Potager en pots: mes 5 conseils pour des cultures réussies

C’est l’un de mes centres d’intérêt favoris à la belle saison: si vous me suivez régulièrement, peut-être savez-vous que je me suis lancée il y a quelques années dans l’aventure du jardinage urbain, et notamment du potager en pots !

Tout a commencé sur le balcon de mon ancien appartement, avec une collection d’herbes aromatiques; par la suite, la terrasse rooftop de notre logement actuel, ultra lumineuse et plus spacieuse, m’a permis de m’essayer progressivement à la culture de fruits et légumes – toujours en contenants.

Quatre étés plus tard, ça y est: à force d’expérimentations et d’apprentissage, je crois que j’ai enfin compris comment mettre toutes les chances de mon côté pour réussir au mieux mes récoltes ! Ma production 2019 s’annonce très bonne: fraises, radis, navets, roquette, courgettes, laitues, courge, poivrons, tomates, pommes de terre, figues…

Il faut dire qu’en vraie citadine ignorante, j’avais commencé par faire toutes les erreurs possibles: des arrosages trop rares, du terreau universel de mauvaise qualité, des pots beaucoup trop petits, des plants trop précoces, trop peu d’amendement, des feuillages qui traînaient à terre… Il m’a fallu tirer les leçons de mes échecs (et regarder de nombreux épisodes de Gardeners’ World ou Garden Answer) pour intégrer finalement de meilleures pratiques, qui portent leurs fruits aujourd’hui !

Parce que je reçois régulièrement des questions sur le jardinage, j’ai pensé qu’il serait utile de partager avec vous les astuces que j’ai apprises d’expérience ces dernières années – des détails absolument évidents une fois que l’on connaît le monde du potager, mais bons à savoir lorsque l’on part de zéro.

Bien sûr, ces conseils ne sont pas une garantie absolue de succès, surtout au début – il y a toujours des éléments hors de notre contrôle qui peuvent influencer la qualité de la récolte – mais je peux vous dire que pour moi, ils ont tout changé !conseils-potager-balcon-potsconseils-potager-balcon-pots5

UTILISER DES JEUNES PLANTS DE SAISON (NON FORCÉS)

Quand arrive le printemps, il est tentant pour les débutant.es d’acheter en jardinerie des plants potagers qui comportent déjà des fruits: on voit souvent ce genre d’offre pour les poivrons, les piments, les tomates cerises ou les fraisiers, par exemple. J’ai moi-même commencé comme ça !

En réalité, ce n’est pas forcément la meilleure option pour une récolte abondante et savoureuse. Ces plants ont été cultivés sous serre, dans des conditions de lumière et de température artificielles, et « boostés » aux intrants pour fructifier aussi tôt que possible – ce qui les rend parfois fragiles une fois installés sur notre balcon (surtout s’il est encore tôt dans la saison), et souvent peu intéressants au goût.

Les deux options à privilégier à mon sens sont plutôt de faire soi-même des semis, si l’on a un peu de place en intérieur au début du printemps, ou bien d’acheter un tout jeune pied plus tard dans la saison – c’est à dire au moment où il aurait naturellement atteint ce stade (par exemple mi ou fin mai), pour s’assurer de suivre son calendrier normal de développement.

De cette façon, le plant s’adapte dès le plus jeune âge aux conditions que l’on va lui offrir, et peut grandir puis fructifier à son rythme naturel: c’est plus long, mais globalement plus sûr, et le résultat gustatif n’a rien à voir – en tous cas dans mon expérience !

Précisions tout de même que la situation est un peu différente pour les arbres du verger: la présence de jeunes fruits sur leurs branches a l’avantage de garantir aux consommateurs qu’ils sont en âge de fructifier (sinon, ça peut prendre des années !).

