Consommation responsable: 3 pistes pour les plantes vertes

La tendance est à l’urban jungle, et les feuillages tropicaux ont plus que jamais bonne presse dans les médias – mais l’achat frénétique de plantes vertes est-il forcément « green » ? Malheureusement non !

Même si les végétaux apportent beaucoup de positif dans notre logement (bien-être, oxygène, meilleure qualité de l’air…), comme tout autre bien de consommation, leur achat suppose un impact écologique non négligeable.

C’est ce commentaire de Tati sous mon article sur l’éco-responsabilité domestique qui m’a donné envie d’aborder le sujet. Sans être la plus grande priorité actuelle dans l’échelle des urgences environnementales, il reste à mon sens intéressant, et susceptible de faire une différence !

Pensez à toutes les ressources exigées par leur simple culture, par exemple. La plupart des plantes communes de notre déco sont produites aux Pays-Bas de façon intensive pour répondre à une demande croissante: cela suppose un apport constant d’eau et d’engrais, des pesticides pour éviter les maladies, un chauffage de la serre en saison froide, l’utilisation de lampes pour stimuler la croissance… Le reste de la chaîne de distribution n’est pas en reste, avec le conditionnement dans un pot en plastique, le transport, etc. Peut mieux faire !

En privilégiant des pratiques d’achat et de culture plus conscientes, pourtant, nous pouvons essayer d’améliorer l’impact écologique et social de l’horticulture ornementale.

Je viens aujourd’hui partager avec vous 3 idées pour acquérir vos plantes de manière plus durable et plus responsable, en espérant que cela vous soit utile pour créer ou compléter votre petite jungle intérieure !idees-consommation-responsable-plantes-vertes

BOUTURER, ÉCHANGER, RÉCUPÉRER

Il n’est pas forcément nécessaire de mobiliser beaucoup de ressources pour acquérir de nouvelles espèces – de fait, il n’est pas forcément nécessaire d’acheter quoi que ce soit de neuf !

Beaucoup de plantes vertes ont le merveilleux avantage de pouvoir se bouturer, parfois très facilement: c’est par exemple le cas des misères, des philodendrons et monsteras, de nombreuses plantes grasses, du chlorophytum, des pileas…

Pour toutes celles-là, la solution la plus économe pour le porte-monnaie comme pour la planète est donc tout simplement de demander quelques morceaux bien choisis (tiges, rejets ou feuilles selon l’espèce) à quelqu’un qui en possède déjà une. Renseignez-vous sur la meilleure manière de bouturer la plante qui vous intéresse, ou adressez-vous à un.e proche qui s’y connait déjà, et avec un peu de patience vous verrez vite grandir votre rejeton !

Vous pouvez aussi bien sûr bouturer des specimens que vous avez déjà chez vous, simplement pour en avoir plusieurs exemplaires, au lieu d’acheter un pot neuf… ou pour les offrir et les échanger ! Le troc peut être une bonne manière de mettre la main sur une espèce que l’on convoite et que personne n’a dans notre entourage: surveillez les événements et/ou participez aux forums d’échange dans votre région, notamment via Facebook où divers groupes sont actifs (cherchez « échange boutures » ou « troc boutures »).

Une autre solution responsable est, surtout si l’on ne vise pas une espèce en particulier, de récupérer des plantes que d’autres ne veulent plus. Il peut s’agir de specimens que vous trouvez abandonnés dans la rue, par exemple, en vérifiant au préalable qu’ils sont sains (j’en vois régulièrement, et j’ai d’ailleurs un petit cactus dans ma collection qui a une belle histoire de ce genre), ou que vous avez récupérés d’une personne de votre entourage. N’hésitez pas à demander autour de vous si quelqu’un n’a pas une plante dont il/elle ne veut plus, ou annoncez tout simplement que si le cas se présente, on peut vous faire signe !

SOUTENIR LES FOURNISSEURS INDÉPENDANTS

Parfois, pour des questions de taille, de disponibilité, ou juste pour (se) faire plaisir, l’achat d’une plante neuve déjà développée est plus approprié.

Dans ce cas, beaucoup d’entre nous avons le réflexe de nous rendre dans des grandes enseignes, où le choix est large. C’est une option pratique, mais pas forcément la plus responsable – sauf peut-être pour Botanic, dont l’engagement environnemental est intéressant !

Quand c’est possible, une alternative plus consciente est celle de soutenir les pépinières et jardineries indépendants, souvent de petites entreprises familiales, pour les aider à affronter la concurrence des géants du marché.

Contrairement aux franchises, les pépiniéristes non-affiliés bénéficient d’un choix totalement libre de leurs partenaires et fournisseurs, lorsqu’ils ne cultivent pas eux-mêmes tout ou partie de leurs plantes: il y a donc plus de transparence sur l’origine et la qualité des végétaux que nous achetons. Certains font d’ailleurs le choix d’une démarche plus locale et plus écologique (notamment en privilégiant certains labels, cf point suivant).

Il existe de nombreux pépiniéristes indépendants en France et ailleurs: si vous le pouvez, faites quelques recherches pour identifier ceux de votre région, et voir si certains d’entre eux produisent des plantes d’intérieur.

À défaut, quelques entreprises vendent directement aux particuliers en ligne. Dans une démarche éco-responsable, je vous recommande notamment Alsagarden, qui outre des graines a parfois quelques plants (surtout des orchidées rares), et Kuentz, producteur de cactus et succulentes dans le Sud de la France (petites quantités, artisanal, transparence…). Il y en a sûrement d’autres, mais ils sont clairement plus rares que pour les plantes de jardin et potager, qui restent majoritaires dans la production française !

