10 choses que la liseuse a changées dans ma vie de lectrice

Voilà déjà plus d’un an que j’ai adopté la liseuse électronique (une Kindle Paperwhite, en l’occurrence) ! Malgré des débuts imparfaits bien qu’encourageants, racontés par ici, force est de constater une véritable évolution, depuis, dans mes habitudes — bien au-delà de ce que j’avais imaginé, moi la fervente défenseure du papier.

Je dois l’avouer: contre toute attente, c’est désormais l’amour fou entre nous ! Je me suis tellement habituée à ses caractéristiques que ma vie de lectrice elle-même en a été bouleversée, remodelée, autant en termes de choix de lecture, que de rythme ou de consommation.

En constatant ces changements, que je trouve intéressants et assez représentatifs des qualités et défauts des livres numériques, j’ai eu envie de vous les présenter comme un bilan concret de ce premier anniversaire de ma conversion aux ebooks !

Certaines de mes évolutions sont plutôt positives, d’autres plus négatives, mais la plupart sont simplement, je crois, une manière différente d’appréhender les choses.

J’espère en tous cas que cette petite analyse vous intéressera, par exemple si vous hésitez ou peinez à vous lancer dans la lecture numérique. Peut-être que certain/es d’entre vous se reconnaîtront dans mes ressentis… ou au contraire, pas du tout !bilan-liseuse-electronique

1. Je me lance plus facilement

Faute de bibliothèque francophone dans les environs, pour découvrir un livre, je devais jusqu’ici me le procurer en format papier: cela supposait un certain coût et/ou un certain temps, ainsi qu’une perte d’espace, ce qui m’incitait forcément à filtrer mes choix. Je privilégiais donc les titres « sûrs », que je pensais vraiment pouvoir aimer et avoir envie de garder.

Depuis que je possède ma liseuse, au contraire, deux caractéristiques me permettent de tenter ma chance à moindre risque: les extraits gratuits pour lire les premières pages, et toutes les opportunités de petits prix (surtout parmi les titres anglo-saxons, auto-édités, ou lors d’offres promotionnelles).

Grâce à ces différentes possibilités, je me laisse tenter plus facilement qu’auparavant, et je laisse leur chance à des ouvrages qui n’auraient peut-être pas justifié le risque autrement — par exemple, des livres qui m’intriguent sans que je sois complètement sûre de les aimer, des livres que je suis curieuse de lire sans forcément vouloir les avoir dans ma bibliothèque… C’est enrichissant, car cela ouvre un peu mes horizons !

2. Je découvre l’auto-édition.

Le format de distribution principal des romans auto-édités étant le numérique, j’étais passée complètement à côté avant d’acquérir ma liseuse. Aujourd’hui, même si c’est loin d’être ma source d’approvisionnement principale, j’ai déjà pu découvrir 3-4 titres directement publiés par leurs auteur/es. Je suis contente d’avoir désormais accès à tout ce catalogue, que je compte continuer à explorer ! Même si, à mes yeux, certains de ces romans manquent un peu de travail éditorial, on y trouve de belles surprises à des prix souvent très doux.

3. Je lis beaucoup plus de classiques.

Gratuité ou mini-prix (souvent, autour d’1€) et parfaite accessibilité, même à l’étranger: grâce à ces avantages pratiques, je n’ai plus aucun obstacle pour renouer avec mon amour des belles lettres, et je m’en donne à coeur joie !

Lorsque je devais me procurer des classiques au format papier, la démarche était plus intimidante, car plus réfléchie: je voyais leur épaisseur, je devais les payer (même s’ils étaient souvent abordables), je les ajoutais réellement à ma pile à lire…

Sur ma Kindle, au contraire, je peux télécharger pratiquement n’importe quel classique qui m’intrigue sans avoir l’impression de m’engager outre-mesure: je ne perds pas d’argent donc je ne risque vraiment aucun regret. Avoir toujours ces options gratuites sous la main quand je n’ai pas d’autre idée m’incite à m’y ouvrir davantage.

4. Je lis encore plus en anglais.

Les petits prix des ebooks dans le monde anglo-saxon et leur accessibilité parfaite où que je sois sont aussi les raisons principales de leur proportion toujours croissante dans mon quotidien.

Ici aux Pays-Bas, tout comme en France, les romans anglophones que l’on trouve en librairies sont importés, donc un peu onéreux, plus chers que la traduction française en poche — ce qui m’amenait parfois à préférer cette dernière. Très souvent, en outre, certains titres ne se trouvent pas directement, ni en neuf ni dans les bouquineries, à cause d’un catalogue trop restreint; ils doivent alors être commandés avec un délai de plusieurs jours.

