Passion Littérature Victorienne

Il y a encore deux ans, je ne m’étais jamais intéressée de moi-même aux romans britanniques du XIXème siècle. Ce trou dans ma culture résultait probablement de différents facteurs: je n’avais pas fait d’anglais au collège-lycée (sauf en terminale pour ma spécialité), donc pas eu beaucoup d’occasions d’étudier ces textes; nous n’en avions quasiment pas à la maison; et plus tard, je m’étais volontairement éloignée de tous les classiques durant plusieurs années après l’overdose de mes études littéraires.

Il m’aura fallu un retour progressif aux belles lettres, puis une idée de thématique pour mon #clublectureMS en 2016, pour me pousser à me lancer. Et ô combien je suis heureuse de m’y être essayée: en quelques lectures, la production romanesque de cette période est devenue l’une de mes préférées. Encore aujourd’hui, je n’ai de cesse de l’explorer encore et encore !

Il m’est difficile d’expliquer précisément pourquoi cette littérature m’a conquise (promis, ce n’est pas juste parce que je m’appelle Victoria !). Il y a tant de raisons de l’aimer et d’y être sensible…

Je crois d’abord que les romans dépeignant l’ère victorienne abordent des thématiques et soulèvent des questions qui résonnent encore aujourd’hui: par exemple le tiraillement entre, d’une part, les nouvelles technologies, une évolution industrielle bondissante, et d’autre part l’envie de préserver l’authenticité culturelle, la nature, les traditions; mais aussi le problème de la place donnée aux femmes dans notre société, et de leur émancipation, qui était déjà au coeur de tous les plus grands romans de l’époque.

J’aime aussi le mélange que cette littérature offre entre un véritable attrait pour le réalisme, la description des moeurs et de la vie quotidienne, et d’un autre côté, son héritage gothique et romantique, qui explore et sublime les passions humaines – parfois en faisant fi de la morale, celle-ci étant tantôt hautement louée, tantôt interrogée.

Je retrouve également une esthétique « sensationnelle » forte dans nombre de romans victoriens, qui correspond tout à fait à ma sensibilité pour les mystères: une obsession du secret, du paranormal, un grand maniement du suspense, du doute… Cet aspect me semble étonnamment moderne par rapport à d’autres classiques plus anciens.

Enfin, j’aime lire des romans victoriens car leur style est raffiné, soigné, tout en étant, je trouve, largement plus accessible que les plumes du XVIIIe siècle: il n’y a pas vraiment de barrière de compréhension en termes de tournures de phrases, de vocabulaire trop daté, etc… ce qui me les rend plus « proches ».

Quoi qu’il en soit, je souhaitais partager avec vous aujourd’hui une liste d’idées lectures victoriennes, en espérant qu’elles vous donnent envie de vous lancer à votre tour dans ce domaine très éclectique – ou de l’explorer davantage. J’ai réuni ci-dessous mes impressions sur les titres que j’ai déjà pu découvrir, ainsi qu’une petite sélection non-exhaustive d’autres romans d’époque dans lesquels j’aimerais me plonger dans les années à venir. Belles découvertes !recommandations-romans-victoriens

LES ROMANS QUE J’AI LUS (OU PRESQUE)

☆ La Dame en blanc. Ce roman à suspense a été une révélation: il m’a permis de me découvrir un amour pour le genre gothique, dont j’adore l’esthétique et l’atmosphère. Depuis, c’est un style littéraire que je recherche activement et continue à lire régulièrement ! Wilkie Collins, en créant un doute latent chez ses lecteurs/rices, distille un suspense tout au long du récit, qui le rend assez addictif malgré sa longueur. La plume de l’auteur, élégante mais accessible, les touches d’humour, la variété des points de vue, la richesse des personnages et l’ingéniosité des machinations imaginées en font une lecture très agréable et pleine de surprises. Un vrai chef d’oeuvre littéraire, que je vous recommande si vous aimez les mystères. Ma revue plus détaillée est toujours disponible par ici !

☆ Les Hauts de Hurlevent. Il nous fascine ou nous repousse; quoi qu’il en soit, ce roman « ovni » mérite cent fois sa réputation de chef d’oeuvre tant il est unique. Je m’en sens toujours habitée depuis que je l’ai découvert… Sombre et violent dans son intrigue, incendiaire et passionné dans son texte, Les Hauts de Hurlevent détonne complètement vis à vis des autres livres publiés à son époque. Ici, rien n’est policé, et l’on ressent à vif la puissance des émotions qui, sans doute, habitaient son auteure. Si l’histoire d’amour entre Cathy et Heathcliff est ultra malsaine et destructrice (clairement pas un modèle inspirant !), je la trouve paradoxalement bouleversante dans sa pureté brute, cruellement belle. J’ai été émue parfois aux larmes par les souffrances des protagonistes, que je comprenais malgré leurs comportements impardonnables. Pour en savoir plus, rendez-vous dans mon article dédié à cet univers ici.

