10 Classiques que j’aimerais lire en 2018

Les prévisions littéraires à l’année n’ont pas vraiment de sens pour moi: je choisis mes lectures « au feeling », selon mon humeur du moment et les intérêts culturels que je développe, si bien qu’il m’est impossible d’imaginer ce dont j’aurai envie dans 6 ou 9 mois !

Néanmoins, les classiques de la littérature semblent se prêter davantage à ce type d’exercice pour moi — peut-être parce que leur qualité intemporelle les rend plus pérennes, plus imperméables à mes changements d’humeur. Ce sont des valeurs sûres, des oeuvres que, par amour des belles lettres, je sais pouvoir désirer et apprécier à n’importe quel moment.

Sans toutefois m’imposer aucun challenge en tant que tel, j’ai donc réfléchi en début de mois aux différents classiques que j’aimerais beaucoup découvrir cette année. Je m’en suis fait un pense-bête dans mon carnet de listes, et finalement, j’ai trouvé intéressant de les partager avec vous — surtout, je dois le dire, parce que j’ai envie de communiquer mon enthousiasme !

Cinq romans écrits par des femmes et cinq romans écrits par des hommes composent ma sélection (youpi, la parité !). J’espère que ces idées lecture vous inspireront !bibliotheque

LITTÉRATURE VICTORIENNE

♡ NORD ET SUD
VO: North and South

Je vois toujours d’excellents avis sur ce grand classique d’Elizabeth Gaskell, et de nombreuses personnes me l’ont recommandé ces dernières années. Jusqu’ici, il ne m’attirait pas encore trop: comme je l’ai déjà expliqué, je fuis généralement les fictions trop clairement centrées sur des problématiques sociales (condition ouvrière, immigration…) car la lecture est pour moi un moyen de me changer les idées. Mais voilà: si j’ai toujours des goûts et des envies très spécifiques, ceux-ci évoluent au fil du temps selon les expériences de ma vie; il me suffit d’attendre le bon moment pour mieux apprécier tel ou tel sujet. Ici, c’est finalement la lecture de Shirley de Charlotte Brontë (contemporaine et amie de l’auteure), dans laquelle je suis encore plongée avec délice, qui a ranimé mon intérêt ! Il existe quelques similarités entre les deux récits, notamment ce fond de transformation sociale et économique, un discours novateur pour l’époque, et une histoire d’amour. J’ai désormais très hâte de le découvrir, et suis assez persuadée de l’aimer !

VILLETTE
VO: Villette

En 2017, l’oeuvre des Brontë a été l’une de mes immenses révélations littéraires de ces dernières années pour leur originalité, leur sublime style et leur modernité. Je n’ai donc qu’une envie: continuer à explorer le peu de romans laissés par les trois soeurs. Charlotte Brontë était pour l’instant celle qui m’avait le moins convaincue (je traîne Jane Eyre depuis des mois, faute d’apprécier les personnages, mais je vais m’y replonger plus consciencieusement); j’ai toutefois noté, en les examinant, que ses romans moins connus avaient des chances de me plaire. Ainsi, après Shirley, qui est un coup de coeur pour le moment, Villette sera sur ma liste prioritaire: on y suit une jeune femme anglaise ayant pris un emploi dans un pensionnat en Belgique, ses aventures et son amour impossible pour un professeur de l’école. Fortement inspirée par la propre expérience malheureuse de Charlotte dans sa jeunesse, cette histoire est considérée par certain/es comme son roman le plus abouti.

LES FORESTIERS
VO: The Woodlanders

Thomas Hardy s’est fait une place de choix dans mon coeur avec Far from the madding crowd, qui est devenu l’un de mes romans préférés. Depuis, étrangement, je n’ai pas osé me lancer dans ses autres oeuvres — à part Under the Greenwood Tree, que j’ai dû reposer car les dialectes anglais m’empêchaient de bien comprendre le texte. Je sais sa bibliographie globalement assez tragique, donc peut-être attendais-je de me trouver dans le bon état d’esprit, tout simplement. Ce titre-ci, toutefois, fait partie de ses oeuvres plus légères; on y retrouve un peu de l’ambiance pastorale et bucolique de mon roman chouchou, et peut-être quelques thèmes en commun comme celui des mauvais choix en amour, des conventions sociales… C’est donc celui qui me paraît le plus accessible pour le moment, et je me réjouis franchement de m’y plonger. L’ambiance de la forêt ne pourra que me plaire !