Face à ces complications, la liseuse est une réponse idéale: je dépense moins d’argent (la plupart des titres que j’achète coûtent entre 4 et 6€) et je n’ai pas à fouiller partout ni à attendre !

5. Je lis plus souvent et plus tard.

Les deux grands atouts pratiques de la liseuse électronique, c’est à dire son format compact et son écran rétro-éclairé, m’ont apporté plus de souplesse dans mes horaires de lecture.

Je suis par exemple plus à même de lire dans le tram, ou 5 minutes en attendant un rendez-vous, parce que transporter ma Kindle n’est jamais un problème: elle tient dans tous mes sacs (pourtant assez petits), si bien que je l’emmène presque toujours avec moi. De même, son éclairage doux m’a permis de recommencer à lire le soir dans mon lit, même une fois la lumière éteinte: je peux me détendre tranquillement tout en dévorant encore quelques pages, ce qui m’aide à trouver le sommeil et m’évite la frustration d’attendre le lendemain pour continuer !

6. Je lis encore plus de livres en même temps.

Il est si simple de passer d’un fichier à un autre sur une liseuse, et il y a tant de choix possibles, que pour quelqu’un comme moi qui aime lire plusieurs livres en même temps, la tentation est très forte de papillonner encore plus. Là où ce comportement peut poser des problèmes d’organisation avec les livres papier (par exemple: lequel de ces romans emporter avec moi aujourd’hui ?), il ne génère aucun souci lorsque toutes les oeuvres en question sont regroupées dans le même appareil, toujours sous la main.

Ainsi, au lieu de mes 2-3 lectures en cours habituelles, j’en ai environ 4-5 rien que sur ma Kindle en ce moment — sans compter les livres dont j’ai parcouru les premières pages par simple curiosité, et que je reprendrai plus tard.

7. Je lis de moins en moins de romans papier.

Je n’aurais jamais cru dire cela un jour, mais ma préférence en termes de confort de lecture va désormais plutôt à la liseuse. Comme une enfant gâtée, je me suis tellement habituée à pouvoir lire partout, même la nuit, et sans qu’un énorme pavé pèse dans mes mains, que l’expérience des livres papier arrive parfois à me frustrer légèrement — par exemple, quand je n’ai pas de place dans mon sac pour l’emporter avec moi, ou quand mon compagnon veut éteindre la lumière, et que je ne peux pas continuer mon récit. Résultat: il m’est arrivé régulièrement, ces derniers mois, de me procurer la version numérique de titres que je possédais en papier dans ma bibliothèque, juste pour pouvoir les avancer plus aisément !

8. J’achète encore des livres papier, mais différemment.

Si ma consommation de livres papier a beaucoup diminué (pour mon plus grand bonheur, cela fait moins d’encombrement !), je dirais qu’elle a aussi et surtout changé de nature. Alors que je devais auparavant tout prendre dans ce format, faute d’autres alternatives, aujourd’hui mes achats sont beaucoup plus ciblés. Ils s’inscrivent dans trois grandes catégories:

⋆ Des objets de valeur sentimentale: il peut s’agir de mes livres préférés, de titres que j’ai découverts en numérique et voulu avoir dans ma bibliothèque, ou encore d’ouvrages qui touchent à des sujets qui me tiennent à coeur (par exemple, des romans autour de l’Écosse) — pour moi qui aime être entourée de bonnes ondes et de jolies choses, il est réconfortant de les avoir physiquement près de moi.

⋆ Des titres n’ayant pas de version numérique, ou très chère: dans ce cas, il n’y a pas d’autre choix que d’opter pour la version papier ! Je cherche alors généralement le livre en occasion pour rester dans un coût raisonnable (sauf si je veux vraiment soutenir l’auteur/e, et que mon budget me le permet).

⋆ Des livres pratiques (cuisine, lifestyle…): je trouve infiniment plus simple de pouvoir les feuilleter librement. Quant aux photos bien imprimées, en couleur, qui font souvent tout le charme de ces ouvrages, elles sont quand même plus jolies « en vrai » !

Pour tout le reste, je privilégie généralement le format numérique, quitte à me procurer une version papier si j’ai eu un coup de coeur.

9. Je partage moins mes livres.

Formats protégés obligent, les ebooks que j’achète sur ma Kindle sont difficiles, voire impossibles à partager avec mes proches — surtout que beaucoup d’entre eux possèdent plutôt une Kobo ! Au-delà de l’éthique douteuse du procédé, cela a véritablement changé quelque chose dans mon quotidien: alors que je prêtais souvent des romans à mes copines et ma maman, le fait de lire désormais à 80% en numérique a presque réduit cette pratique à zéro. C’est dommage, car cela enlève une opportunité d’échanges !