☆ Jane Eyre. En découvrant l’intrigue de Jane Eyre via l’adaptation du Feuilleton de France Culture il y a quelques années, je me souviens en avoir apprécié certains aspects, sans pour autant être transcendée par le récit dans son ensemble, que je trouvais un peu plat. J’ai toutefois redonné une chance à cette histoire en me lançant dans la lecture (en version audio) du roman originel en fin d’année dernière, mais mon avis est resté similaire: une plume superbe, une finesse émotionnelle incroyable (comme toujours chez Charlotte Brontë), quelques passages assez passionnants, mais aussi beaucoup de longueurs (le récit d’enfance, particulièrement, m’a paru éternel: c’est quelque chose qui m’intéresse rarement), et zéro attachement au couple phare, que je n’aime pas beaucoup… Bref, je suis contente de l’avoir lu pour ma culture personnelle, mais ce n’est pas mon roman victorien fétiche !

 La Recluse de Wildfell Hall. D’une certaine façon, ce roman complètement sous-estimé d’Anne Brontë est à ce jour mon coup de coeur parmi toute l’oeuvre des trois soeurs. Il ne m’a certes pas marqué pour son originalité ou la puissance de son ton, comme Les Hauts de Hurlevent – il s’agit ici d’un roman de moeurs relativement classique – mais sa fibre « féministe » avant l’heure, très courageuse pour l’époque, son léger mystère et sa protagoniste profondément attachante m’ont conquise de A à Z. J’ai passé un excellent moment de lecture, dévorant ses pages, incapable de reposer mon exemplaire, et j’ai absolument adoré la fin. Je ne peux que vous le recommander ! Pour en savoir un peu plus, ma revue est disponible .

☆ Shirley. Afin de ne pas rester sur mon impression un peu déçue de Jane Eyre, je souhaitais découvrir d’autres titres de Charlotte Brontë. C’est la booktubeuse LucyTheReader qui m’a donné envie de donner la priorité à Shirley, pour lequel elle a eu un grand coup de coeur. Je ne l’ai pas encore tout à fait terminé (il me reste 15%, je l’ai avancé très lentement en parallèle d’autres lectures), mais je peux déjà affirmer à quel point sa modernité, notamment sur la question « féministe », sa justesse émotionnelle époustouflante et l’intelligence de ses propos m’ont agréablement surprise. Le contexte est celui de l’industrialisation, qui donne lieu à une analyse sociale intéressante, mais celle-ci reste en toile de fond, laissant la part belle aux préoccupations plus privées et intimes – notamment une histoire d’amour compliquée comme je les aime, qui crée une irrésistible tension !

☆ Le secret de Lady Audley. Publié moins de deux ans après La Dame en blanc, ce bestseller du XIXème siècle a été écrit par une femme, Mary Elizabeth Braddon, qui a elle aussi largement développé le genre du « sensation novel » (roman à suspense, à mystère) lancé par Wilkie Collins. On y retrouve d’ailleurs des caractéristiques communes: un doute distillé tout au long du récit, du suspense, des machinations et des trahisons, beaucoup de rebondissements, le tout ponctué d’esthétique gothique. Tout ce que j’aime: j’ai eu du mal à le reposer après chaque session lecture ! Vous pouvez consulter mon avis un peu plus détaillé dans cet article.

☆ Loin de la foule déchaînée. Ce récit est le premier roman victorien que j’ai découvert spontanément (en 2016, pour notre édition du #clublectureMS !) et il s’est avéré un coup de coeur absolu. Je le considère aujourd’hui comme l’un de mes livres préférés. J’y ai tout aimé: l’ambiance pastorale et douce, les personnages (Gabriel, si authentique et droit, et Bathsheba, avec son fort caractère et ses faiblesses…), les tensions amoureuses latentes, les drames, le rythme en chapitres courts, la fin absolument parfaite, et bien sûr, la plume exquise de Thomas Hardy, raffinée et pleine d’humour. Pour voir ma revue complète, c’est par ici !

☆ Sous la verte feuillée. Cette année, pour enfin retrouver le style de Thomas Hardy (que je n’osais plus lire depuis mon coup de coeur), j’ai eu envie de découvrir un autre de ses romans les plus légers. Sous la verte feuillée en est sans doute l’un des exemples les plus extrêmes: très court, plein d’humour, ponctué de petites scènes quotidiennes illustrant les moeurs des campagnes, c’est une lecture douce et attendrissante qui se dévore. Elle a manqué un peu de profondeur à mon goût, mais j’ai tout de même passé un très bon moment entre ses pages. Ma revue à son sujet est consultable par là.