CHOISIR UN CONTENANT ADAPTÉ

Pour toutes les plantes, et d’autant plus en extérieur où de fortes pluies sont possibles, le critère le plus essentiel est celui des trous de drainage au fond du pot: s’il n’y en a pas, il faut absolument en percer quelques-uns, sans quoi l’eau stagnante risque de faire pourrir les racines.

Le deuxième critère important est bien sûr celui de la taille, qu’il faut adapter au format de l’espèce cultivée et à son système racinaire, en particulier en termes de profondeur.

Une jardinière de 20cm de hauteur est tout à fait suffisante pour des petits radis ronds, des légumes feuilles, des herbes aromatiques et des fraisiers, par exemple. Pour les légumes du soleil en revanche (tomates, poivrons, aubergines, courgettes…) il faudra prévoir un grand bac d’au moins 40cm de fond, comme pour les courges. Quant aux petits arbres fruitiers cultivables en pot (figuier, agrumes, olivier, pommier ou pêcher nain…), c’est là aussi 30-40cm de terreau minimum, voire beaucoup plus pour un specimen plus âgé: celui de mon figuier mesure au moins 80cm.

Notez que ces mesures sont des recommandations générales, et qu’il est toujours possible d’expérimenter avec des proportions plus petites, à condition d’un apport de nutriments suffisant: c’est ce que je fais cette année dans mon potager vertical en palette. Le risque est néanmoins d’obtenir un développement plus restreint.

Enfin, le choix du matériau n’a pas grande importance en termes de qualité de production. Chacun a ses avantages et inconvénients, mais la légèreté du plastique est un bonus non négligeable sur un balcon, qui ne peut pas supporter plus d’un certain poids (n’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre agence ou co-propriété).

UTILISER UN TERREAU TRÈS RICHE

Le substrat dans lequel on cultive une plante en pot est sa seule source de nutriments. Parce que le contenant n’en offre qu’une quantité limitée, les espèces les plus gourmandes peuvent épuiser ces nutriments assez vite, en l’espace de quelques semaines – auquel cas, bien sûr, la récolte sera plus chétive.

C’est pour cette raison qu’il est indispensable d’opter pour un terreau bien riche, adapté aux cultures potagères, et/ou d’amender généreusement celui-ci: il faut pouvoir alimenter la plante au présent, mais aussi tout au long des mois à venir.

En ville, le plus simple est d’acheter du terreau bio spécial potager en jardinerie: ces variétés sont plus chères que du terreau universel, mais elles sont équilibrées spécifiquement pour les plantes potagères, conçues pour retenir une juste quantité d’eau, et bien enrichies en engrais organiques. J’y ajoute personnellement une bonne poignée de fumier en granulés, surtout pour les espèces les plus gourmandes, comme les tomates; il existe des alternatives d’origine non animale comme les extraits d’algues ou le purin de consoude.

Si l’on y a accès, on peut bien sûr opter plutôt pour un mélange maison, par exemple de la terre de jardin avec une bonne quantité de compost.

Notez que contrairement aux engrais chimiques, qui se dosent minutieusement au risque de brûler le système racinaire, les engrais organiques ne présentent pas de danger particulier: on peut donc en ajouter sans crainte, non seulement au moment de la plantation, mais aussi en cours de saison (un petit coup de boost vers la fin juillet est recommandé, surtout si la taille du pot est un peu juste) et même l’année suivante pour nourrir à nouveau le substrat s’il s’agit d’une culture vivace.

Il peut également m’arriver d’ajouter ponctuellement un peu d’engrais liquide bio spécial potager dans l’eau d’arrosage pour un coup de fouet rapide lorsque je constate qu’un pot en particulier en a besoin au cours de l’été, par exemple s’il est vraiment envahi de fruits, ou s’il se remet d’un coup de mou (parasite, etc…).

FAVORISER UNE HUMIDITÉ CONSTANTE DU SUBSTRAT

La grande majorité des espèces de légumes et fruits sont très gourmandes en eau, tout simplement parce que leur production en est gorgée !