JUDE L’OBSCUR
VO: Jude the Obscure

Parmi la bibliographie plus sombre de Thomas Hardy, le roman phare est bien sûr Tess of the d’Urbervilles, que je lirai un jour sans hésitation. Néanmoins, ma priorité serait plutôt pour l’instant Jude the Obscure, qui m’intrigue depuis cette vidéo passionnée et passionnante de Lemon June à son sujet. Il me semble que l’on parle ici des aspirations humaines, de l’ambition, du désir de s’élever, et de la façon dont le conformisme social détruit tout ce qui ne s’inscrit pas dans le cadre établi. Pas très joyeux, mais certainement très touchant ! J’aime beaucoup la fibre « féministe » (même si le terme est anachronique) et la modernité de l’auteur; étant données les thématiques du roman et l’accueil virulent qu’il a eu dans l’Angleterre de l’époque, je pense y retrouver ces traits avec force.

▼▼▼

LITTÉRATURE RUSSE DU XIXe SIÈCLE

ANNA KARENINE

Les classiques russes ne m’avaient jamais interpellée, peut-être parce que je connais trop peu cette culture (et parce qu’ils sont souvent très épais, donc un peu intimidants !). Depuis que j’ai renoué avec les classiques britanniques, toutefois, j’ai envie de m’ouvrir à ces chefs d’oeuvre — notamment Anna Karenine, que je crois pouvoir apprécier grâce à ses sujets qui comptent parmi mes préférés: l’opposition entre mariage et passion, la quête du bonheur au-delà des conventions… L’immense majorité des critiques que j’ai lues ou vues à son propos sont très positives, voire expriment un vrai coup de coeur, et soulignent sa facilité de lecture malgré les 1000 pages. Ce sera une option parfaite lorsque j’aurai envie d’un pavé dans lequel m’immerger pendant de nombreuses heures !

▼▼▼

LITTÉRATURE BRITANNIQUE DU XXe SIÈCLE

VERA
VO: Vera

Je n’avais jamais entendu parler de ce roman ni de son auteure, Elizabeth von Arnim, avant de les croiser par hasard dans des recommandations proches de l’univers de Daphné du Maurier. Le synopsis de Vera, de fait, évoque vaguement celui de Rebecca, et pour cause: il aurait été l’une de ses inspirations. On y suit la rencontre puis la relation de la naïve Lucy avec son mari, un homme veuf qui la console de la perte de son papa. Alors qu’il semblait si attentionné, le comportement de cet homme devient de plus en plus oppressant, et l’ombre de sa première épouse, Vera, obsède la jeune femme. Que lui est-il vraiment arrivé ? Impossible pour moi de résister à un tel résumé, qui promet beaucoup de noirceur et de suspense; je suis aussi très curieuse de voir comment va se développer l’histoire, et quelles seront ses différences avec mon cher Rebecca !

UN ROMAN D’AGATHA CHRISTIE

J’ai dévoré deux romans de la reine du crime en 2017 (ici et). En 2018, j’aimerais rester sur la même lancée ! Il faut dire qu’Agatha Christie m’accompagne depuis mes 12 ans, tant elle est facile et agréable à lire: je prends toujours autant de plaisir à suivre ses intrigues bien orchestrées, ses personnages hauts en couleur, et sa plume délicieusement désuète. Je pense avoir déjà lu tous les chefs d’oeuvre principaux de sa bibliographie, mais il me reste heureusement encore plein de titres un peu moins célèbres à me mettre sous la dent: je suis notamment intéressée par La Mystérieuse Affaire de Styles (recommandée par Laura dans cette vidéo), ABC contre Poirot, ou Cinq petits cochons.