☆ Une étude en rouge (et autres aventures de Sherlock Holmes). Je ne me souviens plus exactement des différents romans d’Arthur Conan Doyle que j’ai lus, mais celui-ci en fait partie, ainsi que Le Chien des Baskerville – tous deux découverts pour l’école. J’apprécie beaucoup le personnage savoureux du détective, qui excelle dans l’observation et le raisonnement logique, au point de tirer des conclusions de façon quasiment magique !

☆ David Copperfield. Je n’ai qu’un très vague souvenir de cette oeuvre lue et étudiée en terminale pour mon cours de spécialité anglais; en revanche je sais qu’elle m’avait beaucoup ennuyée. Ce n’est pas étonnant: comme je vous l’expliquais ici, je ne suis pas du tout friande de récits centrés sur des thèmes sociaux tragiques comme la condition ouvrière, la pauvreté, etc… — sans compter en outre mon désintérêt pour les récits d’enfance ! Une simple question de goûts, qui rendait toutefois David Copperfield totalement incompatible avec ma sensibilité… Cela m’a dégoûtée de Dickens, que je n’ai plus jamais lu, notamment parce que la majorité de ses romans explorent des thématiques similaires. Ce n’est tout simplement pas mon style de lectures préféré, mais vous verrez plus bas que je ne jette pas l’éponge pour autant !

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QUELQUES ROMANS QUE JE VEUX DÉCOUVRIR

☆ Les Forestiers. Cette histoire, qui voit une jeune femme éduquée et intelligente tiraillée entre deux prétendants (un homme sophistiqué de la ville, et un paysan simple de sa campagne), présente des thèmes communs avec Loin de la foule déchaînée. C’est pour cela qu’elle m’intrigue depuis un certain temps, et la critique de Charlotte Parlotte à son sujet n’a pas arrangé la situation ! J’ai commencé le roman il y a quelques jours, oscillant entre sa traduction française chez Libretto et la VO en ebook gratuit: mon avis devrait arriver d’ici quelques semaines.

☆ Jude l’Obscur. Ayant adoré l’une des oeuvres les plus optimistes de Thomas Hardy, je suis encore un peu craintive de ses romans tragiques, qui risquent de moins me correspondre (j’aime une certaine profondeur, une gravité dans mes lectures, mais pas les drames désespérants). Cette vidéo passionnée de Lemon June, toutefois, a porté Jude l’Obscur à mon attention: par ses thèmes profondément humains et son histoire d’amour impossible sur fond de critique sociale, je crois qu’il pourrait toucher ma sensibilité, et vaut peut-être une tentative.

 Le mystère d’Edwin Drood. J’ai beau ne pas apprécier les romans de Dickens centrés sur le réalisme ouvrier, je reste curieuse de son oeuvre, et j’aimerais lui donner une nouvelle chance avec un style d’intrigue qui corresponde mieux à mes goûts. Outre ses histoires de fantômes, sur lesquelles il faudra que je me penche, Le Mystère d’Edwin Drood m’attire particulièrement – d’abord parce que, comme son titre l’indique, c’est un récit à mystère (disparition, secrets…), mais aussi parce qu’il s’agit du tout dernier roman de Dickens, qui mourut sans l’achever: la résolution de l’énigme en question est donc restée en suspens, et depuis plus d’une centaine d’années, spécialistes et écrivains se relaient pour imaginer la fin qu’aurait pu concevoir le grand auteur anglais. J’ai même vu qu’un beau livre entier dédié à ce sujet allait sortir cet été ! Bref, je veux pouvoir découvrir cette histoire pour me plonger à mon tour dans les différentes théories et les débats qu’elle a engendrée.

☆ Villette. Tout en craignant des longueurs ennuyeuses comme dans Jane Eyre, puisqu’il s’agit aussi d’un récit de vie, je suis assez intriguée par ce roman qui semble largement inspiré de la propre expérience de Charlotte Brontë dans un pensionnat à Bruxelles, où elle enseignait tout en vouant une passion absolue (et indésirable ?) au maître des lieux, Constantin Heger, un homme marié. Ici, Bruxelles est remplacé par un lieu fictif, Villette, et l’intrigue amoureuse touche Lucy Snowe, jeune femme instruite mais démunie, qui va enseigner l’anglais dans un institut pour petites filles…

☆ La Pierre de Lune. Le jour de ses 18 ans, Rachel, une jeune Anglaise, hérite d’un gros diamant d’une valeur inestimable; après la fête d’anniversaire où elle a porté le bijou, toutefois, celui-ci est volé dans sa chambre… Au fil de 12 témoignages de personnages différents, Wilkie Collins met cette affaire au clair dans un récit considéré comme le premier roman de détective moderne, avec nombre des caractéristiques que l’on connaît aujourd’hui au genre (suspense, multiplicité des suspects, rebondissements, fausses pistes…). La Pierre de Lune fut extrêmement populaire au moment de sa première parution — et aujourd’hui encore, j’en vois beaucoup de bons avis qui me donnent envie de le découvrir.