En pot, la terre se déshydrate beaucoup plus vite qu’en pleine terre, et les racines ne peuvent pas s’enfoncer dans un sol plus frais: les arrosages (ainsi que la pluie, s’il n’y a pas de toit) sont donc le seul moyen de garantir une quantité d’eau suffisante à la future récolte, et il faut y veiller soigneusement. Un stress hydrique trop prolongé peut affecter l’état des fruits, voire provoquer leur perte.

En été, l’idéal pour la plupart des espèces est d’éviter les à coups: mieux vaut apporter une quantité moyenne d’eau régulièrement, que laisser sécher profondément la motte entre deux arrosages. Lors de périodes très chaudes, deux passages par jour peuvent être nécessaires pour maintenir une humidité correcte dans les pots les plus limités; le reste du temps, dans le climat du Nord de l’Europe, un petit arrosage tous les jours (soir ou matin) ou un plus généreux tous les deux jours s’avèrent généralement suffisants.

Pour conserver au mieux la fraîcheur du pot et réduire le besoin d’arrosage, le paillage me semble également indispensable. Cette pratique consiste à couvrir la surface du terreau d’une couche de matières organiques (j’utilise des fibres de coco, mais il y a aussi de la paille hachée, de l’écorce de bois, des coques de cacao…) ou de cailloux, qui va limiter l’évaporation et l’ensoleillement du substrat.

Enfin, si vous craignez malgré tout de manquer de régularité, pensez aux systèmes d’arrosage goutte à goutte, ou aux pots à réserve d’eau !

Notez que par temps chaud, l’humidification des feuilles peut favoriser l’apparition de champignons: dirigez bien votre arrosoir ou votre tuyau vers la base du plant, en évitant au maximum le feuillage.

TAILLER SI BESOIN, POUR MIEUX PRODUIRE

Certaines plantes à la fructification généreuse, comme par exemple les tomates, le raisin, ou certains arbres du verger (pommiers, poiriers…), s’éparpillent souvent dans la création d’une multitude de fruits, qu’elles ne seront pas nécessairement capables de mener à maturité – ou du moins pas avec les meilleures caractéristiques possibles de taille et de goût. C’est une situation courante en pleine terre, mais elle est d’autant plus prévalente en pots, puisque les ressources sont limitées.

Pour cette raison, il peut être intéressant de restreindre légèrement la quantité de fruits présents sur vos plants en taillant quelques-unes des branches concernées: la plante pourra alors concentrer toute son énergie sur la bonne maturation des fruits déjà en cours. C’est un geste particulièrement pertinent en fin de saison, lorsqu’il ne reste plus beaucoup de temps !

Notez qu’il en va de même pour les légumes feuilles et les radis: n’hésitez pas à éclaircir vos pousses en éliminant les moins vigoureuses d’entre elles, ainsi les plus fortes grossiront à leur aise !

La taille peut aussi être bénéfique pour les plantes qui tendent à développer un feuillage très dense, comme les tomates. Cette abondance verte peut encourager les maladies (manque de circulation d’air, contact avec le sol ou le substrat…) et n’est pas favorable aux fruits, puisque les nombreuses feuilles « pompent » toute l’énergie de la plante tout en créant beaucoup d’ombre sur les tomates.

En retirant les « gourmands » et les branches qui poussent trop vers l’intérieur, on crée une structure plus saine et plus productive. Attention simplement à utiliser un sécateur bien désinfecté, et à éviter toute taille les jours de pluie, pour ne pas favoriser l’apparition de champignons sur les parties coupées. Personnellement, j’applique un peu de vinaigre blanc sur les blessures en prévention !conseils-potager-balcon-pots2

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Débutantes et débutants, ces conseils vous aident-ils à y voir plus clair ?
Avez-vous d’autres questions ?
Adeptes du potager en pots, quels conseils ajouteriez-vous pour réussir ?