▼▼▼

LITTÉRATURE FRANÇAISE DU XXe SIÈCLE

L’ÎLE DES PERROQUETS

Depuis mon coup de coeur pour Le Château des Bois Noirs il y a quelques mois, je ne pense qu’à continuer mon exploration des romans de Robert Margerit — grand écrivain tombé progressivement dans l’oubli. Tous m’attirent énormément (j’ai d’ailleurs l’intention de tous me les procurer), mais je commencerai par ce récit de pirates riche en aventures: réputé pour son rythme exaltant et plein d’action, il fut même décrit par le critique Hubert Juin comme « le seul roman marin à lire depuis Conrad et Stevenson – et sans doute le plus grand de notre littérature » ! Cela me changera beaucoup de mes lectures habituelles, plutôt atmosphériques et psychologiques, mais je suis persuadée que la superbe plume de l’auteur saura m’emporter. Pourquoi ne pas le lire pendant mon voyage dans les Caraïbes colombiennes, d’ici deux semaines, pour être totalement dans l’ambiance ?

♡ L’AMANT

On aime ou on déteste son style si particulier; je me souviens pour ma part d’avoir adoré Marguerite Duras lorsque j’étais ado, notamment avec Le ravissement de Lol V Stein et le script de Hiroshima mon amour, étudiés en classe. Depuis, j’avais complètement délaissé cette auteure jusqu’à découvrir Dix heures et demie du soir en été il y a quelques mois; j’ai désormais la ferme intention de continuer à explorer sa bibliographie ! L’Amant me paraît un titre inévitable, puisqu’il est probablement le plus connu, même si j’aimerais aussi relire Le ravissement…, dont j’ai des souvenirs très flous. L’un ou l’autre de ceux-là passera bientôt entre mes mains, c’est certain !

▼▼▼

LITTÉRATURE AMÉRICAINE DU XXe SIÈCLE

MARTIN EDEN
VO: Martin Eden

J’ai beaucoup entendu parler de Martin Eden ces derniers mois, et malgré mes réticences initiales vis-à-vis de la littérature américaine (qui ne me fait pas du tout envie en ce moment), des romans d’apprentissage et du sujet des classes sociales, tous ces avis dithyrambiques m’ont convaincue de m’y intéresser. J’y vois quelques parallèles avec Jude l’Obscur, présenté plus haut: on suit un jeune marin amoureux d’une riche bourgeoise, pétri du désir d’échapper à sa rustre condition par l’étude et l’écriture, qui va pourtant se casser les dents sur l’immobilité et l’absurdité des constructions sociales. L’idée de suivre son rêve à tout prix, à s’y acharner, me parle déjà beaucoup. Ce sera ma première découverte de Jack London, réputé pour sa plume puissante et envoûtante: j’espère de tout coeur l’apprécier moi aussi !

***

Et vous, avez-vous des classiques dans votre ligne de mire cette année ?
Si vous avez lu certains de ces titres, qu’en avez-vous pensé ?

Cet article contient des liens affiliés de la librairie Decitre pour les livres en français, sauf en cas de non disponibilité, et d’Amazon pour les livres en anglais (souvent moins cher, avec pas mal d’offres d’occasion – c’est là que je trouve la plupart de mes livres de seconde main). En commandant via ces liens, vous participez à soutenir mon activité sur ce blog (cf ma FAQ). Sinon, n’hésitez pas à vous fournir auprès de votre librairie locale, qui a besoin de vous: regardez par exemple sur Place des Libraires !

Dans tous les cas, MERCI ♥︎

63 commentaires

  1. Je suis également une grande fan d’Agatha Christie! Mais il m’en manque encore pleins à lire. Je devrais m’y remettre. Bonne lecture!