☆ Armadale. Une histoire de secrets, de rivalité, d’usurpation d’identité… Ce roman de type sensation novel est un sacré pavé (environ 800 pages), mais il est souvent reconnu comme l’un des chefs d’oeuvre de Wilkie Collins pour la complexité et l’ingéniosité de ses machinations, son suspense, et, notamment, son inoubliable antagoniste féminin. On le dit plein de mystère et de rythme, époustouflant, et apparemment difficile à lâcher une fois qu’on y est plongé/e. La narration est fondée, comme dans La Dame en Blanc et La Pierre de Lune, sur différents points de vue et témoignages qui s’alternent. Cela me parle !

☆ Nord et Sud. Bien qu’il s’agisse d’une fresque sociale centrée sur la Révolution Industrielle et ses violences, je crois que ce très célèbre roman peut me plaire pour l’aspect plus personnel, plus passionnel, de son intrigue; on suit ici le destin d’une jeune femme volontaire, les relations difficiles d’êtres opposés par leur position sociale et leurs convictions, une histoire d’amour naissante… J’imagine une sorte de mélange entre Shirley de Charlotte Brontë et Orgueil et Préjugés de Jane Austen, en espérant y trouver toute la profondeur que j’apprécie !

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Êtes-vous également amateur/rice de littérature victorienne ? Pourquoi ?
Avez-vous lu certains de ces titres ?
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36 commentaires

  1. J’adore la littérature victorienne ! Outre ma passion pour la culture britannique qui m’avait déjà amenée à découvrir plusieurs titres, j’ai redécouvert véritablement la littérature victorienne en 2012 quand j’ai lu pour la première fois Jane Eyre. C’en était presque devenu une obsession, tant j’avais aimé ma lecture. Et, contrairement à toi, j’avais trouvé le récit d’enfance de Jane – presque autobiographique – passionnant. Depuis, j’ai évidemment découvert d’autres titres, mais tous très connus, j’aimerais vraiment me pencher sur des romans de l’ère victorienne plus confidentiels.
    Et, en effet, je ne peux que te recommander Nord et Sud, c’est un de mes romans préférés de tous les temps ! J’ai vraiment tout aimé dans ce livre, même si habituellement les histoires de lutte sociale ne m’intéressent guère… (Et une fois que tu l’auras lu, tu pourras visionner l’adaptation de la BBC avec Richard Armitage qui est vraiment très, très bien aussi !)

  2. Comme toi j’adore la littérature victorienne, et j’ai eu un réel coup de coeur pour La Dame du manoir de Wildfeld Hall.
    Merci pour la liste de tes lectures « à lire », j’en connais peu, ça va égayer mon été lecture !

  3. Coucou Victoria! J’ai découvert ce style avec Jane Eyre. J’avais un peu peur du nian nian mais au final c’est assez fluctuant selon les auteurs. J’ai beaucoup aimé Les hauts de Hurlevent, et j’ai très envie de découvrir La recluse de Wildfell Hall que je lirai cet automne avec le ReadingClassicsChallenge. J’aime aussi beaucoup les polars qui mettent en scène cette époque, comme Anne Perry ou Ann Granger, tu en as déjà lu d’elles?

    Bises, bonne journée à toi!

  4. Je suis ravie si j’ai pu achever de te convaincre de lire Les Forestiers, je crois que c’est l’un de mes préférés de Thomas Hardy ! J’aime tellement la littérature victorienne…! La production littéraire de cette époque est tout simplement incroyable, on y retrouve les plus grands auteurs anglais. Je te conseille vraiment Nord et Sud, un magnifique roman qui prend position sur les problématiques liées à l’évolution industrielle (et notamment la condition des ouvriers). Quant à Villette, ce roman m’a tellement surprise, je ne m’attendais pas à un roman de ce genre. L’expérience et les déceptions de Charlotte Brontë y sont vraiment tangibles, c’est émouvant. En revanche, il y a pas mal d’introspection, donc il faut t’attendre effectivement à quelques longueurs ;)

  5. Une liste très inspirante! J’en ai lu quelques-uns du lot, il m’en reste pas mal à découvrir…. Je ne sais pas toi, mais j’aime lire ce genre de lecture en hiver (ou en automne), je trouve que le cadre s’y prête mieux!