Si vous vivez en ville, l’esprit est le même: privilégiez les fleuristes et magasins de plantes indépendants (par exemple à Paris: Mama Petula, Leaf, What the Flower…), et n’hésitez pas à leur poser des questions sur leurs fournisseurs et l’origine de leurs produits. Vous découvrirez peut-être que certains de leurs partenaires ont une certification ou une démarche « green »; sinon, ce sera l’occasion de leur manifester votre intérêt pour ce type de produits !

PRIVILÉGIER LES LABELS ÉCO-RESPONSABLES

Peut-être l’avez-vous déjà remarqué en vous rendant en jardinerie: c’est encore beaucoup moins fréquent que pour les plantes de jardin (notamment les comestibles), mais on trouve parfois des certifications « vertes » sur les plantes d’intérieur, qui nous indiquent un processus de culture plus respectueux de l’environnement et/ou des hommes.

Leur prix est généralement plus élevé que des plants conventionnels (en tous cas, dans mon expérience), toutefois ils font sens dans une démarche d’acheter moins, mais mieux. Ce sont bien sûr des options à privilégier autant que possible, si vous en trouvez dans vos points de vente habituels. Plus nous soutiendrons ce genre d’initiatives, plus les producteurs et distributeurs voudront répondre à nos exigences !

Les labels les plus courants et les plus fiables dans cet esprit sont notamment le label bio européen et le label néerlandais EKO, qui garantissent une culture sans OGM, pesticides ni engrais chimiques.

Depuis la disparition du label Fair Flowers Fair Plants (pour cause de demande trop faible…), une toute nouvelle certification très intéressante est née aux Pays-Bas cette année: Fair Flora, qui conjugue mesures environnementales et respect de l’humain, avec une totale transparence sur l’origine des plants. On commence à peine à les trouver ici en Hollande (via ce site, ou en jardineries), mais sachez que la boutique FloraStore, que je vous recommandais pour les medinillas, propose certaines de leurs plantes à l’achat en ligne (livraison dans toute l’Europe). Affaire à suivre !

Enfin, sachez que les producteurs peuvent être certifiés par le label néerlandais MPS, qui garantit des pratiques environnementales strictement contrôlées (quelques explications à lire ici) ou, plus récemment, par le label français Plante Bleue de niveau 3, qui est à peu près équivalent. Cherchez leurs logos sur les packagings !

***

Aviez-vous déjà pensé à l’impact environnemental et social des plantes vertes ?
Ces idées vous inspirent-elles ? En avez-vous d’autres ?

À (re)lire également:
Jardiner pour les abeilles
Jardinage – Des graines éco-responsables

9 commentaires

  1. Bonjour Victoria,

    je ne te cache pas que je ne m’étais jamais posé la question de l’impact de mes achats de plantes sur l’environnement. En même temps, je n’en ai pas des masses :-)
    Mais ta réflexion est tout à fait intéressante et fort à propos.
    A l’époque on allait régulièrement chez un pépiniériste de notre secteur acheter nos fleurs d’été et nos futurs fruits/légumes. Ils avaient une partie avec des plantes mais visiblement elles n’étaient pas à vendre car en piteux état…
    J’aime beaucoup l’histoire de ton cactus, il est clair que si des gens s’intéressent à eux, ça laisse une belle part d’espoir pour l’humanité!

    Bon WE

  2. C’est vrai que je n’y pense jamais à ça. Faut dire que je n’achète jamais de plante. J’en ai une et j’aurais de ne pas être capable de m’occuper correctement de l’autre.

  3. Merci pour cet article éclairant. Je commence seulement à introduire des plantes dans mon intérieur. Du coup je vais suivre tes pistes. Pour les boutures, j’aime beaucoup l’idée. Ma tante en avait fait une centaine pour notre mariage plutôt qu’acheter des fleurs coupées pour décorer les tables.

  4. Merci pour ces éclaircissements et se débroussaillage de piste au coeur de la jungle. Il est vrai que les tendances à apparence « écologique » ont des sessous souvent peu « écologiques » voir même dénués de toute éthique responnsable et respectueuse des biotopes et biocénoses.
    L’échange de boutures entre ami.e.s est une superbe solution pour une démarche plus écologiques (et éconnomiques de ce fait).
    Bises

  5. Article très intéressant! Je n’avais pas beaucoup de plantes jusque là mais depuis que j’ai déménagé dans ma maison et commencé à en acheter, je ne m’étais jamais posée la question!

  6. Bonjour Victoria, super article ! Ici ce sont les bouquets de fleurs qui me posent question. Pas si facile de trouver une alternative eco responsable !

  7. Suite à tes différents articles, j’aimerais beaucoup me lancer dans les boutures pour étoffer ma mini collection mais il faudrait d’abord que je me renseigne sur le matériel nécessaire (terreau, engrais, pots)… À moins que tu ne veuilles nous préparer un article sur le matériel de base à avoir ? 😁

    • Hehe il ne faut vraiment rien de bien particulier: n’importe quels pots et/ou petits vases (pour les boutures dans l’eau) ou même des pots de yaourt ou quoi que ce soit qui puisse faire office de petit récipient, et puis ensuite pour replanter c’est comme pour n’importe quelle plante: du terreau adapté (pour plantes vertes, ou pour cactées, etc…).

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