17 commentaires

  1. Moi qui voulais faire mon petit potager dans mon nouvel appartement, ton article tombe à pic !

    Je n’aurais jamais pensé à tout ce que tu nous partages là et j’ai pris pleins de notes…

    Merci beaucoup !
    Pêche

  2. Ouhlala mais je fais tout faux!!🙈
    Merci Victoria pour ces précieux conseils, j’essaierai de faire mieux l’année prochaine!

  3. Super article, merci beaucoup pour tous ces petits détails du potager qui peuvent faire la différence :-)

  4. Bonjour Victoria,

    Comme d’habitude j’adore tes articles (et ton podcast, et tes vidéos !).

    Une petite question qu’il me semble que tu n’as pas abordé : est-ce que tu utilises un compost / lombricompost ?
    J’ai bien envie de me lancer avec le lombricompostage, mais j’avoue avoir encore quelques appréhensions.

    Merci :)

    • Coucou Maïté !

      Merci beaucoup ! Non, je n’ai pas encore de lombricompost, mais c’est quelque chose qui m’intéresse depuis des années et j’espère pouvoir mettre ça en place bientôt – ou arriver à trouver une place pour utiliser un compost de quartier dans ma ville ! :)

  5. Super article qui m’intéresse beaucoup! Nous achetons une nouvelle maison où il y a un jardin mais mon challenge c’est l’eau! Et je voudrais un petit potager… je pense créer une serre et le faire en pots donc tes conseils sont précieux. Et puis, organiser de la récupération d’eau pour l’arrosage car nous sommes restreints mais tout pousse avec de l’eau, même dans le désert!

  6. Merci beaucoup pour cet article. J’adore tes articles jardinage et tes plant tour et je rêve d’une terrasse bien fournie comme la tienne (ou mieux un jardin plus tard :-)….) et je me lance cette année car je n’avais même pas un balcon avant. Je m’y suis prise un peu tard pour mes semis mais pour l’instant ça pousse doucement mais sûrement, pas sûr que cela donne des fruits un jour mais on croise les doigts pour l’année prochaine (ce sont des tomates et des concombres …). Du coup je prends tous les conseils possibles.
    Merci encore et bonnes récoltes!!

  7. Très intéressant et la décoration est pas mal. Vous pouvez également réaliser un magnifique espace vert directement à l’intérieur de votre foyer ;)

  8. On croit toujours que vivre en appartement et donc sans jardin ne permet pas de s’adonner au jardinage. Vous prouvez le contraire avec cet article.
    Merci pour les idées !

  9. Pingback: Graines vertes et engagées #16

  10. Pingback: Empreinte carbone: mon bilan actuel et mes objectifs - Mango and Salt

  11. Merci Victoria pour ces détails !

    J’ai un petit potager dans mon jardin mais comme je ne suis pas très assidue, je n’ai pas autant de récolte que je souhaiterais. Juste un détail pour les courges/courgettes il est important que les fleurs soit pollenisées sinon le légume ne se développe pas, c’est bon à savoir :)

    Ton blog est une très bonne source d’inspiration sur de nombreux thèmes, bravo.

  12. Pingback: Mes Favoris Lifestyle – Août 2019 - Mango and Salt

  13. Bonjour Victoria,

    Un grand merci pour tes articles toujours très recherché!
    Je souhaite te poser une question: as tu déjà utiliser des pots en géotextile?
    Qu’en as tu pensés si oui?

    Et une mini serre pour balcon?

    Je vais prochainement avoir mon premier balcon alors j’ai hâte de pouvoir faire pousser plein de plantes!

    Bonne continuation et bel automne!

    Marine

  14. Bonjour Victoria,

    Ca donne envie de faire la même chose que toi ! et au passage j’aime beaucoup ce blog !

    J’ai une petite question concernant les fruitiers en particulier figuier et pêcher nain, serait-il possible d’avoir un article du type du Calamondin?

    Merci à toi et bonne continuation :)

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