  6. La littérature victorienne fait partie de la littérature « classique » que je préfère ! C’est dû à son style d’écriture relativement moderne, comme tu dis, loin des tournures de phrases alambiquées d’autres œuvres.
    « Les Hauts de Hurlevent » sont sur ma table de chevet :)
    Sinon, je te conseille « Agnès Grey » d’Anne Brontë : j’ai trouvé ce roman particulièrement moderne, avec une héroïne (Agnès Grey bien sûr ;p) qui devient gouvernante, doit gérer l’éducation d’enfants de familles riches, et se pose des questions sur leur éducation, la manière dont elle doit se comporter (elle n’aime pas se « soumettre ») et sa propre foi. En bref, j’ai trouvé la réflexion proposée par ce livre très intéressante. L’as-tu déjà lu ?

    Comme toi, je n’ai pas du tout aimé « David Copperfield » que j’ai trouvé trop long, mais j’ai adoré « Oliver Twist », du même auteur.
    Je te souhaite une belle journée :)

  7. J’aime beaucoup la littérature victorienne également, sans en être une experte. Mes auteurs préférés jusqu’ici sont les Brontë (Jane eyre, wildfell hall, et shirley est dans ma pile à lire. Par contre hurlevent pas réussi à le lire), Elizabeth Gaskell (nord et sud, wifes and daughter, mary barton), les sherlock holmes bien que je ne les associais pas à de la littérature victorienne… De thomas hardy j’ai lu Loin de la foule déchaînée (très sympa) et Tess. Ce dernier en anglais ce qui ne m’a pas permis de l’apprécier autant qu’il le méritait car hardy fait parler beaucoup de ses personnages avec un accent assez prononcé ce qui m’a compliqué la lecture.
    Par contre en ce qui me concerne je n’ai jamais réussi à terminer le seul wilkie collins que j’ai essayé, soit perle de lune soit la dame en blanc je ne sais plus, j’avais trouvé l’écriture trop barbante.
    Je te rejoins sur Dickens. Si les aspects un peu sociaux ne me gênent pas dans un livre (cf. Gaskell), je n’ai pas non plus envie de sombrer dans le misérabilisme. Dickens ne m’attire pas du tout.
    Bonne continuation dans tes lectures victoriennes :)

    • Le misérabilisme, voilà le mot qu’il me manquait pour décrire l’aspect de son oeuvre qui ne m’attire pas ! Merci !

      Et je suis d’accord avec toi sur Sherlock Holmes: je n’associais pas non plus ces romans et nouvelles avec la littérature victorienne – et pourtant on est en plein dedans ! Cela reste en effet assez différent des romans de moeurs auxquels on pense spontanément.

  8. J’ai aussi une passion pour la littérature victorienne, et plus généralement la littérature anglaise. C’est ce que je lis majoritairement et je me retrouve beaucoup dans tes lectures victoriennes en général. Je suis une aficionada des sœurs Bronte et comme toi j’adore « Les Hauts de Hurlevent » et « La dame de Wildfell Hall ». En revanche j’ai a-do-ré  » Jane Eyre ».

    Par contre je n’ai pas du tout accroché à La dame en Blanc de Collins. Je devais avoir trop d’attentes je pense. C’est LE livre de l’auteur et puis on te rappelle bien en quatrième de couverture à quel point c’est un chef-d’œuvre puisque Borges en est fan et que Dickens aurait voulu l’écrire. Mais j’ai trouvé que le mystère autour de la dame blanche s’essoufflait rapidement et que la fin était assez prévisible. Après 500 pages je me suis dit « tout ça pour ça?! » Je me suis passablement ennuyée.
    Du même auteur j’ai préféré  » Passion et repentir » , roman qui tourne aussi autour de l’usurpation d’identité, avec une fin sans surprise également mais une histoire qui m’a davantage intéressée.

    D’Elizabeth Braddon, je n’ai lu qu’une nouvelle fantastique (en espagnol) que je te recommande d’ailleurs, ça s’intitule « Un abrazo frio » et c’est assez sympa. C’est dans un recueil de contes fantastiques  » Cuentos de fantasmas de autoras victorianas eminentes » Il me tarde de lire « le secret de Lady Audley  » aussi !

    Pour T.Hardy mon préféré reste indéniablement Tess. « Jude l’Obscur » est tout aussi dur et sans te spoiler, je trouve que l’un des événements de la fin est un tantinet tiré par les cheveux. La critique est audacieuse pour l’époque (et ça a bien fait scandale ! ) J’ai très envie de lire « les Forestiers » aussi. Je ne me souviens pas si tu as lu  » Le maire de Casterbridge » mais je te le recommande aussi, il est très bien.