  2. Pingback: Happy Friday ! - Black Confetti

  3. Si tu lis Jack London je serais vraiment ravie d’avoir ton avis, c’est un de mes auteurs préférés et Martin Eden est sans doute un de ses chefs d’oeuvre… Bon le risque en commençant par celui ci, c’est forcément d’être un peu déçue par les autres, encore que, c’est un auteur qui a su explorer des styles assez différents. Il y a de très beaux récits : Michael chien de cirque, Le vagabond des étoiles, Avant Adam, L’aventureuse… Beaucoup des livres de ta sélection me font envie en tout cas (je lis surtout des classiques).

  4. Je dis ça en passant, mais la version audio de The Woodlanders sur Audible est narrée par Rufus Sewell *cough cough* aka Lord M dans Victoria.
    A part ça, tu m’as donné envie de relire (réessayer plutôt…) Anna Karenine, après une première impression plutôt décevante… Et de me lancer dans The Woodlanders justement, parce que les histoires tragiques, qu’est-ce que c’est triste, mais qu’est-ce que c’est beau !
    Et si je peux me permettre de glisser une recommendation : Le Comte de Monte-Cristo ! Je l’ai commencé sans trop savoir à quoi m’attendre, simplement parce que j’avais plutôt bien aimé Les Trois Mousquetaires et que je voulais me frotter à ce grand classique… Finalement je l’ai dévoré en une semaine, happée que j’étais par les aventures de ce cher Edmond et les mille et une péripéties qui se déroulent à chaque page.

  5. J’ajoute une partie de ces classiques à ma liste de livres à découvrir :) Nord et Sud est mon coup de cœur depuis plusieurs années, au même titre que Persuasion de Jane Austen ou Les Hauts de Hurlevent qu’on ne présente plus.

  6. Cela fait aussi partie de mes résolutions pour cette année! Je me suis procuré du Jane Austen et j’ai aussi dans l’idée de lire du Agatha Christie, mais aussi du Jack London et du Jules Vernes.
    Hâte de découvrir tes avis!

  7. Bonjour Victoria!
    L’Amant est un de mes livres préférés, je l’avais étudié en cours. Et je viens d’aller voir l’adaptation de La Douleur, et c’est sublime. Ca m’a donné envie de replonger dans les autres livres de M.Duras…
    Bonne lecture! 😘

  8. Ahhhh Martin Eden est mon livre préféré !! Je l’ai adorééé !!
    Par contre Duras j’avais été obligé de lire trois livres d’elle en un an au lycée et j’en garde toujours un souvenir traumatisant ^^

  9. Hello,

    Une liste très sympathique ! Martin Eden me tente beaucoup également. Pour ma part, voici ce qui est prévu :
    – Raison et sentiments de Jane Austen : j’ai lu très peu de Jane Austen alors que beaucoup sur la blogo en sont très fans. En plus, j’en ai plusieurs sous la main, alors pourquoi se priver ?
    – L’écume des jours de Boris Vian : je l’avais dans ma bibliothèque depuis très longtemps, c’est un auteur que je n’ai jamais lu. Je suis curieuse de découvrir son style créatif et imaginatif.
    – Le vieil Homme et la mer d’Ernest Hemingway : pareil, dans ma bibliothèque depuis des siècles
    – La promesse de l’aube de Romain Gary : je me suis aperçu que je n’avais lu de livres de la légende qui a gagné deux prix Goncourt.
    – Les âmes mortes de Nikolai Gogol : un classique de la littérature russe, l’auteur est un peu oublié bien qu’il était l’un des modèles de Dostoïevski
    – Kallocaïne de Karin Boye : un classique de la dystopie des années 50 méconnu. Une femme qui écrit dans ce genre à l’époque, c’est quand même assez rare donc ça m’intéresse.
    – Au cœur des Ténèbres de Joseph Conrad : Un classique dont on nous a rebattu les oreilles en cours de littérature anglophone. Depuis je fais une fixette dessus et j’aimerais mettre fin à mon obsession :p

Répondre

Naviguer