10. Je me suis habituée à l’instantané.

La patience, même si je sais me tenir, n’est pas spécialement mon point fort. Alors bien sûr, le bonheur de recevoir immédiatement un titre acheté, même à n’importe quel moment du week-end ou de la nuit, est vite devenu une habitude ! Pour moi qui devais souvent recourir aux commandes, c’est une solution infiniment plus confortable et pratique. Je l’avoue un peu honteuse, il s’agit très certainement de l’une des raisons pour lesquelles je suis aujourd’hui complètement conquise… et accro !

Rassurez-vous tout de même: cela n’enlève rien à ma passion pour les librairies, que je n’ai pas désertées, au contraire — ce sont juste pour moi deux types d’occasions complètement différents.

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Avez-vous déjà essayé la lecture sur liseuse électronique ?
Si oui, partagez-vous mes ressentis ?
Cela a-t-il influé sur vos habitudes de lecture ?

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78 commentaires

  1. Je suis ravie de cette belle évolution avec ta liseuse, je ne peux moi-même plus m’en passer. Le confort de lecture est vraiment incroyable. Quant à ceux qui disent que cela nuit aux librairies, je ne suis pas d’accord, il faut savoir vivre avec son temps et tout comme toi, je continue d’acheter de beaux livres, ceux que je veux feuilleter à ma guise (art, cuisine… Y-compris le tien d’ailleurs ça me fait penser !). Liseuse et livre papier ne sont pas rivaux mais complémentaires je dirais.

  2. J’ai acheté une liseuse il y a un peu plus d’un an et j’en suis très satisfaite également. Je ne lisais presque plus alors que j’ai fait des études de lettres modernes, parce qu’en rentrant du travail, pas envie.
    Avec ma liseuse je peux lire dans l’avion quand je voyage et dans les salles d’attente des médecins ou dès qu’il faut attendre plus de quelques minutes, on peut ainsi avancer petit à petit dans un roman :)
    Le seul défaut pour moi aussi c’est de ne plus pouvoir prêter mes livres à mes amis. Mais comme j’achète encore quelques livres papier quand j’ai un coup de coeur ou qu’il y a des photos comme les livres de cuisine aussi, ce n’est pas encore devenu un objet « individualiste ».

  3. Bonjour, Auriez-vous justement des idées de romans pas trop difficiles à lire en anglais ? j’aimerais me lancer !

  4. Merci, j’hésite justement à en acheter une et ton point de vue est très intéressant ! Cela donne envie de sauter le pas. Pour moi, c’était surtout pour des raisons de place, mais tu me fais effectivement voir d’autres avantages. Et vu le stock de livres que j’ai déjà, j’en aurais toujours assez pour en prêter ! En revanche du coup, je me demande s’il vaut mieux Kindle ou Kobo…

  5. Ca fait quelques mois que je me tâte a m’en acheter une…les livres commencent à s’accumuler et la place se fait de plus en plus rare ! J’ai un peu peur de perdre l’authenticité avec un joli livre qui sent bon le papier et l’encre mais c’est vrai qu’une liseuse doit être si pratique! Même en terme de poids ( les gros livres à transporter partout peuvent être vite encombrant!) Merci pour cet article en tout cas, je pense sauter rapidement le pas !

  6. Hello Victoria,
    Tous tes 10 points sont exactement les mêmes arguments que les miens!
    J’ai une liseuse depuis le tout début de leur commercialisation (la première venait de France Loisirs).
    J’ai une paperwhite (1ere version) et les 4 autres membres de ma famille en ont une également.
    Nous sommes des dévoreurs de livres donc ce format nous convenant (par exemple en 3 semaines de voyage en Thailande, il est plus facile de voyager avec 5 liseuses plutot qu’avec une cinquantaines de livres !!!).
    Et pourtant j’achete encore bcp de livres physiques, essentiellement des recits de voyage, des livres-chouchous, des BD, des guides de cuisine… mais essentiellement en occasion (Emmaus) ou je fais des trocs dans des boites à lire.

  7. Hello toi,

    C’est un article que je trouve super intéressant ! J’ai moi même acheté une liseuse il y a de ça 6mois et depuis le début de l’année, je l’ai adoptée ! Je l’emmène partout, et je découvre beaucoup plus de livres, et j’achète mes bouquins différemment !