    Pour « Nord et Sud », quand j’ai regardé l’adaptation avec mes parents ils ont crié au plagiat d’Orgueil et préjugés ahah. On va dire qu’elle s’est un peu inspirée d’Austen pour le caractère et l’histoire d’amour de ses personnages. :-) J’ai beaucoup aimé l’aspect social du livre avec les luttes ouvrières, qui est très bien retranscrit à l’écran.

    J’ai très peu lu Dickens, qui ne m’intéresse pas des masses non plus. J’ai aimé Oliver Twist, la lecture étant très fluide mais j’ai trouvé les personnages un peu manichéens.

    Pour les auteurs victoriens que j’ai très envie de découvrir il y a le pavs de George Eliott : « Middlemarch » et celui de William Thackeray : »La foire aux vanités ».

    Belles lectures à toi !

  9. J’adore la liste que tu as dressée mais personnellement je suis encore en période post traumatique de master/agreg haha ! J’ai du mal à me replonger dans les classiques qui ont un goût d’études encore trop présent… J’ai notamment travaillé pendant un an sur Far From the Madding Crowd, magnifique effectivement :)

  10. Appréciant également la littérature victorienne je te remercie pour ces nombreuses suggestions de lecture !
    Maintenant il va falloir choisir par quel livre commencer ;)

  11. Oh j’adore la littérature victorienne! Le cadre, la langue, les thématiques me passionnent. J’ai déjà lu quelques-uns des livres que tu présentes, mais il m’en reste tant à découvrir.
    Comme beaucoup, je te recommande chaudement Nord et Sud, l’un de mes livres préférés.
    En tout cas, tu as encore de belles lectures devant toi :)

  12. Bonjour Victoria ! J’ai moi aussi une passion pour la littérature victorienne. Dickens était jusqu’à l’an dernier l’auteur qui me rebutait pour les mêmes raisons que celles que tu énonces. Et puis un podcast de la Compagnie des Auteurs sur France Culture m’a interpellée et je me suis lancée dans Les Grandes Espérances. Loin de sombrer dans le misérabilisme, c’est l’histoire d’une vie (on n’est donc pas cantonnée à l’enfance) avec plein de rebondissements, des mystères et des personnages inoubliables. Il fait parti des livres les plus passionnants que j’ai pu lire. Alors parfois, il est bon de faire fi des a priori, de sortir de sa zone de sécurité et on découvre souvent de belles surprises !

  13. Ooooh Nord et Sud, je l’ai découvert il y a à peine deux mois ! Après un début où j’ai eu un peu de mal à accrocher, j’ai fini par m’attacher à tous les personnages, je ne voulais pas que l’histoire se termine ! J’ai beaucoup apprécié justement cette histoire qui nous plonge dans l’Angleterre de la Révolution industrielle, et qui nous fait découvrir le point de vue de personnages provenant de différentes classes. Je me retrouve du coup en ce moment à dévorer tous les ouvrages d’Élisabeth Gaskell, cette auteure proche cercle de Dickens, et je ne peux que te les conseiller !
    Merci beaucoup pour cet article Victoria !

  14. Je me retrouve dans ton article, c’est une littérature que j’aime beaucoup, depuis ma découverte des « Hauts de Hurle-Vent » il y a quelques années. J’adore les sœurs Brontë, bien qu’il me reste quelques titres encore à découvrir, je crois que rien ne pourra les détrôner dans mon cœur :D
    J’aime beaucoup Thomas Hardy aussi.
    Je prends note des titres dont tu parles mais que je ne connais pas (encore). Je lis moins de littérature victorienne depuis que je suis libraire et blogueuse, je l’avoue, mais lire ton article me rappelle combien ça me manque !

  15. Lucile Boileau Répondre

    Ah bah tiens moi c’est l’inverse!
    Après avoir ingurgité des tonnes de romans victoriens de mon plein gré durant mon adolescence ( j’en raffolais complétement ), j’avais du mal à lire autre chose et j’ai développé un gros blocage vis à vis des romans contemporains que je pensais incapables de me faire rêver. J’avais la peur irrationnelle qu’ils me rappellent sans cesse la dureté de notre monde moderne, là ou me plonger dans une époque passé me provoquais un dépaysement total. La littérature contemporaine est un cercle tellement vaste que je ne savais pas par ou commencer ni quels étaient les auteurs susceptibles de me toucher puis j’ai découvert ton club de lecture…
    Et je t’en remercie grandement car ça a ouvert ce verrou dans ma tête qui censurait toutes ces lectures grandioses que j’ai découvertes et que je continue de découvrir depuis 2 ans maintenant! Je suis même désormais capable de faire preuve d’initiative en la matière et de sélectionner une partie de mes romans à l’instinct et sans (presque) jamais me tromper!
    Ma PAL ne cesse d’ailleurs de grandir et j’ai bien l’intention de m’acheter une liseuse prochainement :)
    Milles bises!

