tien. Merci mille fois pour ton partage qui me rassure, et me remotive :) j’espère trouver dans ton blog d’autres pistes qui peuvent m’aider.

    Par ailleurs, je trouve très beau de partager ton expérience vue ce qu’elle apporte à tes lecteurs-trices. Ça me donne envie de transmettre aussi ! Merci pour ça également :)

  5. Bonjour et merci pour cet article.
    Je constate que nous sommes tellement nombreuses à souffrir de ce syndrome et pourtant je pense que l’on se sent toutes très seules.
    Je souffre depuis près de 11 ans, tous les jours, et pourtant même si je le sais, avec tous les médecins que j’ai vus, tous les livres que j’ai lus, je n’arrive pas à me construire une hygiène de vie et une alimentation saines.
    Comme beaucoup je travaille, j’ai une petite fille et même si mon mari gère beaucoup de choses, le soir, après le travail, après avoir fait à manger pour ma fille, brossage de dents, histoires, coucher etc….il est déjà presque 21h30 et je mange un plat surgelé ou un plat de pâte ou du pain jambon (j’ai en plus une intolérance au gluten/blé/mais).
    J’arrive le matin à me faire des flocons d’avoine/lait d’avoine/banane (mais même l’avoine contient du gluten ou quand il n’y a pas de gluten il est remplacé par de la farine de mais que je ne supporte pas non plus !!!!)
    Bref, ma qualité de vie s’est vraiment dégradée (malade tous les matins systématiquement, je dois me réveiller obligatoirement 40 min avant l’heure prévue, je ne vous raconte pas les départs en vacances, les réunions matinales,etc.. ms bon, vous connaissez !!)
    Bref connaissez vous un livre de recettes très simples et rapides sans devoir utiliser 50 pots d’épices introuvables ??? Ou mieux : une société qui prépare et livre matin midi et soir des plats légers/bios/compatibles SII ??!! Ou une super nutritionniste spécialisée ?? Ou un chirurgien qui retire et remplace les intestins tout pourris ??!!!!
    Bon courage à toutes : )

  6. Bonjour à toutes,
    Souffrant moi aussi de SII depuis 10 ans, il s’est aggravé il y a 5 ans…
    Je suis aujourd’hui flexitarienne (avec finalement très très peu de produits carnés), je ne m’interdis rien mais je reste ultra vigilante sur la qualité…
    Sinon ce qui me sauve souvent surtout en voyage, c’est l »huile essentielle de menthe poivrée qui est ultra anti-spasmodique…je l’emmène partout!
    Elise

  7. Pingback: 12 idées repas veggie & faciles de mon quotidien - Mango and Salt

  8. Je crois que tu viens d’illuminer ma vie !! J’ai changé mon alimentation il y a plus ou moins 2 ans – en consommant des produits dit « sains et healthy » – sauf que depuis je suis vraiment perturbée au niveau de mes intestins .. J’enchaine depuis les traitements du style « enterol » et autres (je suis d’ailleurs occupée de le recommencer). Je lisais de plus en plus des articles sur le syndrome de l’intestin irritable et je me sentais vraiment concernée. Maintenant, après avoir lu ton article, je me sens encore plus concernée ! Je vais essayer de changer certaines choses, écouter mon corps et j’espère que ça fonctionnera et j’espère trouver le même équilibre que tu as su trouver pour toi .. Car les balonements et les crampes abdominales que je peux ressentir parfois sont justes horribles !
    Merci à toi pour tes écrits et tes lumières :)

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