    Bisettes,

    Aurore / Au’riginalité

  8. Intéressant ton retour sur cette expérience de lecture! Moi j’adore la ma liseuse.
    Je passe par des périodes plutôt papier et des périodes plutôt numériques, j’alterne. Ce que j’aime avec ma liseuse c’est comme tu le dis, de pouvoir emporter une énooooorme bibliothèque dans le format d’un seul livre de poche. Comme toi il m’arrive régulièrement de lire plusieurs livres en même temps et c’est plus pratique avec la liseuse. Je trouve que je lis plus vite sur la liseuse que sur le papier.
    Une chose que j’aime particulièrement avec la liseuse, c’est que je n’ai pas le souci d’abimer mon livre papier. Mes livres papiers s’abiment bien souvent dans mon sac à main et je passe mon temps à angoisser sur l’état dans lequel ils vont en ressortir. Alors que là, no stress. Mon étui de liseuse commence d’ailleurs à fatiguer mais peu importe :) Le format numérique m’encourage aussi à lire de façon plus spontanée. Quand je lis en papier, je m’astreins à ne lire que ma PAL papier, ces livres qui sont dans ma bibli depuis X semaines/mois/années. Mais en format numérique, je me suis procurée toutes sortes de titres, de beaucoup de genres différents… et je me laisse plus souvent aller à l’impulsion d’ouvrir le premier titre qui me tente. Donc en résumé, les meilleurs points positif de la liseuse sont pour moi:
    – le rétro-éclairage (je n’en ai même pas parlé mais c’est tellement bien de pouvoir continuer de lire alors que chéri a déjà éteint les lumières)
    – la praticité des transports
    – la spontanéité et la rapidité de mes lectures

  9. C’est très drôle!
    Hier j’ai lu l’article pour la nouvelle édition du club de lecture, il est rare que je participe, mais hier, poussée par la curiosité, j’ai cliqué sur le lien et téléchargé un extrait dans la foulée.
    Et là, je n’ai juste pas pu m’arrêter de lire! Je m’interrogeais sur la façon de me procurer la suite au plus vite, quand j’ai réalisé que je pouvais le télécharger sur ma liseuse, et que je pourrai donc continuer ma lecture le soir même :)
    Je suis en plein dans la culture de l’instantané :) et ça m’a fait penser à ton article :):) Et j’ai pu continuer à lire confortablement dans mon lit pendant que mon compagnon dormait ;-)

    Ce n’est pas mon comportement habituel avec ma liseuse. En général, je la réserve aux vacances, pour pouvoir facilement emporter plusieurs romans avec moi.
    J’échange habituellement beaucoup de livres avec ma mère et mes amis, et c’est clairement un point de la liseuse qui me dérange beaucoup.

  10. Je valide la facilité d’accès aux livres que ça apporte (je vis aussi à l’étranger). Pendant 20 ans, j’allais quasiment chaque mois à la bibliothèque pour choisir des livres. A mon arrivée à Prague, je n’ai pas voulu m’inscrire à une bibliothèque française (je suis trop radine…) mais je n’ai donc quasiment pas lu en deux an (la déprime). Depuis que j’ai une liseuse, je lis à nouveau et c’est tellement plus facile.
    Par contre ma radinerie me pousse à ne lire que des classiques libres de droit. Je n’ai pas le cœur à « trouver » les livres gratuitement sur Internet, je trouve ça vraiment moche. Prochaine étape : acheter mon premier livre en ligne.
    Sinon deux trucs que j’adore avec les livres numériques : le % et le temps restant. Visuellement, c’est pareil avec les livres papier en regardant le nombre de page mais j’adoooore ces %. Parfois, je fais la course avec moi-même avec le temps restant (on s’amuse comme on peut…).

  11. Je n’arrive plus à me passer de mon Kindle moi aussi, même si j’aime toujours le livre papier et l’objet qu’il constitue. La liseuse est vraiment pratique et j’apprécie vraiment de pouvoir lire le soir (même très tard!).

  12. Ça fait quelques semaines presque mois que je suis tenter par une liseuse !
    Etant souvent en déplacement et une lectrice nocturne, le petit format et le rétro éclairage me tente beaucoup.
    J’ai repris gout à la lecture grâce à une application liseuse sur mon téléphone, c’est super pratique dans les transport mais la nuit ça m’empêche de dormir. Beaucoup trop de lumière même en passant a une police noire sur fond blanc. /5
    Cependant, comme mon choix se porterait plutôt sur une kindle je me pose la question de l’éthique, amazon étant le papa de la kindle. Acheter une kindle équivaudrait à soutenir Amazon..
    Pour l’instant j’hésite encore. Qu’en penses tu ?

  13. Pingback: La liseuse électronique : tout savoir sur cet outil de lecture plébiscité ! - Actu CV

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  15. Merci pour ce bel article !
    ça donne envie de lire, j’ai cette habitude à prendre un bouquin avec moi et de profiter de chaque minute qui passe dans le transport.

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