  16. J’adore c’est fascinant ! Rien à voir mais je me plonge en ce moment dans les récits fantastiques de Théophile Gaultier, et quelle plume, j’adore !

    • Pour avoir récemment terminer « La Morte Amoureuse » de cet auteur, je suis du même avis :) !

  17. Merci pour ces suggestions !
    Ça n’est plus l’epoque victorienne mais si tu aimes les atmosphères anglaises aristocratiques un brin désuètes, tu aimeras peut-être Les Vestiges du jour de Kazuo Ishiguro.

  18. Hello Victoria,

    Merci pour cet article très complet sur la littérature victorienne. Je ne connais pas spécialement ce genre, mais les ouvrages que tu mentionnes m’intriguent énormément, et cherchant quelques lectures pour les vacances d’été, je vais piocher au gré de mes envies dans cette liste!

    Belle journée,
    Coralie.

  19. J’ai adoré Nord et Sud pour son côté très « moderne ». L’adaptation du roman par la BBC est également très bien réussie !

  20. Je suis désolée, je n’ai pas eu le temps de lire complètement l’article alors que le sujet m’intéresse particulièrement :-)

    Je me permets tout de même de commenter parce que je viens juste de finir La dame du manoir de Wildfell Hall que j’ai vraiment beaucoup aimé. En revanche, je regrette d’avoir lu l’édition en lien dans ton article (et je constate que ce n’est pas celle que tu as lue d’après ton autre article). Ce n’est pas la première fois que je suis déçue par cette édition Archipoche : il y a des fautes, il manque des virgules, des accents, c’est plutôt agaçant à la lecture.
    Qui plus est, je crois que ce n’est pas la même traduction que dans ton édition Libretto, je regrette de ne pas avoir choisi cette version.

    Si ça peut permettre d’éviter une mauvaise expérience à une des tes lectrices ! ;-)

    • Un tout grand merci pour ton témoignage ! J’avais indiqué cette édition parce qu’elle est beaucoup moins chère, en me disant que cela intéresserait plus de monde, mais si elle est de piètre qualité alors je vais changer et mettre celle de Libretto. Sur cette dernière la traduction est impeccable !

  21. J’adore la littérature victorienne ! Merci pour cette liste Victoria, tu m’as donné envie de lire « la recluse de Wilfell », « le secret de lady Audrey » et « loin de la foule déchaînée ». Pour ma part, j’ajoutetai Cranford d’Élisabeth Gaskell et 2 livres dont les adaptations britanniques m’ont beaucoup plu : De grandes espérances de Dickens (pas de misérabilisme dans cette histoire 😊) et La foire aux vanités de Thackeray. Bonnes lectures.

  22. Je vais relire les Hauts de Hurlevent et découvrir Thomas Hardy ainsi que la recluse de W H, merci. Tu m’en donne envie.
    Toutefois j’ai lu, il y a quelques années David Coperfield en même temps que mon mari, nous nous étions acheté chacun un livre et nous avons beaucoup aimé. Cela ne se concentre pas que sur l’enfance de David C…

  23. Bonsoir Victoria,
    Merci pour cet article toujours aussi exhaustif et remplies de suggestions de lecture que je note précieusement dans ma PAL ! :)
    La lecture de « Les Hauts de Hurlevent » me rebute complètement. Sûrement à cause de l’adaptation avec Juliette Binoche que je n’ai du tout accroché ni achevé. Je crois que je suis encore restée sous le choc (*âme sensible*). Je l’ai filé à une amie qui était intrigué et qui l’a complètement adoré !
    Je ne peux que plussoyer « Nord et Sud » de E.Gaskell. Un coup de coeur pour ma part que ce soit l’oeuvre et l’adaptation BBC ( ah ce John Thornton <3 ) qui se rapproche certes des caractères de personnages de Orgueils & Préjugés – je dirais même aussi de Loin de la foule déchaînée ;) – , mais totalement différents sous d'autres aspects. Je te conseille du même auteur Femmes & Filles, que je lis par parcimonie ^^
    Merciiii pour tout ! Belle semaine à toi !

  24. Ah, cette liste ! Entre les études littéraires et mon métier de prof, il n’y en n’a que un ou deux qui m’ont échappé !:) Ne renonce pas totalement à Dickens, il ne fait pas que dans le social et le misérabilisme, loin de là ! Redonne lui une chance: Dombey and Son est fabuleux (et féministe !)… quant à Jude the Obscure …. mais quelle tristesse! Là, question misérabilisme, on est servi !! Et à propos de Villette, ta chronique m’a donné envie de m’y replonger… ça fait 20 ans que je l’ai lu, et son souvenir évoque brouillard, exil et ennui… il faut que je vérifie ! Sinon, on peut se faire plaisir facilement en s’immergeant dans le Londres victorien de Anne Perry ou de Julie Waters avec Fingersmith, ou, si tu as aimé The Moonstone, Affinity, roman gothique par excellence!

  25. Je reconnais que je lis assez peu de littérature victorienne, car contrairement à toi, cela me fait vraiment sortir de ma zone de confort.
    J’ai toutefois bien l’intention de lire Les Hauts de Hurlevent et Loin de la foule déchaînée, car après de nombreuses années d’études d’anglais et un an passé en Angleterre, c’est franchement la honte de ne toujours pas les avoir découverts !

  26. Merci pour cet article. En ce moment, la période victorienne est celle que je préfère en littérature, c’en est presque obsessionnel. Je note donc religieusement toutes tes recommandations.

    La semaine dernière, j’ai d’ailleurs lu « La Dame en Blanc », après avoir vu ta critique sur Goodreads, et ai vraiment apprécié ce roman !
    Après l’écoute d’un super podcast de « La Compagnie des auteurs », je me suis enfin lancée dans l’oeuvre de Jane Austen. J’avais tellement d’attentes que j’avais peur d’être déçue … mais je viens de terminer « Mansfield Park » que j’ai adoré ! J’enchaîne de ce pas sur « Orgueil et préjugés ».

    Belle fin de semaine !

    Marie

  27. Bonjour Victoria,
    Tu m’as donné envie de lire La Recluse (Dame ?) de Wildfell Hall :-)
    J’ai lu Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent quand j’étais ado, je devrais peut-être les relire d’ailleurs car je ne m’en souviens plus très bien.
    Merci pour cet article plein d’idées lecture !

  28. Chouette article, j’aime aussi beaucoup la littérature victorienne !
    Contrairement à toi, je ne le trouve pas du tout misérabiliste ; j’ai lu David Copperfield l’an dernier et c’est plein de rebondissements et d’humour (même si évidemment, il y a une forte composante sociale)(c’est le genre de lectures qui m’intéressent, mais je comprends complètement qu’on veuille lire pour s’évader et ne pas aimer Dickens, bien sûr !).
    Tu as déjà lu les contes de Noël de Dickens, particulièrement un Chant de Noël ? C’est assez court, donc ça te permettrait de voir si, définitivement, tu n’accroches pas à son style… de manière moins rébarbative qu’avec un pavé de 1200 pages :D

    Sinon, j’ai adoré Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde au collège mais j’en garde très peu de souvenirs à présent, il faudrait que je le relise !

    Et je ne sais pas si il rentre dans la catégorie victorienne puisque c’est un roman jeuness, mais j’aime encore beaucoup La Petite Princesse de Frances Hodgson Burnett (niveau misérabilisme, pour le coup, on est bien là… mais j’adorais ce roman quand j’avais 8 ans !)

    En tout cas, je garde précieusement ta liste de conseils pour l’automne hiver, la littérature victorienne se prête à mon avis totalement à cette saison.

  29. Pingback: C’est le 3, je balance tout ! #17 – Histoires vermoulues

  30. Bonjour Victoria,
    Comme toi, j’aime beaucoup la littérature victorienne et je me retrouve beaucoup dans ta liste. J’ai envie de te conseiller « Le Maître de Ballantrae » de Stevenson et « La Fiancée de Lammermoor » de Walter Scott (bien qu’il ne soit pas un auteur victorien) si tu ne les as pas déjà lus.

  31. Pingback: Ma Pile à Lire - Été 2018 - Mango and Salt

  32. Jane Eyre fait vraiment parti de mes romans préférés de tous les temps :) (je l’ai découvert en 5ème grâce à une super prof, d’anglais, ça a sûrement dû jouer ^^) en revanche je n’ai pas du tout accroché à Loin de la Foule Déchainée de Thomas Hardy que j’ai d’ailleurs abandonné (ce qui ne m’arrive quasiment jamais !) C’est marrant comme les points de vue peuvent différer ^^

  33. Hello Victoria !

    J’ai pensé à toi il y a quelques jours car étant moi aussi amoureuses des Hauts de Hurle-vent, j’ai appris que Bernard Herrmann, le compositeur des musiques de film Hitchcock, avait composé un opéra sur le roman d’Emilie Brontë ! Bon, il faut aimer l’art lyrique (moi, j’adore), mais c’est une découverte qui mérite d’être partagée !

    Bises et bravo pour ton blog, que je lis toujours avec plaisir !

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